Comme Gisèle Bienne, j’ai grandi avec le Stade de de Reims !

Au cours de l’été dernier, à travers deux billets*, j’avais mis en lumière l’originale initiative de la maison d’édition mulhousienne Médiapop de démarrer sa collection « Le club des écrivains » dans laquelle elle invite quelques gens de plume à nous faire partager leur regard de supporter et leur amour indéfectible pour un club professionnel de football.
Après les Verts de l’A.S. Saint-Etienne, l’Olympique de Marseille et le F.C. Metz, le club des écrivains s’est renforcé, au printemps, de trois nouvelles équipes : le Stade de Reims, le Stade Rennais et les Girondins de Bordeaux.
J’espère qu’une malédiction ne pèse pas dans les choix du valeureux éditeur, il se trouve, en effet, que sur les six opus jusqu’à présent parus, trois sont consacrés à des clubs qui viennent de descendre dans la division inférieure lors du précédent championnat de France de Ligue 1. Ce sera l’occasion pour les supporters stéphanois, messins et bordelais et leurs ambassadeurs littéraires (mais de ces derniers, je ne doute pas) de prouver plus encore la sincérité de leur attachement à leur club de cœur.
Je voulais finir de rédiger mon évocation annuelle des grandes boucles cyclistes de mon enfance avant de me plonger dans la nouvelle livraison printanière du tour de France des clubs.

