Des Conquérants de l’Or: Jean Robic et José-Maria de Heredia

Chaque année, sans sacrifier à la tradition du canular du 1er avril, j’essaie cependant de vous offrir un billet empreint de fantaisie et de gaieté.
Précédemment, j’avais rendu hommage à deux chanteurs nés justement ce jour-là : l’un, Roger Riffard, trop méconnu voire quasiment oublié, qui eut la malchance de décéder le même jour que son ami Georges Brassens, l’autre, Marcel Amont, immense artiste de music-hall des années 1950-60 dont j’ai pu constater l’étonnante vitalité, malgré ses 88 printemps aujourd’hui, lors d’un concert télévisé de la tournée Âge tendre et tête de bois.
Cette année, j’ai choisi l’insolite, l’inattendu voire l’anachronique avec le réjouissant pari d’associer dans mon propos Jean Robic et José-Maria de Heredia.
Chers lecteurs qui vous intéressez de près ou de loin à la légende des cycles, vous avez entendu parler, au moins par vos aînés, de l’ancien champion cycliste breton Jean Robic.
Je vous estime trop pour vous faire injure que vous puissiez imaginer que le Heredia en question fût un de ces grimpeurs ailés colombiens ou espagnols qui s’envolent dans les cols du Tour de France. Remarquez que, la notion de hors sujet étant de moins en moins sanctionnée dans notre école déclinante, on pourrait trouver une fumeuse correspondance avec quelque rapace de la montagne :

« Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal… »

Ça y est, ça vous revient, vous apprîtes probablement au lycée ce sonnet sur la conquête de l’Amérique, peut-être même eûtes-vous à le commenter lors de l’épreuve de français du bac. Mon professeur de père, optimiste sur nos capacités, l’avait inscrit dans la liste des récitations en classe de troisième. Il insistait, lorsque nous devions le déclamer au tableau devant les camarades, sur la violence du premier vers assimilant les conquérants (c’est le titre du poème) à des oiseaux de proie avides de sang. Cela marqua d’autant plus mon esprit que, dans ma jeunesse, j’eus l’occasion de me recueillir avec mes parents, à plusieurs reprises, sur la tombe du poète dans le cimetière de Bonsecours, commune située sur les hauteurs de la ville de Rouen.

José-Maria de Heredia blog 1José-Maria de Heredia blog 2

Ma maman conservait la nostalgie des promenades sur la côte Sainte Catherine, le jeudi après-midi, du temps où elle était pensionnaire à l’École Normale d’institutrices de Rouen.
C’est aussi depuis cette colline que Claude Monet peignit sa magnifique Vue générale de Rouen où l’on devine surgissant de la brume lumineuse les flèches gothiques de la cathédrale et de l’église Saint Maclou.

Monet-Rouen

C’est encore non loin de là, sur le plateau, qu’Emma Bovary, dans la diligence qui l’amenait voir Léon chaque jeudi, découvrait le panorama de la ville aux cent clochers.
« Nous étions à l’étude, quand le proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent … » Á défaut de vous souvenir de l’incipit du roman, vous avez encore en mémoire pour l’avoir probablement étudiée comme modèle en littérature l’exceptionnelle description de Flaubert sur l’arrivée à Rouen :
« Puis d’un seul coup d’œil, la ville apparaissait.
Descendant tout en amphithéâtre et noyée dans le brouillard, elle s’élargissait au-delà des ponts, confusément. La pleine campagne remontait ensuite d’un mouvement monotone, jusqu’à toucher au loin la base indécise du ciel pâle. Ainsi vu d’en haut, le paysage tout entier avait l’air immobile comme une peinture ; les navires à l’ancre se tassaient dans un coin ; le fleuve arrondissait sa courbe au pied des collines vertes, et les îles, de forme oblongue, semblaient sur l’eau de grands poissons noirs arrêtés. Les cheminées des usines poussaient d’immenses panaches bruns qui s’envolaient par le bout. On entendait le ronflement des fonderies avec le carillon clair des églises qui se dressaient dans la brume. Les arbres des boulevards, sans feuilles, faisaient des broussailles violettes au milieu des maisons, et les toits tout reluisants de pluie, miroitaient inégalement, selon la hauteur des quartiers. Parfois, un coup de vent emportait les nuages vers la côte Sainte Catherine, comme des flots aériens, qui se brisaient en silence contre une falaise… »
Maupassant, envieux de Gustave, s’essaya au même exercice de style dans Bel-Ami, depuis les hauteurs de Canteleu, de l’autre côté du port.
Ce serait dommage de ne pas s’approcher du monument, jouxtant le cimetière, dédié à Jeanne d’Arc. La prisonnière y est sculptée en pied, en armure, les mains jointes et les poignets liés. Sur la coupole qui l’abrite, sont inscrites les villes qui ont jalonné la vie de l’héroïne : Domrémy, Orléans, Paris, Compiègne et Rouen. Quatre moutons veillent paisiblement sur la bergère tout en profitant du superbe point de vue sur la Seine.

