Archive pour le 15 avril, 2020

Mon confinement, merci pour le rab !

Rappel des états d’âme précédents :
http://encreviolette.unblog.fr/2020/03/23/mon-confinement-j8/
http://encreviolette.unblog.fr/2020/03/25/mon-confinement-j10-avec-lassistance-de-cavanna/
http://encreviolette.unblog.fr/2020/03/27/mon-confinement-j13/
http://encreviolette.unblog.fr/2020/04/01/mon-confinement-au-1er-avril/
http://encreviolette.unblog.fr/2020/04/06/mon-confinement-deja-3-semaines/

Notre président a parlé « dans le poste » ! Nous en reprenons donc tous pour un mois encore. Le temps du muguet, que chantait Francis Lemarque, ne reviendra (peut-être) qu’en 2021.
70 bougies soufflées, francilien et bien portant (du moins pour l’instant), je possède tous les critères pour que ma situation de confiné se prolonge bien au-delà du 11 mai.
J’ai quelques lecteurs qui s’en réjouiraient presque. Mes billets leur font passer de tels moments d’évasion et de thérapie mentale (sic) qu’ils en redemandent ! Si ça continue, ma tête va enfler jusqu’à m’inclure dans les « héros du quotidien ».
Il semblerait que la suggestion de Xavier de Maistre de Voyage autour de ma chambre les ait séduits. Dont acte, en cette semaine pascale, je séjourne donc, plus que de coutume, dans mon vestibule, devant une crécelle provenant de grands-parents de Picardie.

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Il est probable que mon père l’utilisa dans sa jeunesse. J’avais d’ailleurs retranscrit ses souvenirs dans un billet consacré à la tradition des œufs de Pâques*.
La crécelle portait le nom de brouan, tartuleuil, martelet dans certaines provinces, et aussi tortrelle en patois picard (de tourterelle).
On trouvait dans les campagnes plusieurs modèles de cet instrument de bois manuel dit idiophone (instrument dont le son est produit par son matériau sans caisse de résonance). Celle dont j’ai héritée est constituée d’une roue dentée montée sur un manche sur laquelle vient frapper une lamelle en bois flexible, produisant un son crissant pas spécialement harmonieux.
C’est la conjugaison de deux faits qui en justifiait son usage dans une France profondément catholique. Dès le VIIIème siècle, l’on cessa d’abord de sonner les cloches des églises et chapelles (ainsi que celles des autels) afin de commémorer dans le recueillement la mort de Jésus-Christ. À la fin du IXème siècle, l’on substitua progressivement les crécelles aux cloches « parties à Rome », dans la période entre le Mercredi saint et la messe tardive du Samedi Saint. Elles avaient pour fonction d’appeler les fidèles à la prière en annonçant l’Angélus, trois fois par jour, à 6 heures du matin, midi puis à 18 heures. Vous connaissez tous le fameux tableau de Jean-François Millet avec le couple de paysans dans les champs stoppant l’arrachage des pommes de terre pour se recueillir.