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Mon choix de lire en priorité Grandir avec le Stade de Reims s’imposa alors naturellement. En effet, je peux reprendre à mon compte sans usurpation cette affirmation tant mon enfance baigna dans l’admiration et ma passion pour le mythique club champenois. Moult souvenirs évoqués par l’écrivaine Gisèle Bienne entrent en résonance avec le billet que j’avais consacré à l’immense Raymond Kopa, suite à son décès en 2017**.
Pour la première fois, le club des écrivains a eu l’heureuse idée de faire appel à une femme, Gisèle Bienne, romancière et essayiste, née dans un village de l’Aube, quelques mois avant que je fasse mon apparition dans un petit coin de Normandie, et résidente aujourd’hui à Reims.
Dans notre jeunesse, dans l’immédiat après-guerre, il était rare que la gente féminine fréquentât les gradins des stades de football. D’ailleurs, les photographies des magazines spécialisés de l’époque illustrent mon affirmation : on observe des travées de spectateurs quasi exclusivement masculins, souvent « endimanchés », les matches professionnels ayant lieu, ce jour-là, presque immuablement à 15 heures, costume, cravate et chapeau dans les « tribunes d’honneur », casquette et béret dans les « populaires ». On ne relevait alors aucun signe distinctif de supporter, le phénomène avec ses accoutrements, maillots et écharpes (quand ce n’est pas le torse nu !), ses accessoires et ses chants n’apparaîtrait en France que quelques décennies plus tard.
« Ils sont partis, ils étaient pressés. Je les ai suivis jusqu’à la place des Halles qui s’est vidée en cinq minutes. Á présent plus personne. Reims, le stade Auguste Delaune, pensez … »
Á Chavanges, la petite Gisèle voit, la gorge serrée, ses deux frères et son père s’éloigner en voiture pour se rendre au match, à Reims, à cent vingt kilomètres de là : « Ils n’ont pas remarqué ma tristesse, je n’avais plus d’existence à leurs yeux. Ils sont entre hommes, le football les réunit, ils partagent cette passion, la pratiquent. Ce vide quand le football signifie le partage … Je ne souhaite pas devenir une footballeuse attitrée, seulement continuer à jouer avec mes frères Tanguy et Julien et, de temps à autre, assister à un beau match. »
Rétrospectivement, j’imagine son amertume et, en contrepoint, ressens l’immense bonheur que mon père me procurait en m’emmenant dès mon plus jeune âge aux Bruyères encourager les Diables Rouges du F.C. Rouen, à Colombes pour les matches internationaux, et dans l’ancien Parc des Princes lorsque venait y jouer … le Stade de Reims.
Il y a prescription et je n’ai nullement envie de raviver la mélancolie de Gisèle, voici ce qu’Antoine Blondin écrivit dans une de ses savoureuses chroniques de L’Équipe : « Il est toujours assez émouvant d’assister à la naissance d’une tradition. La minute historique est une occasion à enlever « de suite ». Il y avait, l’autre soir, de la crèche et du berceau dans ce Parc des Princes ouvert à la belle étoile, sous laquelle la première Coupe d’Europe de football affrontait les regards de quarante mille rois mages venus lui apporter la myrrhe et l’encens d’un enthousiasme neuf… »
C’était Noël en juin pour l’auteur d’Un Singe en hiver, et mon papa et moi étions collègues de Melchior, Gaspard et Balthazar à l’occasion de la première finale de la Coupe d’Europe des clubs champions (l’ancêtre de la Champions League) entre le Real Madrid et le Stade de Reims. Comme pour tout gamin devant le sapin, il manque toujours un cadeau : ce soir-là, la victoire revint aux étoiles du Real. On y avait cru pourtant puisque les Rémois menaient deux buts à zéro au bout de dix minutes.
En consultant le palmarès du premier Ballon d’or en 1956, j’ai pris conscience de ma chance inouïe d’avoir vu, avant mes dix ans, évoluer en chair et en os les huit premiers joueurs du classement : le déjà quarantenaire Stanley Matthews plus tard anobli par la reine, Alfredo Di Stefano le « divin chauve », les trois Magyars du fameux « onze d’or » le « major galopant » Ferenc Puskas , la « Tête d’or » Sandor Kocsis et Jòzsef Bozsik, le légendaire gardien de but Lev Yachine « l’araignée noire », Ernst Ocwirk capitaine du « Wunderteam » autrichien, et bien évidemment Raymond Kopa le « Napoléon du football ». Certains journalistes, pour lesquels l’histoire du football semble avoir commencé avec Zidane, voire à la limite avec Platini, se gausseraient de mes références de baby boomer.
Je ne désire pas m’approprier les souvenirs de Gisèle, mais c’est une vertu de son livre à mes yeux de faire resurgir nombre d’images souvent voisines de mon enfance. La notoriété du Stade de Reims dépassait largement les frontières de la Champagne. Dans les années fifties et le début des sixties, c’était le club phare du football français et, pas uniquement pour des raisons économiques, il disputait ses matches de Coupe d’Europe à Paris, dans l’ancien Parc des Princes le bien nommé pour accueillir le Napoléon du football et ses hussards.