Bonsecours Jeanne d'Arc blog 1Bonsecours Jeanne d'Arc blog 4Bonsecours Jeanne d'Arc blog 2Bonsecours Jeanne d'Arc blog 3

José-Maria de Heredia dont un lointain ancêtre avait été le compagnon de Cortès, naquit en 1842, près de Santiago de Cuba, d’une mère normande et d’un père cubain propriétaire d’une plantation de café. Envoyé en France à l’âge de neuf ans pour poursuivre ses études chez les prêtres du collège Saint-Vincent de Senlis, il obtint brillamment son baccalauréat en 1859 manifestant un fort intérêt pour l’œuvre de Leconte de Lisle. Après un bref retour d’un an à La Havane, il s’installa définitivement en France où il suivit en qualité d’étudiant étranger les cours de l’École des Chartes de Paris.
Ses études favorisèrent une culture historique et un goût de l’érudition. Dès 1861, il se mit à composer des poèmes très influencés par la toute récente école parnassienne que j’évoquerai plus loin. Il regroupa toute sa production poétique dans un unique recueil Les Trophées publié en 1893.

José-Mara de heredia Luxembourg blog

Naturalisé français en 1893, il fut élu à l’Académie française l’année suivante. Il composa aussi le Salut à l’Empereur à l’occasion du voyage des souverains russes à Paris en 1896 et de l’inauguration du pont Alexandre III.

« Très illustre Empereur, fils d’Alexandre Trois !
La France, pour fêter ta grande bienvenue,
Dans la langue des Dieux par ma voix te salue,
Car le poète seul peut tutoyer les rois.

Et Vous, qui près de Lui, Madame, à cette fête
Pouviez seule donner la suprême beauté,
Souffrez que je salue en Votre Majesté
La divine douceur dont votre grâce est faite.

Voici Paris ! Pour vous les acclamations
Montent de la cité riante et pavoisée
Qui, partout, aux palais comme à l’humble croisse,
Unit les trois couleurs de nos deux nations.

Pour vous, Paris en fête, au long du large fleuve
Qui roule dans ses flots les sons et les couleurs,
Gigantesque bouquet de flammes et de fleurs,
Met aux arbres d’automne une floraison neuve.

Et sur le ciel au loin, ce Dôme éblouissant
Garde encore des héros de l’époque lointaine
Où Russes et Français en un tournoi sans haine,
Prévoyant l’avenir, mêlaient déjà leur sang.

Sous ses peupliers d’or, la Seine aux belles rives
Vous porte la rumeur de son peuple joyeux ;
Nobles hôtes, vers vous les cœurs suivent les yeux.
La France vous salue avec ses forces vives !... »

Décédé en 1905, José-Maria de Heredia repose donc auprès de sa mère dans le caveau familial à Bonsecours. Sur la pierre, figure l’épitaphe de sa propre plume : « Mon âme vagabonde à travers le feuillage, Frémira … »
En quelques minutes, on peut rejoindre à pied l’ancienne route nationale menant de Rouen à Paris. Vous savez maintenant qu’il faut grimper pour se hisser sur le plateau et au sommet de la côte de Bonsecours, a été élevé un monument commémorant l’exploit du cycliste Jean Robic lors de la dernière étape du Tour de France 1947.

Robic Bonsecours blogRobic Bonsecours blog 2

Les journalistes sportifs de mon enfance possédaient un belle plume. Ainsi, le talentueux Albert Baker d’Isy écrivait alors avec justesse : « Si Robic n’avait pas existé, il eût fallu l’inventer. Né de l’imagination d’un enfant, il aurait servi de personnage pittoresque à Perrault mais il aurait pu aussi bien surgir d’une comédie de Molière que d’une chanson de geste. Robic existe bel et bien en os, en chair (un peu) et en « tête de cuir » ».
Je ne pus le guetter en haut de la côte, et pour cause, étant venu au monde cinq mois auparavant ! Mais il dut passer dans mon enfance un certain nombre de fois devant moi, perdu dans l’anonymat du peloton. Je l’ai connu essentiellement à travers les commentaires de mon père et mes lectures des magazines spécialisés aux couleurs sépia ou verte qu’il conservait.
Selon Pierre Chany, « avec son visage tavelé comme une pomme acide, ses oreilles d’éléphanteau, son petit corps noueux et musclé, ce breton disgracieux mais solide ne pouvait échapper au manichéisme qui réclame impérativement des bons et des mauvais. Il serait donc le mauvais face à Louison Bobet, le premier de la classe. »