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« L’Angélus sonne » ! Avec son frère, mon père, alors enfant de chœur, alertait de loin en loin avec la crécelle et chantait l’hymne à la Croix, le O crux ave, spes unica, devant les calvaires et chapelles de son village.
Je doute que cette pratique emporterait aujourd’hui l’adhésion des « néo-ruraux » qui se sont installés dans nos campagnes, et en particulier, en cette période d’épidémie, tous ces citadins citoyens qui ont fui les grandes villes pour gagner leur résidence secondaire. D’ailleurs, plutôt qu’une verbalisation pour non respect des mesures de confinement, les autochtones ne pourraient-ils pas organiser, sous leurs fenêtres, un charivari monstre à l’aube pour marquer leur réprobation ?
Pour ma part, à une époque où j’étais réquisitionné pour l’arrachage annuel des pommes de terre, j’aurais volontiers aimé quelque entorse à la tradition de l’église latine avec la sonnerie d’angélus supplémentaires au cours de la matinée !**
La crécelle avait aussi sa fonction dans le ramassage des œufs de Pâques, non pas en chocolat, mais, à l’époque, des vrais œufs pondus sur la paille des granges par des poules élevées en plein air et nourries aux grains, bref bio comme on dit aujourd’hui.
Cette tradition trouvait sa signification chrétienne avec, au IVème siècle, l’instauration du Carême, une période de pénitence de quarante jours avant Pâques durant laquelle la consommation d’œufs était interdite par l’Église.
Difficile de mettre une poule au chômage partiel (le dirigeant moustachu de la CGT trouverait aujourd’hui encore à redire !), alors que faire de tous ces œufs pondus pendant le jeûne ? Dans les fermes, ils étaient conservés à la cave dans des pots en grés remplis de chaux. Le Vendredi Saint était l’occasion d’en écouler quelques-uns. Les enfants du village allaient « cueillir leur pocage » en agitant leurs crécelles devant chaque ferme. Ils se répartissaient ensuite leur collecte plus ou moins équitablement, ce qui était parfois source de mémorables batailles … d’œufs.
Autre emploi de la crécelle qui résonne dans notre actualité : au Moyen-Âge on l’utilisait afin d’avertir de la proximité de personnes atteintes de maladies infectieuses comme la lèpre et la peste. Une forme de tracking ou tracing médiéval en somme ! Je souris des cris d’orfraie de tous ceux qui craignent une grave atteinte à leurs libertés individuelles : mails, sms, réseaux sociaux, cartes bleues, péages d’autoroutes, radars, caméras de surveillance (ou de protection, vous choisissez), que sais-je encore, un peu plus un peu moins le mal est déjà fait. Quel dilemme lorsque votre application Tinder vous indiquera une rencontre possible dans votre environnement avec une personne partageant vos goûts, en même temps qu’un contaminé du coronavirus sera repéré dans le voisinage !
Nous n’y prêtions pas attention mais lorsqu’on relit certains auteurs du passé, nous découvrons parfois certaines descriptions de périodes encore plus funestes que celle que l’on traverse actuellement. Je vous avais parlé du roman de Giono Le hussard sur le toit. Aujourd’hui, voici un paragraphe tiré de L’Histoire de ma vie de George Sand :
« Quand vint l’établissement au quai Saint-Michel avec Solange, outre que j’éprouvais le besoin de retrouver mes habitudes naturelles, qui sont sédentaires, la vie générale devint bientôt si tragique et si sombre, que j’en dus ressentir le contrecoup. Le choléra enveloppa des premiers les quartiers qui nous entouraient. Il approcha rapidement, il monta, d’étage en étage, la maison que nous habitions. Il y emporta six personnes et s’arrêta à la porte de notre mansarde, comme s’il eût dédaigné une si chétive proie.
Parmi le groupe de compatriotes amis qui s’était formé autour de moi, aucun ne se laissa frapper de cette terreur funeste qui semblait appeler le mal et qui généralement le rendait sans ressources. Nous étions inquiets les uns pour les autres, et point pour nous-mêmes. Aussi, afin d’éviter d’inutiles angoisses, nous étions convenus de nous rencontrer tous les jours au jardin du Luxembourg, ne fût-ce que pour un instant, et quand l’un de nous manquait à l’appel, on courait chez lui. Pas un ne fut atteint, même légèrement. Aucun pourtant ne changea rien à son régime et ne se mit en garde contre la contagion.
C’était un horrible spectacle que ce convoi sans relâche passant sous ma fenêtre et traversant le pont Saint-Michel. En de certains jours, les grandes voitures de déménagements, dites tapissières, devenues les corbillards des pauvres, se succédèrent sans interruption, et ce qu’il y avait de plus effrayant, ce n’était pas ces morts entassés pêle-mêle comme des ballots, c’était l’absence des parents et des amis derrière les chars funèbres; c’était les conducteurs doublant le pas, jurant et fouettant les chevaux; c’était les passants s’éloignant avec effroi du hideux cortège; c’était la rage des ouvriers qui croyaient à une fantastique mesure d’empoisonnement et qui levaient leurs poings fermés contre le ciel; c’était, quand ces groupes menaçants avaient passé, l’abattement ou l’insouciance qui rendaient toutes les physionomies irritantes ou stupides. »
