Au bon temps des rédactions

Ayant souhaité acquérir un numéro spécial que la fédération des œuvres laïques de l’Ardèche avait consacré à Jean Ferrat au moment de sa disparition, je reçois depuis, régulièrement, leur mensuel Envol sous-titré Montarem tant que poirem, un vieil adage des anciens qui, un à un, ont quitté leur pays pour s’en aller gagner leur vie loin de la terre où ils sont nés … vous connaissez la chanson.
J’adore feuilleter ces journaux régionaux voire locaux, de résistance au hasard de mes promenades à travers ma douce France. Ainsi, vous le savez, je ne manque jamais de ramener quelques exemplaires de Gardarem lo Larzac à chacune de mes visites sur le causse.
Comme me qualifie un excellent ami dont je vous parlerai, sans doute, prochainement, je suis un insatiable “je-veux-comprendre-tout” !
Bref, je ne résiste pas à réveiller votre curiosité et votre sensibilité avec un savoureux article publié dans le journal d’action laïque de l’Ardèche en date de janvier 2013. Il concerne une rédaction que Monsieur Paul Suchon, un instituteur comme on en trouve de moins en moins de nos jours (et pour cause déjà, ce sont des professeurs des écoles), proposa, dans les années cinquante, à ses élèves de l’école communale de Saint-Michel-de-Chabrillanoux. Je ne sais pas si cela vous fait le même effet mais rien que le nom de cette modeste commune de moins de 300 âmes au cœur des coteaux ardéchois, ça exhale en moi des parfums de châtaignes et de champignons.
Un demi-siècle plus tard, il n’est sûrement pas inutile de préciser en quoi consistait une rédaction, un véritable gros mot pour une petite fille qui m’est chère, et pour cause, elle n’y a quasiment jamais été confrontée au cours de sa scolarité. Et pourtant, elle est aujourd’hui en troisième !
Donc, à travers cet exercice de français, à l’école primaire puis au collège, on demandait à l’élève de parler d’un sujet qui lui était familier ou d’un fait dont il avait été témoin et dont toutes les circonstances lui étaient par conséquent connues, notamment en lui donnant à reproduire une leçon quelconque du programme que le maître avait développée précédemment dans un ordre méthodique, l’effort se bornant à habiller chaque idée, à lui donner une forme correcte, construite d’après les règles grammaticales, en veillant à la précision et à l’exactitude des termes employés.
Étape supérieure, on passait à la composition française. Le sujet était plus abstrait. L’élève, avant de rédiger, devait trouver toutes les idées s’y rattachant, en faire la sélection, les classer dans un ordre logique en donnant à chacune l’importance qui convient. Elle était proposée sous des formes variées : lettres, récits, narrations, descriptions, comptes-rendus, discussion d’une pensée.
Ce jour-là, à l’école de Saint-Michel-de-Chabrillanoux, le sujet de la dite rédaction était donc : : « Quel est, selon toi, l’objet qui est le plus utile à ton père ? Pourquoi ? »
Voici ce que rédigea la chère tête blonde, quoiqu’en Ardèche, il soit plus probable qu’elle fût brune, sur son petit cahier revêtu d’un papier frictionné bleu.