Robic blog Fatalitas


Robic blog avec Bobet et Anquetil

Le gamin que j’étais ne pouvait être que vexé et meurtri lorsque, pédalant dans la campagne brayonne sur son petit vélo vert, il recevait comme encouragement des quidams sur le bord de la route, des … Allez Robic ! Moi qui me pâmais déjà devant l’esthétisme de mon idole naissante Jacques Anquetil chevauchant son drakkar vert Helyett, j’étais, sans le savoir, un drôle de Parnassien dans l’âme.
Le champion normand au faite de sa gloire vécut dans sa gentilhommière de Saint-Adrien puis dans son manoir de La Neuville-Champ d’Oisel, à quelques hectomètres de Bonsecours. Qui sait si Heredia avait pu fréquenter Anquetil multiple conquérant de la toison d’or, n’aurait-il pas été inspiré par son champion de voisin ? Le Tour de France ayant été créé en 1903, il ne connut que Maurice Garin et Hippolyte Aucouturier, des coursiers aux moustaches en forme de guidon de vélo et aux tenues de Frères Jacques.
Á défaut, avec son sonnet Le coureur, le poète donne brillamment l’illusion de la vie en observant la beauté du mouvement dans la représentation en bronze d’un athlète.

« Tel que Delphes l’a vu quand, Thymos le suivant,
Il volait par le stade aux clameurs de la foule,
Tel Ladas court encor sur le socle qu’il foule
D’un pied de bronze, svelte et plus vif que le vent.

Le bras tendu, l’œil fixe et le torse en avant,
Une sueur d’airain à son front perle et coule ;
On dirait que l’athlète a jailli hors du moule,
Tandis que le sculpteur le fondait, tout vivant.

Il palpite, il frémit d’espérance et de fièvre,
Son front halète, l’air qu’il fend manque à sa lèvre
Et l’effort fait jaillir ses muscles de métal ;

L’irrésistible élan de la course l’entraîne
Et, passant par dessus son propre piédestal,
Vers la palme et le but il va fuir dans l’arène. »

Référence éminemment parnassienne, il s’agit d’une évocation de la Grèce ancienne à travers des Jeux célébrés à Delphes en l’honneur d’Apollon.
Le Parnasse qui a donc donné son nom à un mouvement de poètes est à l’origine un massif montagneux de Grèce, consacré dans la mythologie à Apollon et considéré comme la montagne des Muses, lieu sacré des poètes.
Heredia était un maître au sens des Compagnons du Tour de France. « Avec lui, on apprend les tours de main du dur métier de poète. Dans son atelier, l’apprenti apprend à lentement polir les vers, à les souffler cent fois et à fabriquer des chefs-d’œuvre ».
Il est d’autres compagnons du Tour de France (l’expression vient du regretté Maurice Vidal remarquable rédacteur en chef du Miroir du Cyclisme ndlr) qui prenaient du bon temps sous la plume de Jacques Augendre, autre grand journaliste sportif :
« La scène se déroulait « Chez Guy Lapébie », un bar branché qui constituait le rendez-vous traditionnel des compagnons du Tour au soir des étapes bordelaises. Le journaliste (André Herné reporter au Télégramme de Brest) et le gendarme avait abordé certains sujets délicats. Le ton montait au fur et à mesure que la barmaid -gironde évidemment- remplissait les verres. Au troisième whisky, le capitaine s’emporta brusquement :
– Taisez-vous, André Herné ! Vous êtes breton, vous êtes coriace. Mais moi, je suis ardennais et, si vous ne le savez pas, je vais vous l’apprendre. Il faut au moins trois Bretons pour faire le poids contre un Ardennais. Je vous conseille par conséquent de ne pas m’échauffer les oreilles … »
C’est alors que Blondin entra en scène :
– Vous êtes ardennais, capitaine ? Vous m’en voyez ravi. Nous sommes un peu de la même famille. J’ai une cousine ardennaise, sans doute la connaissez-vous ?
– C’est possible. Comment s’appelle-t-elle ?
– Elizabeth … Elizabeth Arden.
– Oui, je dois la connaître. En tout cas, ce nom me dit quelque chose » répondit le gendarme, tandis qu’André Herné pouffait de rire.
On venait d’éviter le clash. Grâce à l’intervention d’Antoine qui transforma l’essai avec brio :
« Je propose de lever notre verre à l’entente cordiale de la Bretagne et des Ardennes. Ce sont deux terres d’histoire et de cyclisme. Jean Robic, qui eut la bonne idée de remporter le premier Tour de France d’après-guerre, en 1947, fut le symbole de cette alliance. Ce breton pur race était né à Condé-les-Vouziers. »
Pour le plaisir, il en rajouta une couche : « J’aime la Bretagne et j’aime les Ardennes. De nombreux Parisiens passent le dimanche à Deauville ou au Touquet. Moi, mon week-end préféré, c’est le week-end ardennais (à cette époque, les deux prestigieuses classiques Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège se déroulaient consécutivement le samedi et le dimanche ndlr). L’an prochain, nous ferons étape à Spa. J’ai déjà hâte de m’y trouver. »
Et feignant de partir, il ajouta : « D’ailleurs, j’y vais de c’pas. »

