Vl’à le printemps qui s’amène … avec Roger Riffard

Printempsblog

C’est, aujourd’hui, le printemps ! Et pour fêter son arrivée, je vous en offre un made in France, vintage même, vieille France, ça fait plus authentique, sorti de la fin des années 1950, sous forme d’une petite chanson « rustique, tendre et printanière ». Ainsi, son auteur Roger Riffard la présentait parfois au public.
Je vous parlerai de lui très longuement dans mon prochain billet, c’est promis.
Pour l’instant, plantons le décor, principalement pour les lecteurs de province. La Vache Noire est le nom d’un carrefour situé sur l’ancienne route nationale 20, en bordure des communes d’Arcueil, Montrouge et Bagneux, au sud de Paris.

La Vache noire

Diverses interprétations, plus ou moins fantaisistes, sont avancées pour en expliquer l’origine. La plus plausible viendrait d’une auberge dite de la Vache noire, située en bordure de la route royale n°20, mentionnée dans une ordonnance royale de 1837. L’autre, à laquelle Roger Riffard, ancien cheminot, aurait probablement souscrit, fait référence au train qui y faisait halte et dont la locomotive meuglait, fumait et crachotait d’épaisses fumées sombres.
De 1894 à 1936, un tramway circula également entre Arpajon et Paris. On le surnommait « train des haricots » car chaque nuit, à la Vache Noire, étaient chargés deux wagons de légumes frais produits aux environs du carrefour, dont notamment, les haricots d’Arpajon (appelés aussi « chevrier » du nom de l’agriculteur inventeur).
S’il vivait encore, Roger Riffard ne reconnaîtrait pas les lieux. Une urbanisation galopante a irradié le quartier et la pauvre vache noire a pris la couleur orange de l’entreprise de télécommunications qui y a édifié son siège. Le pire, c’est que la fréquentation du centre commercial voisin serait plutôt synonyme de vache maigre.
Ne gâchons pas notre plaisir ! Comme échappatoire à la grisaille, pour fêter le printemps, retrouvons celui d’un poète, Roger Riffard qui, déjà, chantait l’impérieux besoin de quitter les villes et d’aller vivre à la cambrousse.
Dans une tendre métaphore, de sa voix mal assurée, il associe de manière anodine une petite amoureuse, Mam’zell’ Loulou de la Vache Noire, à l’éclosion du printemps. Lisez et écoutez :

« Mam´zelle Loulou de la Vache Noire
Porte des bijoux de bazar
Mais elle en a d´autres sous la robe
Qu´on dirait le musée des beaux-arts

V´là le printemps qui s´amène
Drapé dans l´or de son genêt
Y en a pour deux à trois semaines
D´ici que la fleur soit fanée

Mam´zelle Loulou de la Vache Noire
Ne s´habille pas de satin
Mais le tissu de sa chair tendre
N´a point d´égal, sûr et certain

V´là le printemps qui s´avance
Avec sa botte de muguet
Mais les promeneurs du dimanche
Ont mis les grelots en bouquets

Mam´zelle Loulou de la Vache Noire
Aura seize ans ce mois de mai
Or elle en a vingt d´ savoir-faire
Pour embrasser son bien-aimé

V´là le printemps qui s´apprête
A sentir la violette au bois
Mais il arrive malheur aux fleurettes
Quand le vent donne de la voix

On dit que l´ vent de la Vache Noire
Chargé des senteurs de Meudon
Aurait dans le cours de l´Histoire
Brisé plus d´une rose en bouton

V´là le printemps qui s´empresse
D´ouvrir la fleur du cerisier
Mais comme la fleur de la jeunesse
Tout ça n´ va point s´éterniser »

Publié dans : Almanach |le 20 mars, 2014 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 21 avril, 2014 à 1:16 Pauline écrit:

    Bonjour,
    Je cherche cette photo. Savez-vous qui en est l’auteur ?
    Merci beaucoup !

    Répondre

    • le 21 avril, 2014 à 10:47 encreviolette écrit:

      L’auteur de la photographie du carrefour de la Vache noire est le célèbre Robert Doisneau.
      Ce cliché-ci est une « photographie de photographie » prise à l’occasion d’une exposition en plein air au parc de Sceaux.

      Répondre

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