« Malgré le béchard et le lichet, l’objet qui est le plus utile à mon père est la boge. Vous croyez maître, que la boge ne sert qu’à remiser les tartifles, les combales et les garinches hé bien pas du tout ; elle sert à beaucoup d’autre chose ! Mon père en met toujours une pour se protéger quand il plusique. Il en a toujours une accrochée à une pointe sous le calabert ou posée sur le pressoir à la cave. Çà évite aussi que du purin dégouline dans son cou quand il charrie le fumier dans ses échanous avec la besse et le coulassou. L’inconvénient c’est que la boge peut l’entrabler et qu’il risque de se barunler ou de s’espanler. Mon père utilise toujours une boge en coussin et il s’assoie dessus quand il enchappe sa daille. Quand il s’ajare pour greffer ses pêchers, il met aussi une boge pour éviter de s’égraougner les genoux. Quand il fait sa sieste sous le tilleul il en met une sur le banc avant de se jaïre dessus mais çà le fait ronfler. Et pour ramasser le rebrou . Il utilise encore une boge accrochée à une branche. La boge pendole et elle est munie d’un cerceau en châtaigner pour la garder ouverte. On verse ensuite le rebrou dans le bourrin pour le charrier.
La boge permet de transporter beaucoup de choses. Quand on va à la foire de St Sauveur du 5 septembre, on y met le petit cayou tout migraillou acheté après le marchandage, mais il n’est pas bien content et il couïne et repite pendant tout le trajet .La boge permet de remiser les feuilles de choux, les tatiflous et toutes les ploumailles pour pas qu’elles se pétafinent, et on peut les faire cuire dans la chaudière ou dans la grande oule. Après on escachine le tout dans le bachas à l’aide du et cette bachassée permet de nourrir le cayou qui s’est bien remplumé depuis le 5 septembre.
Quand les vaches font leur petit bouillou, la boge est très utile pour le tirer par les pattes car elles sont gluantes et çà glisse.
Avec quelques pataris de boge qui crame dans un bouffaïre il n’y a rien de mieux pour les abeilles et les rendre moins méchante. Quand elle fait sa lessive à la fontaine ma mère s’en sert aussi comme coussin sous ses genoux pour éviter qu’ils trempent dans le gouillassou à cause de l’eau qui giscle. Moi aussi j’utilise une boge pour remiser et transporter mes babés après les avoir ramassés dans un billot.
À la vogue il y a des courses ou les enfants ont les jambes entrablées et c’est le premier qui arrive qui gagne. L’hiver, on bouche aussi certains frachous pour pas que le froid rentre.
Ah, j’ai oublié que la boge sert aussi pour mettre la jagne quand on va faire la goutte. Pour moi, la boge est bien indispensable pour tous les travaux. Le seul inconvénient, c’est que les rats y font des trous et qu’on est obligé de la pétasser. »

J’ignore quelle note fut accordée à ce devoir, mais l’élève récupéra son cahier avec un certain nombre de mots soulignés à l’encre rouge. Dans la marge, le maître, outre la mention passable, avait annoté ceci : « Bien pour l’observation et l’orthographe mais il faut continuer à faire un sérieux effort pour t’exprimer en français ».
Cinquante ans plus tard, il est permis de porter un autre regard. D’abord, il faut replacer l’activité dans le contexte de l’époque. Cette rédaction est le produit d’un fils de paysan ardéchois né dans la première moitié du vingtième siècle. Et dans cette région reculée (ne voyez là aucun sens péjoratif), les enfants en bas âge baignaient dans un milieu familial où les parents s’exprimaient essentiellement en patois.
J’ai pris conscience de ce phénomène très récemment dans des circonstances malheureusement cruelles. En Ariège, un autre département un peu oublié sur la carte de France (on le confond même, bizarrement, fréquemment avec l’Ardèche !), un ami cher que j’envisageais de filmer l’été prochain pour le travail de mémoire audiovisuelle que j’effectue là-bas, s’en est allé subitement. Orphelin de toute image pour lui rendre malgré tout hommage, j’ai fait la connaissance d’un professeur qui possède deux heures d’interview en gascon. Ce cher Amédée maniait en effet la langue occitane couramment. C’était même sa première langue ! Il n’avait connu que celle-ci dans la ferme familiale avant de rejoindre, à partir de l’âge de six ans, l’école communale distante de six kilomètres à pied à travers bois ! Ou comment, une absence précoce d’alphabétisation devient élément de culture cinq décennies plus tard !
Il me revient en mémoire aussi Farrebique, le magnifique film de Georges Rouquier racontant la vie d’une famille de paysans de l’Aveyron au rythme des quatre saisons. Des sous-titres sont souvent nécessaires pour traduire le patois du Rouergue dans lequel s’expriment les aïeux entre eux ou avec leurs enfants. Un chef-d’œuvre qui reçut une récompense au festival de Cannes en 1947 et qui est étudié dans les universités américaines. C’est ainsi que Coppola et Spielberg le soutinrent, ce qui permit à Rouquier d’obtenir un financement pour réaliser Biquefarre, quarante ans plus tard, dans la même ferme avec les mêmes protagonistes, du moins ceux qui étaient encore en vie.

