13 novembre 2025… 10 ans après !

Il y a dix ans, le 13 novembre 2015, devant la télévision, après avoir suivi un match de football, la France avait peur, anéantie et hébétée devant la série de fusillades et d’attaques suicides perpétrées en soirée à Paris et au stade de France par trois commandos islamistes se revendiquant de Daech.
Ce soir, 13 novembre 2025, il y aura encore du foot à la télé : le onze tricolore face à l’Ukraine tentera de valider sa qualification pour la prochaine Coupe du Monde à l été 2026. Le sélectionneur Didier Deschamps a déclaré, ému : « Au fond de moi, si on avait pu éviter de jouer ce 13 novembre ça aurait été bien ». Il y a des dates symboles qu’il faut préserver.

dessin Chaunu - copie

Auparavant, auront été observés plusieurs temps d’hommages et de commémorations qui s’achèveront par l’inauguration du « jardin du souvenir du 13 novembre » sur la place Saint-Gervais en face de l’hôtel de ville de Paris.
Il y a dix ans, mon encre violette s’était noircie en la circonstance pour vous exprimer mes états d’âme. Prenez le temps de me lire ou me relire :
http://encreviolette.unblog.fr/2015/12/17/et-vous-comment-ca-va-depuis-le-13-novembre/
Je n’ai rien à corriger sinon ma vaine exhortation : « Ne sombrons pas dans le pessimisme ». Le 14 juillet 2016, à Nice, un attentat au camion bélier sur la Promenade des Anglais fit 86 victimes, puis un professeur Samuel Paty fut décapité à la sortie de son collège de Conflans-Sainte-Honorine, puis un autre professeur Dominique Bernard fut poignardé dans la cour de son lycée d’Arras par un ancien élève ayant prêté allégeance au groupe d’État islamique, puis l’abbé Hamel fut égorgé dans son église de Saint-Étienne du Rouvray, puis, puis … puis le massacre du 7 octobre 2023.
Quelques jours après la tragédie du Bataclan, le journaliste Antoine Leiris avait publié une lettre ouverte « Vous n’aurez pas ma haine » en réaction à la mort de la mère de son fils tuée au concert. Un livre, un spectacle lui succédèrent.
Lors du procès au printemps 2022, dans une salle d’audience construite uniquement à cet effet, les avocats des parties civiles émurent le public au cours de leurs plaidoiries : « Viens, suis-moi, je te tiens, ferme les yeux, surtout ne regarde pas, ne t’inquiète pas, tu vas t’en sortir » … « Il y avait des tas d’amoureux ce 13 novembre, il y eut ce soir-là des tonnes de je t’aime » … « Des je t’aime, tu es la femme de ma vie, tu es l’homme de ma vie » … « Parfois, celui qui est mort a protégé celui qui est vivant » … « D’autres ont survécu ensemble. Il y avait ce soir-là des couples mariés, des couples remariés, des couples homosexuels. Et des amours secrètes, des premiers rendez-vous, des mariages prévus, des remariages prévus, on attendait des enfants » … « Deux syllabes que 69 enfants ne prononceront plus jamais, 47 ne diront plus jamais Papa, 20 ne diront plus jamais Maman, et deux ne diront plus jamais ni Maman, ni Papa ».
Ces jours-ci, pour que l’on se souvienne, une poignante mais aussi éprouvante série fictionnelle Des vivants, diffusée sur France-Télévision, raconte les effets du traumatisme au plus près des personnages inspirés des témoignages de sept rescapés du Bataclan, leur reconstruction et la force du lien tissé entre eux. Ils s’appellent joliment entre eux les « potages », contraction de potes et otages.
Comme je l’évoquais dans mon billet, le 13 novembre 2015, j’étais très loin alors physiquement de Paris, cherchant un peu d’apaisement après le décès de mon cher frère emporté par un cancer foudroyant.
Á mon retour, j’avais effectué une longue marche de recueillement devant les différents lieux des attaques terroristes. J’ai lu qu’on appelait ça aujourd’hui « morbid tour », loin de moi pourtant une tentation voyeuriste.
Début février 2016, ma compagne et moi avions réservé pour le nouveau spectacle de Stéphane Guillon au théâtre Déjazet, non loin du boulevard Voltaire. Nous nous y rendîmes sans joie et même avec une certaine appréhension. En cette soirée d’hiver, la place de la République, en face, était déserte. Nous fûmes seuls à diner dans la grande brasserie voisine. Contrairement à ce qu’on entendait dans les médias cherchant à nous rassurer, il n’y avait aucun service de sécurité à l’entrée du théâtre, juste Jean Bouquin le propriétaire et directeur de la salle, la caissière et une ouvreuse. La salle se remplit silencieusement. Pour exorciser l’inquiétude, je constatai que son accès était d’une facilité « déconcertante » pour une personne animée de mauvaises intentions.
Nous esquissâmes enfin un sourire lorsque, pour son premier sketch, l’humoriste raconta une hilarante séance des Hollande Anonymes réunissant des gens de gauche venant confesser leurs pulsions de droite.

Dessin 13 novembre

dessin de Kroll paru dans « Le Soir » Bruxelles

Si on a envie de rire, c’est qu’on a envie de vivre.

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 Cérémonie du 13 novembre 2025 : le Chœur du 13 composé de survivants et proches des victimes

Publié dans : Coups de coeur |le 12 novembre, 2025 |Pas de Commentaires »

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