Robic blog Week-end Ardennais

Sacré Antoine Blondin !
Robic de Radenac, petit village du Morbihan, était effectivement né dans les Ardennes par les hasards de la vie, son père ayant posé son sac, au sortir de la guerre 14-18, à quelques kilomètres de Charleville, lorsque la France réclama des bras solides pour aider à la reconstruction des régions libérées, l’Alsace et la Lorraine. D’une mauvaise foi proche de la paranoïa, pourquoi fallait-il alors qu’il considérât son grand rival Louison Bobet comme un « Breton de l’extérieur » parce que né en Ille-et-Vilaine. Comme plus tard, entre Anquetiliens et Poulidoristes, la France sportive se divisa entre partisans de Bobet et de Robic. Hargneux, têtu et râleur autant que Poulidor était placide et bonasse, mais aussi accrocheur et plein de panache, Robic entra dans la légende.
On l’affubla de nombreux sobriquets : Biquet (de Robiquet, petit Robic, à cause de ses 161 centimètres de taille), Tête de cuir en raison du casque dont il ne se séparait que rarement. La légende rapporte que pour prouver à Raphaël Géminiani l’utilité de son couvre-chef, il alla chercher un marteau dans son atelier et s’en asséna un grand coup sur le crâne. La démonstration semblait concluante … lorsque quelques minutes plus tard, Robic vacilla et un filet de sang commença à s’écouler !
On le surnomma aussi Trompe-la-mort ou Fatalitas : courageux en diable, (trop) intrépide, maladroit peut-être aussi, il collectionna les chutes et les fractures tout au long de sa carrière. Le caricaturiste Pellos croqua merveilleusement son chemin de croix sous l’œil sardonique de l’homme au marteau et de la sorcière aux dents vertes, deux ennemis mythiques des coureurs en proie à la malchance et aux défaillances.

Robic blog Pellos les fractures

Robic blog Tour 52 drame de RobicRobic blog Tour 53 chute BéziersRobic blog Tour 53 chute page gaucheRobic blog Tour 53 chute page droite

Selon leur précurseur Théophile Gautier, les Parnassiens ne recherchaient que le beau et rejetaient l’engagement pris par les écrivains romantiques de l’allier à l’utile. S’opposant à leur lyrisme, leur subjectivité et leur recours surabondant au moi, ils favorisaient la distance et l’objectivité. « Tout ce qui est utile est laid » !Pédalez Robic, il n’y a rien à voir ! Pas si simple car tout affreux qu’il fût, Robic se frotta avec panache, en plein âge d’or du cyclisme, à d’immenses champions comme les italiens Coppi, Bartali et Magni, les suisses Koblet et Kubler, les belges Ockers et Van Steenbergen et bien sûr Bobet.

Robic blog Couverture Histoire du Tour 1952Robic blog Tour avec Coppi équipe de FranceRobic blog Tour 1950  avec BartaliRobic blog Tour 1950  avec Bobet

Je m’imagine, le 20 juillet 1947, dans mon landau en haut de la côte de Bonsecours. Uniquement préoccupé par le prochain biberon de ma maman, je n’ai certes rien à faire de l’effervescence autour de moi. Mais on me l’a tellement racontée que je peux vous parler de cette ultime étape du Tour de France.
Après huit ans d’interruption pour cause de seconde guerre mondiale, la grande boucle renaît et va tenter de tourner rond. Elle est désormais organisée par le quotidien L’Équipe qui succède au journal fondateur de l’épreuve L’Auto interdit pour faits de collaboration. Les stigmates de la guerre sont encore visibles. De nombreuses denrées sont encore contingentées et l’organisation doit réaliser des prodiges pour résoudre les problèmes de ravitaillement et d’hébergement. Le président du conseil Paul Ramadier déclare à la Chambre des députés : « Faites des restrictions d’essence sur ce que vous voudrez sauf pour le Tour de France. C’est le moyen d’être tranquille un mois dans l’année ». Un camion-citerne d’essence va suivre la caravane pour pallier une grève des pompistes.

