Archive pour le 19 mars, 2020

Forza Italia contre le coronavirus !

Mes plus fidèles lecteurs savent mon amour pour l’Italie que je leur ai fait largement partager avec l’évocation de mes lumineux séjours à Rome et en Toscane, mais aussi ma rencontre avec Don Camillo, le curé de Brescello, mes visites, passion du vélo oblige, à Castellania le village du Piémont où repose Fausto Coppi, en Lombardie, sur les hauteurs du lac de Côme, à la petite chapelle Madonna del Ghisallo dédiée aux coureurs cyclistes.
Effets collatéraux (et je le reconnais bien subalternes) de l’épidémie du coronavirus, la saison de cyclisme est d’ores et déjà amputée de ses plus beaux fleurons : la Primavera Milan-San Remo, les Strade Bianche autour de Sienne, et probablement le Giro (Tour d’Italie) sont annulés ou reportés.
Le romancier René Fallet dans une délicieuse déclaration d’amour au Vélo, écrivait : « Quand le Tour (de France) ne part pas, les catastrophes sont à la porte ! Il ne se disputa pas, en effet, lors des deux guerres mondiales, et c’est près d’un millier de coureurs, parmi lesquels trois anciens vainqueurs du Tour Lucien Petit-Breton, Octave Lapize et François Faber, qui firent le sacrifice de leur vie lors de la boucherie de la guerre 1914-1918.
À l’occasion de l’épisode de guerre sanitaire contre le coronavirus, je profite de mon confinement en mon domicile pour témoigner mon profond attachement et mon empathie au peuple italien déjà frappé dramatiquement dans un passé récent avec des tremblements de terre.
475 d’entre eux nous ont quitté dans la seule journée du mercredi 18 mars. Mais, exemplaires, imaginatifs et solidaires devant la terrible épidémie qui dévaste la péninsule, plutôt que la mort sociale, nos voisins ont choisi d’ouvrir leurs fenêtres et balcons et de chanter à tue-tête en résistance à la mise en sommeil de leur pays.
Admirable et émouvant ! Bien que n’ayant aucune racine transalpine, encore que les Normands détinrent le duché de Naples aux XIème et XIIème siècles, l’émotion m’étreint toujours à l’écoute de l’hymne Fratelli d’Italia entonné avec ferveur par joueurs et public, notamment lors des rencontres sportives.
Cette fois, c’est un immense concert qui a retenti à travers la péninsule pour conjurer le sort accablant.

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Même les chiens font preuve de patriotisme. Revêtus des couleurs du drapeau national, certains acceptent volontiers, attestation au museau, d’être l’alibi pour les promenades de leurs maîtres.

https://twitter.com/Namhao/status/1240172650254778368

Face à cette réjouissante communion d’esprit et de cœur, je me demandais ce que nous les Français (« des Italiens avec un mauvais caractère » disait Malaparte) pourrions chanter s’il nous prenait d’imiter nos amis transalpins.
Plutôt que La Marseillaise, j’opterais pour Ma France de Jean Ferrat, ce qui constituerait au passage un bel hommage au chanteur poète qui nous a quitté, il y dix ans pratiquement jour pour jour.

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Comme certains esprits grincheux (pas vous bien sûr) trouveraient possiblement mon choix trop subversif, je me rabattrais sur Amour, une tendre chanson consensuelle (ici remixée) de Mouloudji dont on entend, étonnamment quelques extraits dans certaine publicité, actuellement, sur les antennes.

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Le hasard veut que pour écrire ce message de sympathie, j’ai interrompu ma lecture de poèmes d’un ami artiste en vue de rédiger la préface de son futur recueil.
Incidemment, je suis tombé sur un texte* qui trouve ici quelque résonance.

« À Rome le soir les hirondelles
Picorent des petits biscuits

Puis chacune d’elles déploient ses ailes
Alors on entend leurs cuis-cuis

Quand la nuit les surprend elles piquent
Sans crainte les fils électriques
Elles en voltigent de bonheur

Elles en voltigent de bonheur
Comediante, tragediante !

Oyez !

Elles survolent les banlieues
Les forêts et les prés
Là où fleurit l’œillet

Qu’on nomme de poète
Et voilà qu’il est tout chose

Ce rimeur quand l’oiseau

Chante sous sa fenêtre, chante sous sa fenêtre
Comediante, tragediante !

Oyez !
Faut croire que ça lui inspire

Sous le pont des Soupirs

Une mélodie qui l’amadoue

When in Rome do as romans do
Mais l’hirondelle n’est pas colombe
Et Colombine est une bombe
Comme Gina Lollobrigida
Et Ekberg Anita
Comediante, tragediante !
Oyez !

Si l’éclipse assombrit le ciel
L’hirondelle fait bien le printemps
Et se transforme en ménestrel

De bel canto nous enchantant

De ses mélopées contractuelles
Alors on rêve aux demoiselles
Qui nous sifflent sous les platanes
Qui nous sifflent sous les platanes
Comediante, tragediante !

Oyez !
Oyez la canzone

Sur les bleues giboulées

Et quand fleurit l’œillet

Au doux printemps précoce
Toujours monte la sève
Entre Naples et Vérone
Même si l’on est cocu
Même si l’on est cocu
Comediante, tragediante !
Oyez !
Nous nous sommes tant aimés

Et nous voilà damnés

Paraît que Rome n’est plus dans Rome

Et que les villes d’Italie

N’ont plus de charme, c’est fini.

C’est fini la Dolce Vita des pantins bien déjantés
Comediante, Tragediante !

Oyez !
 »

Prenez soin de vous, chers lecteurs !

* « Là où fleurit l’œillet », poème de Michel Dreano , avec son aimable autorisation

Publié dans:Coups de coeur |on 19 mars, 2020 |1 Commentaire »

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