Tristement vache et vachement triste !
Il y a quelques années, la vision de quelques vaches bleues en résine de synthèse, sur le parking d’un centre commercial, m’avait inspiré ce billet :
http://encreviolette.unblog.fr/2018/09/03/oh-la-vache/
Avec une pincée d’humour, j’offrais quelques extraits d’un pamphlet de l’écrivain iconoclaste Christian Laborde grand défenseur de la cause des vaches ainsi que quelques tableaux de Rosa Bonheur la « peintre des vaches ».
Lisez-le ou relisez-le, cela vous mettra peut-être un peu de baume au cœur dans cette actualité agricole morbide. On irradiait les vaches, c’était moindre mal, en ce moment on les radie, on les éradique.
Ces jours-ci, les campagnes traversées pour rejoindre le Sud-Ouest étaient souvent orphelines de leurs vaches. Du tableau Troupeau de vaches sous un ciel orageux du peintre Eugène Boudin ne restait que le ciel tourmenté dont l’artiste s’était fait le maître.
Á plusieurs reprises, nous fûmes détournés de notre chemin en raison de barrages pacifiques d’agriculteurs pleurant parfois au sens propre de voir leurs bêtes « partir » à cause de la dermatose nodulaire contagieuse. Il se trouve que le virus a sévi dans deux exploitations en Haute-Garonne, à proximité de l’ancienne ferme de la belle-famille, entraînant l’abattage total des troupeaux. Nous ne pouvons que compatir au désarroi des paysans et à la souffrance de ces pauvres vaches traitées « inhumainement ».
On a l’impression de revenir à l’époque de la pandémie de la COVID 19 qui affecta le cheptel humain. Sur les chaînes d’info omniprésentes, de Bruxelles jusqu’en Occitanie, c’est le même défilé de gouvernants, politiciens européistes ou souverainistes, scientifiques, économistes, philosophes même, « sachants » ne sachant pas forcément grand-chose, chacun assénant ses pseudo-vérités et arguant selon ses intérêts propres.
Le Sud-Ouest possède l’un des plus riches patrimoines bovins de l’hexagone avec des races aux noms poétiques, certaines locales, presque oubliées : la Béarnaise, la Blonde d’Aquitaine, la Gasconne, l’Aubrac, la Casta robe châtaigne (dont le lait est à l’origine du fromage de Bethmale), la Lourdaise, la Mirandaise, autant de races et de terroirs sauvés de la disparition par l’abnégation et le courage de générations d’éleveurs passionnées.
Leurs vaches ont un nom, un caractère, une histoire. Respectons-les avec humanité, avant d’opter pour la solution de facilité de l’euthanasie !