Robic blog Tour 1947 caniculeRobic blog il mange de la langousteRobic blog Tour 1950 étape Lyon-Dijon sortie hôtel

Le pays en liesse tente de retrouver un peu de joie de vivre. La canicule s’invite cet été là.
Á défaut de Parnasse, quelques jours avant le départ, Jean Robic épouse la fille du patron du Rendez-vous des Bretons, une brasserie du quartier Montparnasse à Paris. Il lui promet : « Je n’ai pas de dot à t’offrir car je suis un pauvre, mais dans un mois, nous serons riches. Je te rapporterai le premier prix du Tour de France : 500.000 francs (76.000 euros) qui changeront notre vie. »
Vietto, le « roi René », qui avait dû se sacrifier en 1934 pour Antonin Magne, « Tonin le Sage », est le favori. Robic, lui, est sélectionné dans l’équipe régionale de l’Ouest.
En ce temps-là, les péripéties de la course n’étaient pas soumises aux impératifs médiatiques, la télévision n’existant pas. Chaque étape apportait son lot de rebondissements, d’attaques et de défaillances.
Quelques années plus tard, après que la méthode syllabique m’eût permis de savoir lire, je me plongeai dans les récits de ce Tour de légende en feuilletant les collections de Miroir-Sprint et But&Club que mon père entreposait dans le grenier familial.
On ne guérit pas de son enfance, très récemment, lors de la tournée d’étrennes du facteur et la distribution des calendriers, j’ai préféré aux sempiternels ravissants chatons, cette sublime photographie « vieille France » de la chevauchée alpestre de Robic entre Lyon et Grenoble.

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Les jours se suivirent et ne se ressemblèrent pas, le lendemain Robic concéda un retard d’un quart d’heure. Mais quelques jours plus tard, on assista lors de l’étape pyrénéenne Luchon-Pau à un autre grand fait d’armes du Breton. L’écrivain Christian Laborde, frère de race mentale de Claude Nougaro, y consacre un tableau dans ses Vélocifèrations :
Les coureurs ont déjà franchi les cols de Peyresourde et d’Aspin.
« Dans le Tourmalet, le soleil cogne, et dans le Tourmalet, y a des vaches.
Les vaches dans les plaines, elles regardent passer les trains. Les vaches dans le Tourmalet, elles regardent passer Robic.
Dans le Tourmalet, y a des vaches et des mémés. Des mémés avec des chapeaux de paille, un mouchoir sur la nuque. Des mémés qui fanent. « E a dalhar ». Et Robic avec son casque à boudins, avec ses lorgnons, avec son mouchoir sur la nuque, il est comme une mémé.
Et les mémés, elles interrogent Robic (en gascon, ndlr) :
-E on t’en vas, beròi
-Que m’en voi entà Pau.
-Entà Pau : mes n’ès pas arrivat, praubòt.
-Que m’en foti, que m’en foti, pr’amor que soi Robic !
Tout seul dans le Tourmalet, et tout seul dans l’Aubisque.
Et voici Robic aux Eaux-Bonnes.
Et voici Robic à Laruns.
Et voici Robic à l’entrée de Pau.
Et voici Robic avenue du 14 juillet.
Et Robic franchit la ligne d’arrivée.
Et Robic remporte Luchon-Pau avec une avance de 10 minutes et 58 secondes sur la bande à Vietto. Robic gagne Luchon-Pau et le Tour de France. Sur son vélo Génial-Lucifer : « La Salsa du démon… » »

http://www.ina.fr/video/I16160091

Robic Pyrénées

L’enthousiaste écrivain pyrénéen s’emporte peut-être un peu. Robic est encore à plus de huit minutes du Roi René Vietto et personne ne peut entrevoir comment Biquet pourrait l’emporter au Parc des Princes, d’autant qu’il reste encore une étape contre la montre de 139 kilomètres, certes sur ses terres bretonnes entre Vannes et Saint-Brieuc, mais qui est loin d’être son exercice de prédilection.
Robic, qui a rempli son bidon à ras bord de deux tiers d’orge grillé et un tiers de calvados à 60 degrés (!), est porté par ses compatriotes en délire.
Premier miracle : la canicule règne en Bretagne et le favori, le maillot jaune Vietto, les tripes vidées à cause d’un bidon de cidre brut trop frais, s’effondre complètement.
Pierre Brambilla, fils d’immigré italien, s’empare du paletot bouton d’or et Robic apparaît à la troisième place du classement général à près de 3 minutes. Tout le monde s’accorde cependant pour dire que la course est définitivement jouée à deux jours de l’arrivée à Paris … sauf Robic !
C’est alors que se produit le miracle de Bonsecours. Biquet Tête de cuir n’a pas abdiqué et dans la côte, à la sortie de Rouen, il multiplie les démarrages et le maillot jaune Brambilla finit par capituler. Il reste à parcourir 110 kilomètres avant d’atteindre le Parc, et … une « affaire de gros sous » à traiter. Son compagnon d’échappée Édouard Fachleitner alias le « berger de Manosque », cinquième au classement général et membre de l’équipe de France, négocie sa collaboration : « Tu me donnes 100 000 francs et je roule pour toi ». Le marché est conclu aux alentours de Pontoise.

Robic  dans le Vexinc3d62

Pour les derniers kilomètres, je donne l’antenne au populaire reporter Georges Briquet qui assure là le premier duplex radio en direct sur le Tour de France.

