Le 22 Septembre, aujourd’hui, je ne m’en fous pas!

Le vingt-deux septembre, aujourd’hui, je ne m’en fous pas !
En ce jour, veille d’automne, « l’équinoxe funeste », il me plait de rendre hommage une fois encore à l’ami Georges Brassens à travers une de ses magnifiques chansons.
En l’impasse Florimond, dans le quatorzième arrondissement de Paris, un bas-relief en bronze, œuvre du chanteur Renaud, apposé le « 22 septembre » 1994, rappelle que « le poète, musicien et chanteur vécut ici » avec pour épitaphe, « Et que t’emporte entre les dents, un flocon des neiges d’antan … » (voir billet du 26 décembre 2007)

Le 22 Septembre, aujourd'hui, je ne m'en fous pas! dans Almanach BasreliefFlorimontblog

Pour souligner son obsession, le poète utilise l’épiphore, une figure de style consistant en la répétition d’un même groupe de mots ou de la même idée, dans chaque strophe, en l’occurrence ici, dans le troisième et le dernier vers.
Ne soyez pas tristes surtout ! Ce n’est qu’une chanson, même si, déchirante, elle exprime la nostalgie d’un bonheur passé et … l’indifférence nouvelle. Alors, accompagnez Prévert et ses escargots pour enterrer les feuilles !
Et pour ceux qui auraient tout de même l’âme en peine, je leur redonne le sourire en rappelant que le 22 septembre 1792, suite à la bataille de Valmy, fut le premier jour de la République (voir billet du 1er juillet 2010 Va mal, Valmy, Va bien !).

 » Un vingt-deux septembre au diable, vous partîtes,
Et, depuis, chaque année, à la date susdite,
Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous…
Or, nous y revoilà, mais je reste de pierre,
Plus une seule larme à me mettre aux paupières:
Le vingt-deux septembre, aujourd’hui, je m’en fous.

On ne reverra plus au temps des feuilles mortes,
Cette âme en peine qui me ressemble et qui porte
Le deuil de chaque feuille en souvenir de vous…
Que le brave Prévert et ses escargots veuillent
Bien se passer de moi pour enterrer les feuilles:
Le vingt-deux septembre, aujourd’hui, je m’en fous.

Jadis, ouvrant mes bras comme une paire d’ailes,
Je montais jusqu’au ciel pour suivre l’hirondelle
Et me rompais les os en souvenir de vous…
Le complexe d’Icare à présent m’abandonne,
L’hirondelle en partant ne fera plus l’automne:
Le vingt-deux septembre, aujourd’hui, je m’en fous.

Pieusement noué d’un bout de vos dentelles,
J’avais, sur ma fenêtre, un bouquet d’immortelles
Que j’arrosais de pleurs en souvenir de vous…
Je m’en vais les offrir au premier mort qui passe,
Les regrets éternels à présent me dépassent:
Le vingt-deux septembre, aujourd’hui, je m’en fous.

Désormais, le petit bout de coeur qui me reste
Ne traversera plus l’équinoxe funeste
En battant la breloque en souvenir de vous…
Il a craché sa flamme et ses cendres s’éteignent,
À peine y pourrait-on rôtir quatre châtaignes:
Le vingt-deux septembre, aujourd’hui, je m’en fous.

Et c’est triste de n’être plus triste sans vous « 

http://www.dailymotion.com/video/x1wrio

Publié dans : Almanach, Poésie de jadis et maintenant |le 22 septembre, 2012 |Pas de Commentaires »

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