Le match « important », elle ne précise pas lequel, que son père et ses frères sont partis voir, Gisèle va le vivre à la radio en dépit des réticences de sa maman : « Décidément, ils t’ont transmis le virus… Ça t’intéresse tant que ça ? »
« Suivre un match grâce aux intonations d’une voix… Tout est tension, crainte, espoir, déception, espoir encore. Les adultes redeviennent enfants. Les enfants acquièrent un regard d’adulte. Les spectateurs tous âges confondus se montrent bons joueurs mais on le sait, la balle est imprévisible… Les yeux fermés, je me trouve à cent vingt kilomètres d’ici tandis que j’habite dans un récit enchaînant les séquences jouées sur le vif. Ces journalistes savent nous séduire, des phrases courtes, des verbes, encore des verbes, un déferlement de verbes. Nous sommes portés par le débit des mots puis ce sont quelques pauses ou des répétitions troublantes, scandées, calculées qui viennent combler les vides quand un étrange blocage s’empare des équipes. Le jeu stagne mais le suspense qu’entretient le journaliste réussit à le faire vibrer. Il y a du mouvement au cœur de la retenue, une voix me dessine un paysage, me peint des scènes au ralenti. Nous sommes au cœur d’un très neuf et très ancien récit. Là, en effet, je suis avec des personnages, avec un conteur et avec un astre vers lequel tous les regards convergent… j’ai grandi avec la radio, au contact des voix, de leur musique, je les garde en mémoire beaucoup mieux que les visages… Je regrette que plusieurs de mes amis méprisent le football sans en rien connaître. Le rectangle magique n’est pas leur terrain. Dommage qu’ils ne savent pas ou plus suivre le cours d’une pensée vagabonde, d’une pensée rêvante, qu’ils ne savent pas attraper au vol les paroles joueuses… »
Bel hommage aux talentueux radioreporters de l’époque qui savaient nous tenir en haleine, éveiller notre imagination. Comme la petite Gisèle, assise dans le fauteuil de son père, l’oreille collée au poste, j’écoutais les reportages des mêmes matches***. Pire, je « refaisais le match » dans la cour de récréation du collège que dirigeait ma maman. C’est ainsi que, soixante ans plus tard, je me suis retrouvé le héros d’un chapitre de Le violon de Maman, un livre que m’envoya son autrice Marie-Thérèse Bitaine de la Fuente, une ancienne élève du collège devenue professeur au lycée français de Madrid : « La pièce que nous appelions « l’étude » était longue et bien chauffée, car nous y passions le plus clair de notre temps en dehors des heures de classe. Il y avait comme une chaleur animale dans la proximité de ces corps à moitié vautrés sur les livres, dans un temps qui s’éternisait alors que les esprits tentaient de comprendre ou de mémoriser les leçons de la journée. La torpeur gagnait parfois la bataille, mais il arrivait qu’un spectacle singulier nous en tire : le fils de la directrice faisait une irruption bruyante dans la cour jusque-là silencieuse, un ballon de foot aux pieds, et commençait tout seul une incroyable partie de football où il était tour à tour chacun des protagonistes. Ballon au pied, il faisait l’équipe entière et le commentateur. On eût même dit qu’une foule invisible l’applaudissait, car il en imitait les remous et les exaltations par des sons plus assourdis. Malgré nous, nous suivions les aléas du match, ses fougueuses galopades l’entraînant aux quatre coins du stade imaginaire… » Suivait de manière détaillée une séquence d’une attaque du Real Madrid … face probablement au Stade de Reims !
« Pendant plusieurs belles années pour le Stade de Reims, je (Gisèle ndlr) me suis tenue à l’écoute de ces reportages comme je me suis tenue à l’écoute de pièces radiophoniques et du « Club des poètes ».
Non mais, il ne s’agit pas de réduire les passionnés de la balle ronde à des faibles d’esprit !
« Je suis également une fille qui a joué à la poupée, à la marelle, à la corde à sauter, qui s’est déguisée en fée ou en princesse, a dessiné des maisons, des arbres et des fleurs, dévoré des livres, à l’âge de dix ans Eugénie Grandet, Le Silence de la mer à onze ans, Les Croix de bois et Le Réveil des morts à douze ans, appris des poèmes d’Aragon et combien de Verlaine car tout me semblait conciliable, ballon et livres. »
« Qui, entre les lignes blanches délimitant le rectangle vert, nous contera ce qu’est le football de la tête au pied, du pied à la tête, de l’un à l’autre, des uns aux autres ? Qui ? Peut-être le peintre Nicolas de Staël à qui le rouge et blanc des maillots rémois n’aurait certainement pas déplu… ». Lionel Bourg, autre écrivain passionné de foot, dans son opus sur les Verts stéphanois, avait cité également l’artiste spectateur émerveillé d’un soir et auteur de la toile monumentale du Parc des Princes et d’une série sur Les Footballeurs. Il aurait sans doute, en effet, été ébloui, comme le furent mes yeux de gamin, par la tenue de soie avec le col à lacets de Kopa et ses partenaires lors de cette première finale de Coupe d’Europe.