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Dans la liesse générale, Jean Robic gagne le premier Tour de France d’après-guerre sans avoir porté le maillot jaune une seule étape.
Le conquérant de la toison d’or d’extrême justesse, fervent croyant comme tout bon breton de l’époque, fit don de son trophée à la basilique Sainte Anne d’Auray en Bretagne et déposa un ex-voto à Notre-Dame de Bonsecours. Le malheureux Pierre Brambilla, complètement dégoûté, enterra son vélo dans son jardin. Si ce n’est pas de l’épopée, ce récit !
S’ils dénoncent la dramaturgie de Gérard de Nerval et Victor Hugo, les Parnassiens ne dédaignent cependant pas le registre épique pour mettre en valeur le rêve et la légende.
Dans un poème fleuve, José-Maria de Heredia évoque Les Conquérants de l’Or partis à la découverte de nouvelles terres et de riches trophées :

« … Pizarre se dressa
Et lui dit: Que c’était chose qui scandalise
Que d’ainsi rejeter du giron de l’Église,
Pour quelques onces d’or, autant d’infortunés,
Qui, dans l’idolâtrie et l’ignorance nés,
Ne demandaient, voués au céleste anathème,
Qu’à laver leurs péchés dans l’eau du saint baptême.
Ensuite il lui peignit en termes éloquents
La Cordillère énorme avec ses vieux volcans
D’où le feu souverain, qui fait trembler la terre
Et fondre le métal au creuset du cratère,
Précipite le flux brûlant des laves d’or
Que garde l’oiseau Rock qu’ils ont nommé condor.
Il lui dit la nature enrichissant la fable;
D’innombrables torrents qui roulent dans leur sable
Des pierres d’émeraude en guise de galets;
La chicha fermentant aux celliers des palais
Dans des vases d’or pur pareils aux vastes jarres
Où l’on conserve l’huile au fond des Alpujarres;
Les temples du Soleil couvrant tout le pays,
Revêtus d’or, bordés de leurs champs de maïs
Dont les épis sont d’or aussi bien que la tige
Et que broutent, miracle à donner le vertige
Et fait pour rendre même un Empereur pensif,
Des moutons d’or avec leurs bergers d’or massif… »

Et plus loin … :

« Ainsi précipitant leur rapide descente
Par cette route étroite, encaissée et glissante,
Depuis longtemps, suivant leur chef, et, sans broncher,
Faisant rouler sous eux le sable et le rocher,
Les hardis cavaliers couraient dans les ténèbres
Des défilés en pente et des gorges funèbres
Qu’éclairait par en haut un jour terne et douteux
Lorsque, subitement, s’effondrant devant eux,
La montagne s’ouvrit sur le ciel comme une arche
Gigantesque, et, surpris au milieu de leur marche
Et comme s’ils sortaient d’une noire prison,
Dans leurs yeux aveuglés l’espace, l’horizon,
L’immensité du vide et la grandeur du gouffre
Se mêlèrent, abîme éblouissant. Le soufre,
L’eau bouillante, la lave et les feux souterrains,
Soulevant son échine et crevassant ses reins,
Avaient ouvert, après des siècles de bataille,
Au flanc du mont obscur cette splendide entaille.
Et, la terre manquant sous eux, les Conquérants
Sur la corniche étroite ayant serré leurs rangs,
Chevaux et cavaliers brusquement firent halte.
Les Andes étageaient leurs gradins de basalte,
De porphyre, de grès, d’ardoise et de granit,
Jusqu’à l’ultime assise où le roc qui finit
Sous le linceul neigeux n’apparaît que par place.
Plus haut, l’âpre forêt des aiguilles de glace
Fait vibrer le ciel bleu par son scintillement
On dirait d’un terrible et clair fourmillement
De guerriers cuirassés d’argent, vêtus d’hermine,
Qui campent aux confins du monde, et que domine
De loin en loin, colosse incandescent et noir,
Un volcan qui, dressé dans la splendeur du soir,
Hausse, porte-étendard de l’hivernal cortège,
Sa bannière de feu sur un peuple de neige… »

On retrouve le souffle de la séquence d’ouverture d’Aguirre et la colère de Dieu, le puissant film de Werner Herzog.
Jean Robic ne renouvela jamais son succès. Il anima souvent le Tour par quelques exploits et aussi des faits de malchance.
Au printemps dernier, à l’occasion de mon passage à Castellania, le village où repose le campionissimo Fausto Coppi, j’eus l’occasion de manifester ma fibre patriotique, face à un tifoso néanmoins fort sympathique, en lui rappelant l’ascension victorieuse de Robic dans le mont Ventoux lors du Tour 1952.

Robic blog Tour 1952 Ventoux 1

L’irréductible breton porta le maillot jaune une seule fois en course à la suite d’une nouvelle chevauchée pyrénéenne entre Cauterets et Luchon durant le Tour 1953.