Au bon temps des rédactions dans Coups de coeur farrebique

L’enseignant, outre de devoir imposer la langue française au patois, devait aussi composer dans les campagnes avec l’absentéisme. Il était fréquent qu’il ne puisse compter avec son effectif d’élèves au complet, qu’après la Toussaint, lorsque les travaux des champs étaient achevés.
Reconnaissons donc que cette rédaction qui révélait de sérieuses lacunes en français en son temps, possède aujourd’hui une indéniable dimension poétique. On y trouve même une richesse et une expressivité de vocabulaire tout à fait étonnantes. Cet écolier mettait aussi, à sa façon, en application les consignes que nos enseignants d’alors ne manquaient pas de réclamer, à savoir un langage précis, varié et sans répétition.
Pour manier le paradoxe, on peut même dire qu’il battait inconsciemment en brèche les instructions liées à la rédaction dans la première moitié du vingtième siècle : « On ne peut guère demander aux enfants qui fréquentent l’école primaire de tirer de leur propre fonds des idées originales, de faire œuvre personnelle et propre, de mettre de l’art dans leur composition … L’invention, quoiqu’on en dise, ne jouera jamais un grand rôle dans les devoirs de l’école primaire » ( article Rédaction du Dictionnaire de Ferdinand Buisson). Dans le même ouvrage, un pédagogue périssable déclarait péremptoirement que « l’imagination était maîtresse d’erreur et de fausseté ».
Est-ce parce qu’il choisit d’en finir avec la vie, justement en Ardèche, à Antraigues, au pays de Ferrat, je pense à Allain Leprest et à sa chanson Mont-Saint-Aignan, une ville de la banlieue rouennaise où j’accomplis mes premiers pas à l’université :

« Dans le jardin de mes parents
À Mont-Saint-Aignan, près de Rouen
J’ai laissé des Sioux, des cailloux
Des joujoux, des poux, des z’hiboux
Des arcs-en-cieux, des carnavaux
Et trois mille chevals au galop ... »

Un joli pied de nez au Français académique. C’est beau quand on transgresse ou plutôt quand on transcende ainsi la langue ! Dans la même chanson, Allain confie qu’il laissa autrefois « des carnets scolaires avec des zéros milliardaires » ! Pas si sûr car il a souvent déclaré qu’il croyait aux bienfaits de l’école :
« Je crois en la culture, je crois en l’apprentissage, je crois aux armes que cela peut donner. On ne peut pas résister sans un minimum de savoir qui peut, d’ailleurs, être tout à fait empirique, qui peut s’apprendre dans la rue ou au contact des autres. Pour ma part, j’ai toujours rencontré d’excellents professeurs ou instituteurs qui m’ont donné confiance dans ce que j’écrivais. J’ai le souvenir d’un instituteur qui s’appelait monsieur Fleury. Je me le rappelle, assis sur le bureau en train de nous raconter Le vieil homme et la mer d’Hemingway. On avait tous l’impression qu’il était là, la canne à pêche à la main et qu’il tirait dessus comme un mordu… Pour peu qu’il y ait un zozo dans la classe qui faisait le moindre petit bruit ou qui bavardait, il refermait son livre d’un geste sec : « Finie, la lecture, aujourd’hui. » On lui en voulait au copain… ! »
Grâce à cet homme, il passa, à treize ans , le dernier certificat d’études organisé en France et décrocha le premier prix du canton. Au collège d’enseignement technique Charles Péguy de Rouen, il écrivait des mots d’excuses pour ses camarades absents. Une de ses professeurs lui demanda pourquoi il n’avait pas choisi des études littéraires …
Je digresse, mais sinon carnaval est un mot d’origine italienne apparu après la palatalisation, celle-ci étant une modification phonétique dans laquelle un son est produit par une partie plus à l’avant du palais dur que celle utilisée pour le son d’origine. Je ne veux pas dire mais avec tous les accents que l’on croise dans notre douce France … quel palais doivent choisir les princes de l’orthographe ? Bref, c’est ainsi que bal, chacal, festival, régal, récital et … carnaval font exception et prennent un s au pluriel sauf chez Leprest ! Et que les idéaux peuvent être des idéals !

