Archive pour le 24 avril, 2018

Chapeau bas Barbara … et merci Patricia Damien et Jean-Louis Beydon !

Aura-t-elle été jalouse du succès du héros de son précédent spectacle, le lapin Pampinou, qui se révéla être une vraie bête de scène (http://encreviolette.unblog.fr/2017/01/21/pampinou-fait-le-guignol-une-vraie-bete-de-scene/), l’artiste Patricia Damien a choisi de tirer un nouveau Coup de chapeau à Barbara pour célébrer le vingtième anniversaire de la mort de la « longue dame brune » survenue le 24 novembre 1997.
Elle lui avait déjà rendu hommage, il y a quelques années, accompagnée par son pianiste et ami Jean-Louis Beydon. Directeur du conservatoire de Vanves, spécialisé dans le répertoire de la chanson française, pianiste de nombreux artistes parmi lesquels Allain Leprest, Romain Didier, Bernard Joyet, Marc Ogeret, Pierre Barouh, parfois complice au pied levé de Claude Nougaro, Cora Vaucaire, Juliette, Sapho, Kent, Jean-Louis Beydon déclare, cette fois, forfait, très handicapé par la terrible maladie de Charcot.
C’est largement pour lui que Patricia, en véritable groupie du pianiste, a décidé de remonter son récital en le repensant scéniquement. En effet, ayant recours aux techniques de pointe de la vidéo numérique, elle réussit l’émouvant tour de force de retrouver Jean-Louis, presque aussi vrai que nature, auprès d’elle sur scène.

Affiche CHAPEAU BAS ET MERCI BARBARA

La première du spectacle s’est déroulée dans le cadre du festival Miracos « Chant’à Seix » dont la cheville ouvrière est l’enfant adoptive du pays, Nicole Rieu.
Les plus anciens d’entre vous se souviennent peut-être d’elle. Au début des seventies’, elle était très populaire, assurant notamment les premières parties de Daniel Guichard, Joe Dassin, Serge Lama, Enrico Macias, Adamo. On entendit très souvent alors sur les ondes son grand succès Je suis :

« Je suis ruisseau, fleur, rivière,
Je suis le vent, la pluie,
Je suis l’ombre la lumière
Je suis la vie … »

C’est un peu toujours tout cela, Seix, vivant village des montagnes du Couserans en Ariège, qui a rendez-vous, ce soir-là, avec la « chanteuse de minuit ». Ainsi appelait-on souvent Barbara en référence à son début de carrière dans les années cinquante, âge d’or des cabarets parisiens dits rive gauche, synonymes de leur situation géographique par rapport à la Seine, d’un certain art de vivre et d’une qualité de chansons à textes.
De 1957 à 1964, Barbara fut essentiellement la chanteuse de L’Écluse, minuscule cabaret tout en longueur, transformé aujourd’hui en bar à vins à quelques mètres du boulevard Saint-Michel.
Chapeau bas est la chanson qui ouvre l’hommage à Barbara. C’est aussi l’une des premières que Barbara écrivit et osa chanter sur scène. Auparavant, elle interprétait les chansons des autres, souvent des chansons d’hommes dont elle fit deux beaux disques, Barbara chante Brassens, grand prix de l’académie Charles Cros 1960, et Barbara chante Brel en 1961.
Peut-être, faut-il trouver ici une des raisons pour lesquelles, lorsque j’avais dix ou douze ans, Barbara ne m’attirait pas particulièrement : dans les brisées de mon frère aîné, je préférais goûter directement la poésie du Grand Jacques et du Plat pays qui était le sien, et aussi, je l’avoue platement, les tubes sans relief des yéyés, les élégances sucrées de Françoise Hardy et le yaya twist de Petula Clark. Ne me jetez pas la pierre !
Aujourd’hui, ce serait un quasi sacrilège de ne pas reconnaître la beauté des textes de Barbara et son admirable interprétation si particulière. Dans ma jeunesse, quand la télévision apparut au domicile familial, il n’y avait qu’une seule chaîne en noir et blanc. J’ai des souvenirs un peu floutés des passages de Barbara sur le petit écran, notamment dans l’émission Discorama, animée par Denise Glaser, qui était au disque ce que Lectures pour tous était au livre et à la littérature.Ô blasphème, je voyais une artiste mystérieuse, austère, sophistiquée, maniérée, précieuse à laquelle je n’accrochais pas. Je me souviens même de Claude Véga, un humoriste qui pointait, à la télévision, dans une imitation hilarante, tous les pseudo travers de la chanteuse. Il se moquait aussi des extinctions de voix de la diva Maria Callas.
Qui sait si je n’aurais pas été séduit si mes parents m’avaient emmené du côté de L’Écluse, Barbara inscrivait alors à son répertoire des succès de la Belle Époque, tels Un fiacre allant trottinant (Hop là !) de Xanrof, et l’histoire d’une pâtissière de la rue du Croissant qui vendait des p’tits gâteaux emballés bien comme il faut, de quoi leur rappeler de bons souvenirs … Ils préférèrent me faire découvrir à l’Olympia deux autres dames en noir, Édith Piaf et l’égérie des existentialistes Juliette Gréco. Pas mal non plus !
En 1970, un mystérieux et inquiétant rapace choisit les radios périphériques comme aire d’envol. Pendant plusieurs semaines sinon plusieurs mois, L’Aigle noir de Barbara survola les sommets des hit-parades à un point tel que je finis par être excédé d’entendre cet oiseau volant non identifié. Si la flûte inca d’El condor pasa à peu près bien, l’aigle noir s’envola loin de mon esprit.
Sans en être certain, je me demande si mon intérêt pour Barbara ne naquit pas finalement, peu après, lorsque son ami Brel fit appel à elle pour l’accompagner dans Frantz, son premier film en tant que réalisateur : une histoire d’amour bancale et bizarre entre Léon et Léonie, deux êtres hors du temps. Longtemps après, Barbara signa Léonie le dernier couplet de Gauguin, une chanson hommage au Grand Jacques qui repose auprès du peintre aux îles Marquises.
Sans doute également, la parole des femmes se libérait-elle, et interpellaient-elles notre inconscient même dans les chansons.