Robic blog Tour 53 Robic va prendre le maillot jaune

Mais, cette année-là, c’est surtout son invention du bidon de plomb qui entra dans l’histoire. Pour s’alourdir dans les descentes de cols, il trouva le subterfuge avec le concours d’un forgeron de remplir complètement de plomb liquide un bidon en duralumin.
Son directeur sportif l’attendait au sommet du col pour, simulant un incident mécanique, effectuer la secrète opération. Le codirecteur de la course, le journaliste Félix Lévitan, n’y vit que du feu et écrivit dans sa chronique :
« Le bonhomme est tombé dans le premier lacet tout noyé de brume, et il a perdu dans la dégringolade un bidon de nourriture liquide écrasé par une voiture suiveuse. Il a laissé également, dans cette cabriole, un peu de son audace. Il en est sorti les genoux couronnés, mais c’était là le moindre de ses soucis, ce qui comptait par –dessus tout, c’était son bidon. Il en pleurait, tandis qu’on le remettait en selle : « Mon bidon … Mon bidon … »
Voilà comment s’écrit la légende des cycles et comment, entre Cauterets et Luchon, le vil plomb se transforma en or.
Jean Robic tira sa révérence lors du Tour 1959. Son meilleur ennemi Louison Bobet, lors de la même édition, eut la fierté d’abandonner sur le toit du Tour, au sommet du col de l’Iseran. Biquet sortit par la petite porte en arrivant à Saint-Gaudens hors des délais. Antoine Blondin lui rendit un bel hommage :
« Ses 38 ans, son visage boucané, sa calvitie, sa petite taille, sont désormais aux antipodes de l’image qu’on se fait d’un coureur. Le dernier mot n’appartient plus désormais aux Quasimodos argileux, ni aux farfadets branchés sur les sciences occultes, mais aux athlètes bien tempérés, cajolés comme des cantatrices par leurs soigneurs et par leurs équipiers. Cette maquette de cavalier seul à quoi se réduit Robic est déjà justifiable du musée – et pourtant, il n’a jamais cessé d’être dans la course, pas la plus grande sans doute, mais celle que mène la Légion étrangère des cinquantièmes ex-aequo dont il est le porte-étendard teigneux, digne d’un meilleur sort.
Or Robic, dont la condition humaine fut toujours marquée par des accidents extraordinaires et qui porte le mot flamboyant de fatalitas, tatoué dans le subconscient, a été, aujourd’hui, le héros d’une péripétie qui a dû l’arrêter définitivement dans le sentiment que cette planète n’est pas faite pour lui. Après avoir rencontré, au long de son existence, des arbres, des rochers, des concurrents et même des photographes, ayant télescopé sa douloureuse carcasse contre tout ce que la nature et le caprice des hommes dressent sur la route d’un coureur cycliste, il s’est mesuré, cet après-midi, à un train de marchandises, étonnante épreuve de force où le fluide quasi mystique qui l’alimente, sa hargne superbe, faillirent obtenir raison.
Nous quittions précisément les Pyrénées duveteuses qui furent le fief de Robic et abordions les vallonnements du Comminges qui en sont l’antichambre. Notre homme pouvait à bon droit se sentir encore chez lui et se donner des airs de raccompagner quelques amis jusqu’à la porte. Ils étaient une vingtaine et lui qui marchait en serre-file, comme une souris accouchée par la montagne. D’autres pelotons les précédaient, que nous aurions pu accompagner, mais celui-ci possédait un cachet particulier à base de nostalgie et de réminiscence. Nous avions bien l’impression que Robic, dont le visage en course est celui d’une Mater Dolorosa qui aurait séjourné chez les Jivaros, si tant est qu’une tête réduite puisse être en même temps une tête enflée, était abîmé dans une méditation sur les splendeurs anciennes. Peut-être fut-ce là ce qui le perdit.
Le passage à niveau d’Antignac (on dirait un titre de Pierre Benoit) ne rejoindra pas la forge de Sainte-Marie-de-Campan chère à Christophe dans la topographie légendaire du Tour. Il fut néanmoins le lieu d’un spectacle délirant. Un tronçon de la caravane, bloqué par les barrières fermées, provoqua spontanément le méli-vélos habituel. Le train arrivait, Jacques Goddet fit les gros yeux et le train s’immobilisa comme le taureau dominé par le matador. Las ! Un garde-barrière sourd remit tout en question en soufflant dans une petite trompette. Le train s’ébranla. Les compagnons de Robic, se bousculant au portillon, parvinrent à traverser la voie devant les roues de la locomotive. Robic, tiré par le maillot, relégué au fin bout de la queue par une hargne de commères au seuil d’une crémerie, ceinturé par les officiels, fut le seul à regarder passer le train des autres sans pouvoir suivre le train des siens. L’écume et l’injure aux lèvres, pitoyable et grandiose comme l’individu qui se débat sous l’emprise de la camisole de force, il perdit quatre minutes, un Sahara dans le temps à l’échelle de la course, et se retrouva seul.
Ah ! l’admirable moment de délectation morose. Je ne jurerais pas qu’il n’y avait alors chez Robic une grande satisfaction d’avoir vu s’abattre sur soi cet ultime contre-coup. Se dandinant avec un mépris souverain, l’œil basculant par intermittences pour scruter plus profondément l’abîme intérieur qu’il portait en lui. Il avait l’air d’un post-scriptum ajouté par le destin aux paragraphes qui articulaient la course.
Puis, soudain, il se redressa et commença à parler : « Si je n’avais pas celui-ci (il désignait son poignet bandé, son plâtre des montagnes), il y en aurait pas mal qui l’auraient pris dans la tronche … en tout cas, je vous jure qu’il n’y en aura pas un autre … »
Il s’agissait, cette fois, du Tour de France. Robic mâcha cette manière d’adieu entre ses mâchoires crispées et, dans un mouvement rageur du buste, se tourna vers les Pyrénées qu’il ne traversera sans doute plus à bicyclette et nous pûmes déchiffrer la détresse non feinte d’un fils qui ne retournera jamais chez sa mère.
On lui a attribué, ce soir, la prime de la malchance qui s’assortit d’un billet de la Loterie nationale : là aussi, la roue tourne. »

