C’est l’ Printemps 2015 ! Et alors ?

Chaque année (ou presque), je célèbre avec vous la venue du printemps, la saison dite du renouveau.
Il peut s’agir bien sûr du printemps météorologique avec la nature qui renait.
Mais il fut d’autres printemps politiquement porteurs d’espoirs pour des peuples opprimés. Ainsi, le Printemps des peuples qui naquit (précocement) le 22 février 1848 lorsqu’éclata à Paris la Révolution renversant la monarchie constitutionnelle de Louis-Philippe. Le 24 février, le poète Lamartine proclamait la Seconde République.
Face à la contagion révolutionnaire, les monarques concédèrent des Constitutions à Budapest (face au militant indépendantiste Kossuth), à Vienne (fuite du prince de Metternich), Berlin, Munich (abdication de Louis 1er de Bavière), en Italie aussi, se rappelle-t-on de la République de Saint-Marc à Venise ?
Il y eut le Printemps de Prague en 1968 avec l’arrivée au pouvoir du réformateur Alexander Dubček pour un « socialisme à visage humain ». Jean Ferrat dénonça l’invasion russe qui s’en suivit :

« …C’est un nom terrible Camarade
C’est un nom terrible à dire
Quand, le temps d’une mascarade
Il ne fait plus que frémir
Que venez-vous faire Camarade
Que venez-vous faire ici
Ce fut à cinq heures dans Prague
Que le mois d’août s’obscurcit
Camarade Camarade … »

Un ensemble de mouvements populaires a constitué le Printemps arabe à partir de décembre 2010. Qu’en est-il de ces espoirs aujourd’hui ? On détruit des œuvres d’art au musée de Mossoul et dans la cité historique irakienne de Nimroud, on abat ceux qui les admirent au musée Bardo de Tunis.
« Le printemps ça s’invente et ça se fout en taule » chantait Léo Ferré. Il oublie ce vers dans cette interprétation en public du Printemps des Poètes :

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« J’ai vécu des printemps fabuleux en hiver
Pendant que le vulgaire était tout emmouflé
Je soufflais sur mes mains à son cul à son nez
V’là-t’y pas qu’ses bourgeons sortaient m’en jouer un air
Le printemps ça s’invente et ça se fout en taule
Le printemps c’est ma mine avec ses airs de chien
Qui vient tout ébahie me montrer tout son bien
Le temps de déposer mon arme de l’épaule
Et oui c’est ça monsieur le printemps des poètes
Tout juste un peu d’hiver pour rompre les façons
Un quart d’été un quart d’automne et des chansons
Et s’il fait encor frais on se met la casquette
On va faire des pique-niques du côté des ballots
On va se mettre au vert en croyant aux histoires
Et l’on se sent mourir au bord d’une guitare
Quand la mort espagnole envoie son flamenco
Ce qu’il faut de désirs aux heures de l’ennui
Et ce qu’il faut mentir pour que mentent les choses
Ce qu’il faut inventer pour que meurent les roses
L’espace d’un matin l’espace d’une nuit
Jamais ne vient l’avril dans le fond de mon cœur
Cet éternel hiver qui bat comme une caisse
Qu’on clouerait sans répit depuis que ma jeunesse
A décidé d’aller se faire teindre ailleurs »

L’ami Léo chanta le printemps de manière plus classique quoique très poétique : « Y’a la mer qui s’prend pour Monet ou pour Gauguin ou pour Manet » :

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« … Y a d’la luzerne au fond des lits
Et puis l’faucheur qui lui sourit … »

Avec la même veine anarcho-poétique, les dessinateurs de Charlie-Hebdo tentent, après leur tragique hiver, de trouver une raison de sourire à la venue du printemps.

Printemps Charlie blog3

Allez, pour conclure, ressuscitons un bon vieux printemps des années 1950 avec l’impertinence d’Anne Sylvestre. Je sais que cela rappellera des souvenirs au moins à une de mes lectrices.

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« Heureus’ment y a les enfants
Pour embellir le printemps
S’il y avait pas les enfants
Qu’est-ce que ça s’rait dégoûtant »

Publié dans : Almanach |le 20 mars, 2015 |Pas de Commentaires »

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