« Est-ce Dieu, est-ce Diable
Ou les deux à la fois
Qui, un jour, s’unissant
Ont fait …

Merci pour tant de beauté,
Merci et Chapeau bas »

Je crains que ce soit le Malin qui finit par me faire aimer Barbara. Chapeau bas et merci Jean-Louis Beydon auquel Patricia dédie sa seconde chanson.
Si la photo est bonne est, à l’origine, une réflexion décalée et irrévérencieuse à propos de la peine de mort en vigueur en France jusqu’en 1981 : une femme de président qui décide d’alléger la peine d’un délinquant au physique avantageux.

« Moi qui suis femme de président
J’en n’ai pas moins de cœur pour autant
De voir tomber des têtes
A la fin, ça m’embête
Et mon mari, le président
Qui m’aime bien, qui m’aime tant,
Quand j’ai le cœur qui flanche
Tripote la balance. »

Barbara, qui était soucieuse de l’image qu’elle renvoyait, envisage ici la photographie, non pas sur le modèle inaccessible de l’objectivité, mais du point de vue de ses usages médiatiques. Et si la photo était trompeuse ?
En tout cas, pas celle sympathique de Jean-Louis Beydon en première page du quotidien La Dépêche du Midi que brandit Patricia Damien. Défilent sur l’écran d’anciennes photos : la plus belle histoire d’amour artistique de Patricia, c’est lui « ce grand gosse au cœur tendre »… peut-être !
C’est avec Gueule de nuit qu’enchaîne Patricia : celle de Régine, la reine des nuits parisiennes, pour laquelle Barbara a écrit cette chanson.

Oui, j’aurais pu, comme vous,
Ou comme toi, être ronde, ronde,
Mais c’est foutu, c’est classé,
Car Dieu m’a préférée longue, longue…

Pour la chanter elle-même de manière plausible, Barbara en fit une version light en inversant les adjectifs longue et ronde ! Sur l’écran, magie du numérique, Patricia bat le pavé de Montparnasse (avec le boa de la grande Zoa ?), une séquence en noir et blanc qui rappelle les films réalistes d’avant-guerre de Marcel Carné ou les romans de Francis Carco.
Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que ça une gueule d’atmosphère ? Plutôt, oui, et la chanson suivante aussi :

Dîtes-le moi du bout des lèvres
Je l’entendrai du bout du cœur
Vos cris me dérangent je rêve
Je rêve