livredor-deredactionblog dans Ma Douce France

Je ne saurais terminer ce billet sans évoquer un cahier jauni qui trône en permanence dans ma bibliothèque. Sur la couverture, est écrit à l’encre : Livre d’Or de la Rédaction, Cours Complémentaire deuxième année (la cinquième du collège actuel). D‘une belle écriture cursive à l’encre violette, des jeunes filles y ont recopié la rédaction dont les qualités leur avaient valu de figurer dans ce florilège. Les sujets sont parfois semblables à celui proposé à l’écolier ardéchois. Ainsi, celui-ci : « Nous aimons souvent des objets même sans valeur et des lieux même sans beauté à cause des souvenirs qu’ils évoquent en nous. Décrivez-en un et dites pourquoi il vous est cher ». Ou encore : « Décrivez d’une manière objective puis subjective l’objet de votre choix ». Marie-Thérèse Canchon, née le 26 novembre 1933, évoque son cartable. Marcelle Hommebon, née le 14 janvier 1933, parle du vieux piano de son « pauvre » grand-père. Pour Éliane Genty, née le 9 mars 1934, ce sont ses chaussures qu’elle choisit. Comment à cet instant, mes pensées ne vagabonderaient pas vers le grand poète québécois Félix Leclerc :

« Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé
Ils m´ont porté de l´école à la guerre
J´ai traversé sur mes souliers ferrés
Le monde et sa misère.

Moi, mes souliers ont passé dans les prés
Moi, mes souliers ont piétiné la lune
Puis mes souliers ont couché chez les fées
Et fait danser plus d´une... »

Ces jeunes filles, aujourd’hui octogénaires, étaient immédiatement après la guerre, à la remarquable école de ma chère maman.
Je naquis peu après. Tout gamin, j’allais gribouiller quelques feuilles dans son bureau directorial contigu à la salle d’études. En ce temps-là, en effet, le principal de collège ne s’installait pas dans la pièce la plus à l’écart des activités scolaires comme souvent maintenant … !
Avant le repas du soir, tout en vaquant à ses occupations administratives et pédagogiques (car elle enseignait en même temps qu’elle dirigeait l’établissement !), tandis qu’elle corrigeait les devoirs de la journée, il n’était pas rare qu’elle fasse irruption à côté et interpelle une pensionnaire pour qu’elle affine sa pensée et parvienne au mot juste. Admirable !
Je sais, je vous parle d’un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître. Il m’arrive de jouer aux vieux cons même si, plus jeune, je jurais qu’on ne m’y prendrait jamais.
Ainsi, lorsque je suis un peu catastrophé du niveau en français (ce n’est pas uniquement de sa faute, la pauvre ! loin de là même !) de ma chère petite fille, je lui sors le livre d’or. Je vois poindre alors dans ses yeux un mélange d’étonnement et d’admiration et puis … elle reprend son iPhone 4 ou 5 ? on est à combien maintenant ! Heureusement, le dernier ouvrage Petite Poucette du philosophe académicien Michel Serres me redonne le moral. Il paraîtrait que « ces enfants habitent le virtuel. Les sciences cognitives montrent que l’usage de la Toile, la lecture ou l’écriture au pouce des messages, la consultation de Wikipédia ou de Facebook n’excitent pas les mêmes neurones ni les mêmes zones corticales que l’usage du livre, de l’ardoise ou du cahier. Ils peuvent manipuler plusieurs informations à la fois. Ils ne connaissent, ni intègrent, ni ne synthétisent comme leurs ascendants ». Allons bon, c’est donc moi qui suis infirme!
Bon ! Elle était très pittoresque cette rédaction ardéchoise mais au final, savez-vous ce qu’est la boge ? C’est un grand sac en toile de jute comme ceux que Jean-François Millet peignit !

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Au cas où quelques mots ou expressions vous auraient échappé, ce dont je ne vous tiendrai bien sûr aucune rigueur, je mets à votre disposition un glossaire ci-après.
Pour conclure, en guise de clin d’œil à l’objet et à l’écriture, j’emprunte encore quelques vers à Allain Leprest :

« Je suis hostile au premier jet
Je lui préfère les migraines
La nuit jusqu’au jour prolongée
à extraire de ma carène
l’adjectif, prénom de l’objet... »