Heureusement, nous n’observons pas de scènes aussi morbides. Encore que, je ne peux pas ne pas penser à cette morgue de fortune installée dans un entrepôt réfrigéré du Marché d’intérêt national de Rungis. Avant qu’une révolte justifiée ne gronde, les familles pouvaient s’y rendre pour dire un dernier au revoir d’un quart d’heure à leurs proches, moyennant plus d’une centaine d’euros.
Au Moyen-Âge, en périodes des grandes épidémies de peste, on réquisitionna pour transporter les cadavres, les embarcations à fond plat du port de Corbeil-Essonnes, qui acheminaient notamment les productions céréalières de la Beauce et de la Brie. À cause de cet usage et par déformation linguistique, ces « corbeillards » donnèrent le nom de corbillards aux véhicules de transport funéraire.
George Sand, la pas toujours sage dame de Nohant (elle avait pécho Chopin !), fut raisonnable en ne cédant pas à l’envie d’un exode vers sa demeure du Berry :
« J’avais pensé à me sauver, à cause de ma fille; mais tout le monde disait que le déplacement et le voyage étaient plus dangereux que salutaires, et je me disais aussi que si l’influence pestilentielle s’était déjà, à mon insu, attachée à nous au moment du départ, il valait mieux ne pas la porter à Nohant, où elle n’avait pas pénétré et où elle ne pénétra pas. Et puis, du reste, dans les dangers communs dont rien ne peut préserver, on prend vite son parti. Mes amis et moi, nous nous disions que, le choléra s’adressant plus volontiers aux pauvres qu’aux riches, nous étions parmi les plus menacés et devions, par conséquent accepter la chance sans nous affecter du désastre général où chacun de nous était pour son compte, aussi bien que ces ouvriers furieux ou désespérés qui se croyaient l’objet d’une malédiction particulière. »
En ce printemps quasi estival, ouvrant les fenêtres, plus que de coutume, j’entends des choses surprenantes. Oui, j’entends le silence. Ou du moins, aussi loin que mes souvenirs m’emmènent, je crois retrouver étrangement les bruits de mon enfance, les sons d’une nature qui reprend un peu une place qu’on lui avait confisquée.
Cela me renvoie au roman mi high-tech mi médiéval Les Prisonniers du temps de Michaël Chrichton, auteur par ailleurs de Jurassic Park. En bricolant une théorie quantique, l’écrivain expédiait des étudiants archéologues dans la Dordogne de 1357, en pleine Guerre de Cent Ans. Téléportés là-bas, ils étaient plongés dans une atmosphère sonore complètement inédite.
« Oui, magnifique. Il n’était pas sincère, loin de là ; quelque chose dans cette forêt lui paraissait sinistre. Il fit un tour complet sur lui-même, essayant de percer la raison pour laquelle il ne parvenait pas à se débarrasser du sentiment que quelque chose clochait dans ce qu’il voyait… que quelque chose manquait ou n’était pas à sa place. — Qu’est-ce qui cloche ici ? finit-il par demander. — Ah oui ! fit Gomez en riant. Écoutez bien, vous allez comprendre. Chris tendit l’oreille. Il perçut le pépiement des oiseaux, le bruissement des feuilles agitées par la brise. Rien d’autre … Je n’entends rien, fit-il.
Précisément. Certains sont désorientés à leur arrivée. Il n’y a pas de bruit ambiant ici : pas de radio ni de télé, pas d’avions, pas de machines, pas de moteurs de voitures. Au XXe siècle, nous sommes tellement habitués à ce bruit permanent que le silence paraît menaçant. — Ça doit être ça. C’est exactement ce que ressentait Chris. Il se retourna vers l’étroit chemin qui s’engageait dans la forêt. À certains endroits la boue creusée de marques de sabots atteignait une soixantaine de centimètres de hauteur. Un monde de chevaux, se dit Chris. Pas un bruit de machine. Des empreintes de sabots en quantité. Il prit une profonde inspiration, exhala lentement. Même l’air paraissait différent. Plus vif, grisant, comme si sa teneur en oxygène était plus élevée. En regardant derrière lui, il vit que la machine avait disparu. Gomez n’avait pas l’air de s’en soucier. — Où est-elle passée ? demanda-t-il en s’efforçant de dissimuler son inquiétude. — Elle a dérivé. — Dérivé ? »
C’est ça ! J’ai l’impression d’être téléporté dans un nouveau monde, le « monde d’après » dont on veut se persuader qu’il ne pourra pas être comme celui que l’on connaissait encore il y a quelques semaines. Vous y croyez vraiment ?
La solidarité aura fait long feu, l’économie de marché reprendra ses droits. D’ailleurs, sournoisement, elle s’insinue encore en ce moment. Je ne sais pas vous mais, par exemple, sur ma messagerie affluent des propositions publicitaires non masquées pour commander ces fameux masques introuvables, des noirs, des bleus, des blancs, des doublés, des plissés, des réutilisables, des bio, à des prix d’ailleurs très variables, quelle chance, on bénéficie même de 50% de rabais ! Même les lapins de Pâques en chocolat, plus sages que les humains, arborent un masque !