Du bout des lèvres, au bord de l’écran en ombre blanche, dans un décor à la Magritte, Patricia murmure presque la première chanson d’amour de la soirée. On rêve !
Barbara était si avare de confidences sur sa vie privée qu’il fallut attendre son livre de mémoires … interrompues pour découvrir que beaucoup de ses chansons souvent mystérieuses étaient finalement très autobiographiques. Elle savait, même dans le tragique, y glisser une pincée d’humour, ainsi pour nous conter ses Insomnies :

Mais, si s’endormir c’est mourir, ah laissez-moi mes insomnies,
J’aime mieux vivre en enfer que dormir en paradis,

Elle fait allusion à une nuit agitée où, après avoir ingurgité plusieurs tubes de somnifères, elle fut conduite en urgence au petit matin à l’hôpital de Meaux. Les gazettes toujours promptes au sensationnel mirent à tort sa tentative de suicide sur le compte d’une rupture amoureuse avec un célèbre comédien et bientôt chanteur (grâce à elle), Serge Reggiani.
Jean-Louis Beydon pianotant en fondu sur la portée d’une partition, je savoure les premières notes de la chanson avec laquelle Barbara me conquit définitivement :

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Quelle magnifique chanson d’amour pour « les enfants blonds de Göttingen », une ville universitaire du sud de l’Allemagne ! Une vingtaine d’années après la Libération, elle devint l’hymne de la réconciliation franco-allemande.
Et pourtant, au départ, cela ne disait rien qui vaille d’aller chanter à Göttingen à la petite juive qui avait passé les années d’Occupation à fuir le nazisme à travers la France. Avançant tous les prétextes, elle refusa même de jouer sur un piano droit … qu’à cela ne tienne, les étudiants de Göttingen lui dégotèrent un piano à demi queue et lui réservèrent un triomphe. Elle écrivit à la hâte une première version de Göttingen qu’elle leur chanta lors de la dernière soirée de ses récitals. Elle y revint quelques années plus tard, cette fois, on lui avait mis à disposition un piano à queue.
Il y a quelques années, je m’étais lié d’amitié avec des enseignants de Göttingen en villégiature en Corse. Ils étaient surpris que je connaisse aussi bien leur ville … grâce à une chanson.
Son université cache une face sombre :

« Et que personne ne s’offense,
Mais les contes de notre enfance,
« Il était une fois » commence
À Göttingen »

Le roi de Hanovre Ernest-Auguste 1er abrogea en 1837 la constitution garantissant la liberté de penser, accordée par son prédécesseur. Sept professeurs de l’université signèrent une lettre de protestation solennelle, parmi lesquels Jacob et Wilhelm Grimm, les auteurs des contes de notre enfance. Ils furent bannis des états de Hanovre.
Aujourd’hui, Göttingen est souvent étudiée au lycée. Barbara la chantait en 1988 en ouverture des meetings de campagne présidentielle de François Mitterrand, les roses socialistes furent moins épanouies par la suite. Le chancelier Schröder la fredonna en 2003 lors d’une commémoration commune.
J’ai toujours la gorge serrée en l’écoutant, ce soir encore. Cela fait près de 75 ans que la France et l’Allemagne ne sont pas entrées en guerre, modestement, Barbara y est peut-être pour quelque chose. Comme il y a Goethe et (la République de) Weimar, il y a Göttingen et Barbara.
Patricia et Barbara nous emmènent maintenant plus à l’Est, dans la station thermale de Marienbad en République tchèque. Une autre ville, une autre atmosphère ! Et des paroles aussi baroques et énigmatiques que le film d’Alain Resnais sorti l’année précédente :

« Sur le grand bassin du château de l’idole
Un grand cygne noir portant rubis au col
Dessinait sur l’eau de folles arabesques
Les gargouilles pleuraient de leurs rires grotesques
Un Apollon solaire de porphyre et d’ébène
Attendait Pygmalion, assis au pied d’un chêne

Je me souviens de vous
Et de vos yeux de jade
Là-bas, à Marienbad
Là-bas, à Marienbad« 