Kopa et Di Stefano

Mais, au-delà de cette élégance vestimentaire, c’est le style de l’équipe champenoise qui séduisait et que Gisèle, la narratrice, restitue avec précision et poésie : « Ça joue léger, précis, alerte, vif, ça joue offensif, collectif, ça joue avec ce quelque chose qui remonte à l’enfance et traverse les âges… Balle au pied, il (Kopa) il domine le terrain, y trace des arabesques qui leurrent ses adversaires. Une feinte par-ci, un nouveau dribble par-là, il avance, il esquive, il avance, esquive encore, avance toujours, non vous n’aurez pas ma balle, pas maintenant. Enfin, une passe … L’élégance de son jeu le rend spectaculaire. Dribbler sur l’aile droite, courir, léger, léger ; distiller ses balles en joueur vigilant. Il a le don de faire sourire la balle au ras de la pelouse comme dans les airs, de lui accorder ses chances au moment opportun. La balle lui est un trésor. La balle est sa divine alliée, elle l’a définitivement sorti de la mine. De l’intelligence, de la perspicacité, du répondant, de la souplesse, de l’audace, de l’intuition, il en faut pour réussir un bon match. Reims avec les Fontaine, Kopa, Piantoni, Vincent, a le vent en poupe… ».

Fontaine Kopa Vincent Piantoni

Je confirme, il y avait un jeu « à la rémoise » chatoyant, un « football champagne » pétillant comme l’illustre breuvage local. Il ne faisait pas l’unanimité de la presse spécialisée et était notamment prétexte à une sorte de guérilla idéologique entre les journalistes du quotidien L’Équipe (et son hebdomadaire France-Football) tenants d’un certain conservatisme et de la culture du résultat à tout prix, et ceux du mensuel Miroir du Football « réservé à ceux qui aiment le football » (!) prônant une conception sans concession du beau jeu. Ce dernier possédait même une rubrique intitulée « le temps des girouettes » stigmatisant l’opportunisme et les analyses contradictoires d’un match à l’autre du journal rival. Mon professeur de père s’invitait parfois dans ces débats ou querelles en adressant un courrier très argumenté aux rédacteurs en chef concurrents Jacques Ferran et François Thébaud, lesquels lui répondaient de manière courtoise et détaillée. Cela semble surréaliste, le football était alors un sujet qui méritait bien autre chose que les échanges affligeants des réseaux sociaux de maintenant.
« Toute une époque devenue, à juste titre, légendaire ». Du style de jeu de l’équipe champenoise, reste aujourd’hui dans le vocabulaire footballistique, le « corner à la rémoise » négocié à deux joueurs plutôt que de « balancer » le ballon directement dans la surface de réparation. Cette phase de jeu, tant controversée à l’époque, est aujourd’hui très fréquente.

Corner à la rémoise

Gisèle Bienne consacre un chapitre entier à Auguste Delaune qui a donné son nom au stade où évolue le club de Reims. « Ah, Delaune, toute une histoire, de la grande histoire » que je découvre à travers le portrait émouvant et admirable que lui brosse son père. Issu d’une famille ouvrière havraise, ouvrier soudeur, il fut arrêté pour acte de résistance et interné. Évadé du camp, il fut repris en 1943 par la police française puis torturé à mort par la gestapo sans tirer de lui aucun renseignement ni aucun nom.
Mon père aurait pu le connaître durant la « drôle de guerre » puisque mobilisé comme lui, il fut évacué en 1940 de la poche de Dunkerque. Connaissait-il cette grande figure de la Résistance lorsque dans ma jeunesse, il me fit visiter le stade Auguste Delaune encore pourvu de sa piste cycliste rose ? Même le grand Kopa n’a pas réussi à détrôner Delaune, seul une statue en bronze sur le parvis du stade rend hommage au joueur légendaire qui porta le maillot rouge et blanc durant 13 saisons.

Statue Kopa

Ironie de la vie, Gisèle Bienne, qui gamine ne fréquenta jamais le stade Auguste Delaune, l’aperçoit aujourd’hui depuis son appartement : « … Je peux, fenêtres ouvertes sur les toits de la ville, suivre les matches qui s’y déroulent. Les réactions du public montent jusqu’à mon balcon, elles disent l’attente fébrile des spectateurs, le but marqué, le but raté, la victoire, la défaite, la joie, le dépit, la colère et parfois le silence si particulier des prolongations… Se trouvent réunis là, dans l’arc de mon ciel décrivant une demi-circonférence, trois importants lieux culturels de la ville, stade, Comédie, Manège. »
Pour justifier cette curiosité architecturale, elle cite Albert Camus : « Maintenant encore, les matches du dimanche, dans un stade plein à craquer et le théâtre que j’ai aimé avec une passion sans égale, sont les seuls endroits au monde où je me sente innocent… Le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités… »
Comment ne pas s’insurger sur le phénomène du naming qui frappe peu à peu les enceintes sportives historiques pour de sordides raisons économiques. Le « Groupama Stadium » fera-t-il oublier le stade Gerland de Lyon dans le cœur des supporters rhodaniens ? Selon certaines informations, je crains même que le stade Raymond Kopa lui-même ne goûte encore longtemps la douceur angevine.
La plume très personnelle de l’écrivaine vagabonde ou plutôt virevolte comme les arabesques improvisées par les joueurs du grand Reims. Elle rêve un « vrai » match de garçons auquel elle participe comme gardienne de but. Elle se souvient des parties avec ses frangins, d’autres gosses du village et parfois même les « romanos », sur des terrains de fortune d’où ils revenaient tout crottés s’exposant au courroux de leur maman. Elle prend la mesure des vicissitudes du football professionnel à travers son frère Julien, formé au stade de Reims, qui effectua une honnête carrière de gardien de but dans un club de deuxième division.
Au fil des chapitres, elle brosse, par petites touches, le portrait du trio mythique qui pose en couverture du livre. Son chouchou, son « joueur-acteur » c’est Roger Piantoni, surnommé « Bout d’chou » à cause de sa petite taille, qui grandit dans la cité minière de Piennes en Meurthe-et-Moselle, un sacré gaucher qui d’ailleurs donne la victoire au club rémois lors de la rencontre que l’adolescente Gisèle vit par procuration à la radio.