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Pauvre Biquet, je l’aperçus, quelques années plus tard, distinctement cette fois, dans un col vosgien, échappé du peloton, au sein de la caravane, pédalant en solitaire pour promouvoir les machines à laver Hoover. Ses affaires ne furent pas florissantes dans la brasserie qu’il avait ouverte sur le pavé du Montparnasse. Un temps, il monnaya son dernier zeste de popularité en montant sur les rings comme arbitre de catch.
Sa vie s’acheva un tout petit matin d’octobre 1980. Au retour d’un banquet trop arrosé d’anciennes gloires cyclistes à Germigny-l’Évêque (Seine-et-Marne), son automobile s’encastra dans un camion arrêté au bord de la chaussée.
L’excellent écrivain niçois Louis Nucera, amoureux du vélo (il décéda accidentellement renversé par un chauffard) et du Roi René, troussa quelques lignes émouvantes :
« Affronté à la vie avec des trésors de bravoure, ne doutant jamais du triomphe du plus fort en l’occurrence lui, jouant de sa présomption avec un indéniable brio, Robic était entré dans la légende un jour de juillet 1947 dans la côte dite de Bonsecours. Quelques heures plus tard, il gagnait le premier Tour de France de l’après-guerre. Se targuerait-on d’insensibilité, les défenses s’écroulent face à semblable prouesse. Toutes fanfaronnades énoncées on n’en est pas moins homme. Les contrées de Rodomont se dépeuplent parfois…
Biquet avait ce rarissime courage de se battre en toute circonstance pour essayer de dominer son destin. C’était un héros digne d’Hemingway : « une de ces bonnes têtes solides, pour reprendre l’expression d’un confrère littéraire, où ne tient qu’une idée à la fois, mais d’autant plus fixe ».
Là-haut, à Bonsecours, pour tuer le temps de leur éternité, José-Maria de Heredia déclame parfois devant Jean Robic, un autre Soir de bataille :

« Le choc avait été très rude. Les tribuns
Et les centurions, ralliant les cohortes,
Humaient encor, dans l’air où vibraient leurs voix fortes,
La chaleur du carnage et ses âcres parfums.
D’un œil morne, comptant leurs compagnons défunts,
Les soldats regardaient, comme des feuilles mortes,
Tourbillonner au loin les archers des Phraortes,
Et la sueur coulait de leurs visages bruns.
C’est alors qu’apparut, tout hérissé de flèches,
Rouge du flux vermeil de ses blessures fraîches,
Sous la pourpre flottante et l’airain rutilant,
Au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare,
Superbe, maîtrisant son cheval qui s’effare,
Sur le ciel enflammé, l’Imperator sanglant. »

Robic, qui ne manque toujours pas de répartie, lui répond que vers la fin de sa carrière, il connut personnellement un Rik Imperator, un certain Rik Van Looy empereur d’Herentals !
Et ne doutant toujours pas du triomphe du plus fort, en l’occurrence lui (!), il ose lui montrer parfois son trophée de champion du monde de cyclo-cross qu’il acquit en courant tel Ladas, qui plus est, dans les labours, un vélo sur l’épaule.

Robic blog Champion du monde cyclo-cross

Publié dans : Ma Douce France |le 1 avril, 2017 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 3 avril, 2017 à 20:13 jp77 écrit:

    C’est toujours un plaisir de vous lire… Merci.

    Répondre

  2. le 4 avril, 2017 à 10:07 Dominique Jourdain écrit:

    ”Le temps passe. Tout meurt. Le marbre même s’use.”
    Pas vraiment, après tout, si on se laisse avec bonheur transporter au gré des pleins et des déliés de l’encre violette.

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