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En attendant, on redécouvre le bruissement perceptible des feuilles dans les arbres, le gazouillis des oiseaux qui batifolent, le cliquetis léger même du VTT d’un voisin qui entretient sa forme en solitaire dans le parc de la résidence (en respectant les horaires).
On voit sur les écrans quelques images étonnantes, touchantes, cocasses, angoissantes parfois, d’une faune sauvage qui s’invite à la ville. À Venise, des bancs de poissons frétillent dans l’eau redevenue claire des canaux. Au port de Cagliari en Sardaigne, les dauphins improvisent un spectacle de nage synchronisée devant les riverains ébahis et confinés. En Thaïlande, on assiste à d’incroyables rassemblements de singes au centre de la ville.

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Pour mieux vivre son confinement, un duo de comédiens (Marion Creusvaux et Julien Pestel) fait le buzz en ce moment en détournant et doublant quelques scènes cultes de films. Voici que des dinosaures échappés du Jurassic Park ont envahi le parc des Buttes-Chaumont ! Hilarant, dans l’esprit des Nuls d’antan.

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Est-ce une parenthèse enchantée dans la relation entre l’Homme et la Nature. ?
Serge Reggiani hurlait : « Les loups sont entrés dans Paris » ! Gare car ceux qu’il évoquait, je n’ai pas du tout envie que revienne leur descendance !
Que mes amis ariégeois se méfient quand même : à défaut de loups des Carpates, ils pourraient bien voir quelques ours slovènes rôder la nuit dans leurs villes … pour dire bonne nuit aux petits enfants confinés. Ce n’est pas du pipeau !
Les bêtes apprécient globalement le confinement des humains. Malgré tout, en parcourant des chroniques de Charlie-Hebdo joliment intitulées Lettre des animaux aux humains confinés, je lisais que le si joliment coloré geai des chênes était la bête noire des chasseurs, particulièrement en Ariège (ils n’appartiennent pas à mon cercle d’amis !) et en Lot-et-Garonne. Ne me demandez pas pour quelle raison, on range ce passereau dans les nuisibles. Est-ce à cause de son nom latin Garrulus glandarius, un oiseau oisif en somme ? De son indiscipline à cause de son cousinage avec le Cassenoix moucheté ou la Pie bavarde ? Il serait pourtant considéré comme le « premier forestier de France par le nombre d’arbres plantés » car il cache des graines pour s’en nourrir et en oublierait un grand nombre.
Quand on arrive en ville chantait aussi Michel Berger… Nous tout c’qu’on veut d’est être heureux avant d’être vieux … Ce n’est pas très bien parti mon affaire, du moins en ce qui me concerne : avec les mesures envisagées de déconfinement progressif, je risque d’être déconfit (de canard).
Il est même des animaux citoyens et philosophes qui parlent de nous : « Les humains sont sous cloche/Ils s’mettent à ruminer/Et entre deux soupirs/Ils s’mettent à réfléchir ». Le lapin malin Pampinou ***, une vraie bête de scène que je vous avais présentée dans mon précédent billet, compatit à notre situation et fait du prosélytisme dans le jardin :