Piantoni Miroir du Foot

Roger Piantoni lors d’un match contre le C.A. Paris à la Cipale de Vincennes

Bien évidemment, de belles pages sont consacrées à Raymond Kopa, sa jeunesse comme galibot à Nœux-les-Mines, son style incomparable pourtant parfois vilipendé par d’indécrottables détracteurs, le sportif militant qui mena un rude combat en faveur de ses pairs contre le système esclavagiste des transferts, l’homme qui connut de terribles drames familiaux, en particulier la mort de son petit garçon. Un odieux sélectionneur de l’équipe de France le fit suspendre par la fédération pour être resté au chevet de son enfant plutôt que participer à un stage.

Livre Kopa Coppi

Kopa France FootballMiroir du Football Fontaine

Just Fontaine tente de déborder le Nîmois Charles-Alfred

Je ne développe pas plus tant j’en avais parlé de manière très détaillée dans un ancien billet** que j’avais écrit à l’occasion de son décès.
Il y a encore Just Fontaine, l’ami et le complice de jeu de Kopa : « Ils sont tous les deux « des joueurs d’instinct, ils se trouvent « les yeux fermés ». Justo a le sens du but, Kopa celui de la passe. » Cela me renvoie évidemment à l’épopée de Suède où l’équipe de France termina à la troisième place de la Coupe du Monde 1958, Kopa étant déclaré meilleur joueur de la compétition (malgré la présence du tout jeune Pelé) et Fontaine sacré meilleur buteur avec 13 réalisations, un record qui tient toujours. Pour la première fois, la France prenait place dans le gotha du football. Ma joie d’enfant fut beaucoup plus intense que pour la victoire de 1998.
Gisèle n’oublie pas le chef d’orchestre reprenant quelques mots de Kopa : « La réussite du Stade de Reims a d’abord tenu aux talents particuliers d’Albert Batteux, entraîneur de 1950 à 1963. Albert Batteux, l’homme providentiel, monsieur Batteux, Bébert pour les intimes. Sans lui, les qualités des uns et des autres n’auraient jamais trouvé à s’exprimer… »
D’autres joueurs traversent le récit : le prometteur Francis Méano qui disparut prématurément dans un accident automobile (une tribune du stade Delaune porte son nom), le gardien de but Dominique Colonna, le défenseur Robert Jonquet au remarquable sens de l’anticipation, Léon Glovacki, un blond attaquant d’origine polonaise dont Georges Briquet louait le « jeu sucré ».
« Nos joueurs préférés s’en vont un à un. Je fais mes adieux aux héros qui ont aidé mes frères à grandir et souvent touché mon cœur de jeune fille. Derrière leur parcours, je discerne mieux aujourd’hui les enfants et les hommes qu’ils ont été, leur engagement de joueurs… »
Vous aurez compris que le texte presque intime de Gisèle Bienne a remué des souvenirs heureux de mon enfance, ressuscité des images et même des phases de jeu.
Il me donne envie de me replonger dans ma chère vieille collection de Miroir du Football qui consacra tant d’articles chaleureux à ce club légendaire.

Reims Miroir du Foot

Kopa Miroir du Foot

Oui, quel bonheur d’avoir grandi avec le Stade de Reims !

* http://encreviolette.unblog.fr/2021/08/01/un-ecrivain-un-stade-geoffroy-guichard-par-lionel-bourg/
http://encreviolette.unblog.fr/2021/09/05/un-ecrivain-un-stade-olympique-de-marseille-par-christophe-fourvel/
** http://encreviolette.unblog.fr/2017/03/15/raymond-kopa-un-des-plus-grands-footballeurs-de-mon-enfance/
*** http://encreviolette.unblog.fr/2014/03/01/bonjour-chers-auditeurs-ou-le-commentaire-sportif/

Publié dans : Coups de coeur |le 23 août, 2022 |1 Commentaire »

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1 Commentaire Commenter.

  1. le 30 août, 2022 à 10:39 encreviolette écrit:

    J’ai reçu quelques mots chaleureux et gratifiants de l’autrice Gisèle Bienne:
    « …Je vous remercie vivement de votre lecture, c’est une analyse en même temps qu’un compte-rendu historique, littéraire, documenté, détaillé, intime aussi, concernant la grande époque du stade rémois, ses excellents joueurs et l’esprit qui les
    animait, ainsi que nos enfances ou adolescences réciproques – car vous avez comme moi grandi avec ce stade, entre autres – sans oublier les rapports entre le jeu et l’art qui sont si justement mentionnés dans votre papier. J’ai également apprécié votre choix des citations.
    C’est pour moi un grand plaisir de constater que ces pages ont ravivé vos souvenirs, ils sont nombreux et précis… »

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