Un chef-d’œuvre d’esthétisme dans une couleur de monarchie austro-hongroise ! Nous n’en saurons pas plus : « Mes secrets sont pour vous, mon piano vous les porte/Mais quand la rumeur passe, je referme ma porte. »
Ah les hommes ! Ou plutôt, ah ses hommes ! Ce sont surtout ses musiciens : « C’est fou comme ils sont heureux, / Mes hommes / Quand le son du piano noir résonne ». C’est ce soir Jean-Louis qui se promène avec virtuosité et légèreté dans la musique de Barbara et qui, à la fin d’un long solo, enchaîne avec quelques mots offerts à la « longue dame brune ». J’adore ce duo écrit par Moustaki.
Moment de grâce, sur une valse lente, nous retrouvons alors Patricia assise devant un guéridon dans une chambre viennoise :

« Si je t’écris ce soir de Vienne
Oh que c’est beau l’automne à Vienne
C’est que sans réfléchir
J’ai préféré partir
Et je suis à Vienne sans toi

Je marche je rêve dans Vienne
Sur trois temps de valse lointaine
Il semble que les ombres
Tournent et se confondent
Qu’ils étaient beaux les soirs de Vienne … »

C’est beau Vienne ! Encore une ville, encore un déchirement amoureux, Barbara aima beaucoup, elle se sépara tout autant. Elle n’était pas du genre à attendre éternellement. « Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin/Je n’ai pas la vertu des femmes de marins » nous confie-t-elle dans la chanson suivante Dis, quand reviendras-tu ?
Pour l’écrire, Barbara s’inspira de son idylle avec un diplomate trop souvent absent à cause de ses missions entre la France et la Côte-d’Ivoire. Il l’installa même rue Rémusat, dans le XVIe arrondissement parisien, thème d’une autre magnifique chanson non interprétée ce soir.
La solitude, « la renifleuse des amours mortes », est un thème récurrent dans l’œuvre de Barbara. Patricia, après l’avoir combattue dans la chanson éponyme cachée derrière un loup blanc, lui tord le cou en contant une nuit de Noël finalement assez joyeuse :

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Derrière une apparence mortifère, Barbara aimait rire. Ainsi, prend-elle Noël à contre-pied en nous décrivant malicieusement les états d’âme de Jean-Pierre et Madeleine faisant les zouaves près du Pont de l’Alma.
« Faut-il qu’il m’en souvienne. La joie venait toujours après la peine », c’est du moins ce qu’écrivait Guillaume Apollinaire, sous le pont Mirabeau, à quelques pas en aval de la Seine.
Ce soir, c’est la peine de Barbara que Patricia, dans un récital bien construit et rythmé, choisit maintenant d’évoquer avec ce qui demeure sans doute son chef-d’œuvre, sa moins belle histoire d’amour aussi : Nantes.
Encore une ville … qu’elle rejoindra trop tard :

« Il pleut sur Nantes
Donne-moi la main
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin

Un matin comme celui-là
Il y a juste un an déjà
La ville avait ce teint blafard
Lorsque je sortis de la gare
Nantes m’était encore inconnue
Je n’y étais jamais venue
Il avait fallu ce message
Pour que je fasse le voyage :

« Madame soyez au rendez-vous
Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Faites vite, il y a peu d’espoir
Il a demandé à vous voir. «  »

Élégie pour la mort d’un père, ou plutôt récit du jour où elle arriva trop tard pour trouver encore vivant ce père avec qui rien ne fut jamais simple et qu’elle n’avait pas vu depuis dix ans. Cette chanson d’amour paternel est aussi une chanson de pardon, mais cela nous l’apprendrons longtemps après.
Les illustrations sur l’écran soulignent le clair-obscur du texte. Bernard Lavilliers le commentait ainsi : « on voit Vermeer, on entend Baudelaire » !
Il pleut sur nos paupières. Du Barbara, ça ne s’écoute pas dans sa voiture, ça se « vit » chez soi, recueilli dans un fauteuil ou près de la cheminée, ou encore comme ce soir, plongé dans la pénombre de la petite salle de concert.
Avec elle, on a envie volontiers de vivre la tristesse, les absences, les deuils. Ma sensibilité est mise à rude épreuve, mais un brin masochiste, j’en redemande et Patricia me comble … Similaré, c’est simple parfois de retenir les notes de solfège :