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Vous savez que j’aime émoustiller vos papilles en vous faisant partager les prouesses culinaires de ma compagne. Cette semaine, elle a (ou s’est, attention à #MeToo !) sacrifié aux recettes pascales, notamment au gigot d’agneau remonté des collines du Couserans in extrémis avant le confinement. Vous ne pourrez donc pas me suspecter de marché noir à l’envers, comme dans la jubilante scène de La traversée de Paris avec Gabin, Bourvil et De Funès : « Jambier, 45 rue Poliveau, je veux 3 000 francs ! ».
Un gigot de 3,300 kilogrammes à deux, puisqu’on nous interdit de convier nos voisins ! Je ne blasphème pas, puisqu’il est ressuscité, ce fut le petit Jésus en culotte de velours !!!
En dessert, le lundi midi, ma compagne a confectionné l’omelette flambée de Pâques « comme chez elle dans la ferme familiale du Sud-Ouest », une succulente recette que j’ignorais avant que je ne fasse sa connaissance. Quand comme moi, on a mangé de l’omelette salée pendant 30 ans, on est dubitatif, la première fois, devant une omelette au sucre.
Au départ, il s’agit d’une omelette banale, encore faut-il le coup de main de la cuisinière pour bien la rouler. Ensuite, quand c’est possible, il faut fermer les volets ou tirer les double-rideaux pour plonger la pièce dans une légère pénombre.
C’est alors que l’aïeul, après avoir saupoudré l’omelette de sucre en poudre, versait (généreusement) de son eau de vie de prune, réchauffée auparavant dans une casserole, puis craquait une allumette pour la flamber. Instant magique lorsque les petites flammes dansent sur l’omelette tandis qu’une délicieuse odeur vient exciter nos narines. Cette année, le rhum a remplacé la goutte de la ferme.
Guillaume d’Aquitaine serait, selon la légende (donc il est probable que ce soit inexact !), à l’origine de cette tradition, en offrant vers l’an 800, un repas à base d’œufs à ses vassaux. Ce qui est beaucoup plus certain, c’est que l’ouméleto du lundi de Pâques est une coutume encore très tenace dans le Sud-Ouest. Elle est l’occasion de rassemblements (annulés cette année) festifs en extérieur dans de nombreuses communes. Il existe même une confrérie mondiale des Chevaliers de l’Omelette géante.
La Culture souffre terriblement de l’épidémie et du confinement. Il nous est annoncé qu’il ne faut pas envisager une reprise de « l’événementiel » en général avant le mois de juillet. D’ores et déjà, le cultissime festival d’Avignon, est annulé, ainsi que tant d’autres manifestations qui oxygènent et éveillent notre esprit chaque été, dans notre douce France.
Je ne peux admirer que virtuellement les peintures et aquarelles de William Turner, la grande rétrospective que proposait le musée Jacquemart-André ayant dû être suspendue au lendemain de son vernissage.
Une seconde fois, je dois renoncer à voir l’adaptation théâtrale des Ritals, livre autobiographique de Cavanna par Bruno Putzulu. Qui sait, si par bonheur j’étais déconfiné à cette époque, je pourrai enfin y assister fin août dans un paisible théâtre de verdure d’Ariège.
Librairies indépendantes, médiathèques, galeries et scènes, sont closes. Un désastre, même si pour certains esprits peu éclairés, cela peut apparaître subalterne.
Vous voyez que je supporte assez bien le confinement et que je ne suis personnellement pas trop traumatisé qu’on me resserve une ration d’un mois.
Il y a tellement de gens qui (sur)vivent des situations autrement dramatiques, médicalement, économiquement, psychologiquement. Mieux que quelques applaudissements, parfois une larme perle à ma paupière quand j’entends certains témoignages de personnes qui souffrent et de ceux, admirables, qui les soignent.
Parfois, j’ai la curieuse sensation que je suis devenu totalement inutile dans et pour la société. Offre-t-elle encore une petite place à un modeste rédacteur de blog ? Allez, prenez soin de vous et rassurez-vous, comme le chantait Alain Bashung, nous sommes Immortels!

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* http://encreviolette.unblog.fr/2009/04/10/fete-loeuf-de-paques/
** http://encreviolette.unblog.fr/2010/08/25/corvee-de-patates/
*** pour suivre les aventures de Pampinou confiné : https://www.youtube.com/user/ids09

Publié dans:Ma Douce France |on 15 avril, 2020 |Pas de commentaires »

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