PS : Le hasard fait bien les choses. Quarante-huit après la publication de ce billet, j’ai reçu le numéro de février de la revue Envol. Il y est encore question de langue française et de Michel Serres.
Bien qu’il soit optimiste sur l’avenir de sa Petite Poucette, cette jeune enfant qui pianote les touches de son portable avec ses deux pouces, le philosophe nous livre encore quelques sentences sur le bon usage de la langue française, à l’heure où le mot relais s’affiche avec un y dans toutes les gares de France :
« Les langues des régions de France moururent de la mort des paysans. Au Moyen-Âge, les savants, les médecins, les juristes, bref, la classe dominante parlait latin. Il fallut un édit royal pour que notre langue maternelle fût usitée en public et dans les actes officiels. Nous revenons aujourd’hui à cet état de fait. Les riches, la classe dominante, les publicitaires, ceux qui tiennent l’espace des affiches et le temps de parole éliminent le français. Comme d’habitude, les vainqueurs cherchent à imposer leur langage. Vous souvenez-vous de la vieille pub où un chien écoutait, obéissant, assis devant une enceinte acoustique d’où sortait la Voix de son Maître. La voix de nos maîtres, nous ne l’entendons plus que dans une autre langue …
Je vous invite à l’écrire et à la parler fièrement, comme une langue de la Résistance. Chaque fois que je reçois un message où l’on me demande un pitch de ma conférence à venir, je réponds aussitôt : qu’ès aco, lou pitch ? »

le béchard et le lichet : outils de jardinage pour retourner la terre
la boge : grand sac en toile de jute
les tartifles : pommes de terre
les combales et les garinches : variétés de châtaignes
il plusique : faible pluie
le calabert : hangar ouvert
la besse : hotte
le coulassou : coussin posé sur la nuque
entrabler : entraver
se barunler : tomber en roulant
s’espanler : dégringoler
enchapper sa daille : aiguiser sa faux
s’ajarer : se baisser
s’égraougner : s’écorcher
se jaïre : se coucher
pendole : suspendu négligemment
le cayou : le cochon
migraillou : maigre
couïner : crier
repiter : remuer
les tatiflous : petites pommes de terre
les ploumailles : épluchures
elles se pétafinent : elles s’abîment
la chaudière : grand récipient avec son foyer pour faire cuire la nourriture pour les cochons
la oule : la marmite
escachiner : écraser
le bachas : récipient pour la nourriture des bêtes
le pestaillet : le pilon
la bachassée : nourriture dans le récipient
remplumé : a bien grossi
le petit bouillou : veau
pataris : chiffons
le bouffaïre : instrument pour attiser le feu
ensuquer : abasourdir
le gouillassou : petite flaque d’eau
giscler : gicler
les babés : pommes de pin
un billot : cageot
entrablées : entravées
frachous : petites fenêtres avec ou sans carreau
pétasser : raccommoder

Publié dans : Coups de coeur, Ma Douce France |le 1 février, 2013 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 19 février, 2013 à 9:07 Françoise écrit:

    Que de souvenirs à la lecture de ce billet.

    Je me souviens de la rédaction en classe de 5° faite pour mon professeur de français-latin que j’aimais tant et que je n’ai jamais oubliée, Madame Marty… Nous devions réaliser le portrait de… je ne sais plus si le thème était très précis, je me souviens que je voulais décrire un titi parisien, un gavroche local. J’y avais mis tout mon cœur et surtout bon nombre de mots utilisés par ma grand-mère savoyarde. Pour moi c’était du bon français mais j’ai compris que non ce jour-là. Il était sale comme un petit cayon (cochon), trainait dans la rigole avec les chaussettes « en garode » (en accordéon) et je vous assure qu’il y en avait deux ou trois autres du même acabit.

    Vos mots, Jean-Michel, ressemblent à ceux que j’ai entendus : langue d’oc oblige ; de la Savoie à Narbonne en passant par Grenoble, l’Ardèche n’est pas loin.

    Merci une nouvelle fois pour ce billet et à bientôt.
    Bonne journée.

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  2. le 21 février, 2013 à 12:04 GODEFROY écrit:

    Bonjour Jean-Michel, vous avez été contacté par les éditions Lorisse.
    Je voulais simplement vous dire que je suis à l’origine de cette demande car beaucoup de clients espèrent retrouver le livre de votre papa !! cordialement Dominique Godefroy

    Répondre

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