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Patricia nous le rappelle, Barbara composa cette petite cantate en hommage à sa pianiste Liliane Benelli décédée dans un accident de voiture survenu en compagnie de Serge Lama très gravement blessé.
Patricia dédie personnellement la chanson à Jean-Louis Beydon en son absence artistique. Encore qu’ils soient réunis ce soir par la magie de la technique ! Similarésisoldofa
Comme Barbara, en forme d’exutoire, elle rit maintenant de La mort :

« Qui est cette femme qui marche dans les rues?
Où va-t-elle
Dans la nuit brouillard où souffle un hiver glacé,
Que fait-elle?
Cachée par un grand foulard de soie,
A peine si l’on aperçoit la forme de son visage,
La ville est un désert blanc
Qu’elle traverse comme une ombre
Irréelle. …

… Sur un grand lit, un homme est couché
Il lui dit :  » Je t’attendais,
Ma cruelle. « 
Dans la chambre où rien ne bouge,
Elle a tiré les rideaux.
Sur un coussin de soie rouge,
Elle a posé son manteau
Et, belle comme une épousée,
Dans sa longue robe blanche
En dentelle,
Elle s’est penchée sur lui, qui semblait émerveillé.
Que dit-elle? … »

Envisagé ainsi, ce n’est peut-être pas si désagréable que cela, le trépas !
Comme lors des enterrements, vient le moment des remerciements. Pour le public, c’est évident voire même convenu dans un spectacle dédié à Barbara : Je suis venue pour vous dire/Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous !
Patricia Damien avoue que sa plus belle histoire d’amour artistique, c’est Jean-Louis Beydon, Elle ne pourrait continuer à la vivre sans les prouesses technologiques (en partie en direct) qu’accomplit Philippe Morin pour que son cher pianiste soit encore à ses côtés dans une sorte de duplex.
Aujourd’hui que Barbara et Patricia m’ont apprivoisé, je supporte avec plaisir le retour de L’aigle noir pour achever la soirée ! Le rapace n’est pas dépaysé en compagnie des vautours, milans et gypaètes barbus qui planent dans les montagnes ariégeoises.
Plus sérieusement, Barbara, à la fin de sa vie, donna peut-être les clés pour mieux comprendre ce qui fut un énorme tube au temps des yéyés.
Emblème du IIIème Reich, on imaginait que l’aigle noir puisse symboliser les heures sombres de notre histoire.

« De son bec il a touché ma joue,
Dans ma main il a glissé son cou,
C’est alors que je l’ai reconnu,
Surgissant du passé,
Il m’était revenu »

Dans Il était un piano noir …Mémoires interrompues, la chanteuse évoqua pour la première fois un épisode de son enfance douloureuse, persécutée par un père qui aurait abusé d’elle. Drôle d’oiseau ! Et allez comprendre comment L’aigle noir atteignit les cimes des hit-parades, les Français le fredonnant comme une ritournelle, entre Wight is Wight de Michel Delpech et L’Amérique de Joe Dassin !
Chapeau bas et merci Patricia de mettre votre jolie voix (et votre impeccable diction, précision non superflue) au service de Barbara. Votre spectacle « interactif audiovisuel » met en lumière avec beaucoup de respect, d’intelligence et de sensibilité, l’extraordinaire modernité de son répertoire. La libéralisation de la parole féminine, le harcèlement, la pédophilie, la solitude, la réconciliation entre peuples, l’amour sous toutes ses facettes et dans toutes ses dimensions, constituent plus que jamais des sujets d’actualité.

CHAPEAU-BAS-ET-MERCI-BARBARA-Patricia-damien

Chers lecteurs, si Patricia Damien vient rendre hommage à Barbara dans votre région, n’hésitez pas un instant. Je sais qu’elle se produira fin juillet dans la chapelle des Pénitents à Mèze, au bord de l’étang de Thau. Similarési, une petite cantate profane en un lieu sacré, j’en ai déjà le frisson ! Je ne serais pas surpris qu’en voisin, celui qui permit à Barbara de faire ses débuts à Bobino en première partie de son récital, « l’éternel estivant qui fait du pédalo sur la vague en rêvant/Qui passe sa mort en vacances », tende un peu l’oreille ce soir-là.

Chapeau bas et merci Barbara - Patricia Damien et le piano de Jean-Louis Beydon

mercredi 25 juilllet 2018 à 21h à la Chapelle des Pénitents blancs de Mèze (34-Hérault)

Publié dans:Coups de coeur |on 24 avril, 2018 |2 Commentaires »

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