Bonne fête aux mamans … et aux papas !

Comme chaque année, j’offre mon bouquet de mots à toutes les mamans du monde.
Une fois encore, j’ai renoncé à vous parler de la mienne. Douze ans après son départ, c’est toujours trop sensible. Le jour viendra, peut-être …
Cette fois, je fais d’jeun en vous proposant les clips et les textes de représentants de la nouvelle génération. Ils sont originaires de Paris et de la banlieue, issus de familles ordinaires, « normales » pour employer un mot à la mode présidentielle, quoique … la vie n’a sans doute pas toujours été tendre avec eux.
Sexion d’Assaut est un groupe de rappeurs. Je ne suis pas spécialement fan du genre, mais une chère petite fille s’est tellement trémoussée sur le clip de Avant qu’elle parte, que le message qu’il véhicule a fini par m’interpeller et m’émouvoir : Dites-leur que vous les aimez avant qu’elles partent !

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« Insensé, insensible, tu l’aimes mais pourtant tu la fuis
Insensé, insensible, tu l’aimes mais pourtant tu la fuis

Pardonne-moi pour tes insomnies à répétition
Pardonne-moi pour les files d’attente, tes clashs à l’inspection
Pardonne-moi pour les garde-à-vue, les perquisitions
Pardonne-moi d’être parti si tôt d’être devenu musicien
Toutes les fois où j’ai oublié de répondre à tes messages
Toutes les fois où je devais venir te voir entre deux trois dates
Toutes les fois où j’ai dû te mentir pour éviter que tu me frappes
Toutes ces fois, je n’ai jamais douté de ta bonne foi

Ta mère est une fleur rare que t’abreuves par ton amour
L’en priver c’est la tuer donc n’abrège pas son compte à rebours
Dis-lui que tu l’aimes que tu regrettes ta manière d’être conflictuel
Elle a du mal à s’évader car tes grands frères ont pris du ferme
Est-ce mes rides qui m’empêchent de lui sourire
Je veux pas rester en vie jusqu’à la voir mourir
Tes larmes piquaient mes plaies, j’aimerais te contenter
À jamais je maudis ce jour où on t’enterre

Et même quand tout le monde est contre toi
Elle reste ta meilleure amie
T’aimerais lui dire ce qu’elle représente pour toi
Avant qu’elle ne perde la vie
Mais tu n’oses pas, tu n’oses pas, tu n’oses pas lui dire
Mais tu n’oses pas, tu n’oses pas, tu n’oses pas lui dire

Je suis sûr qu’elle aimerait juste entendre un maman je t’aime
À la place des cris du daron qui menace de te jeter
Je suis sûr qu’elle craque au bout d’une semaine passée sans toi
Et que ton absence lui ferait plus mal qu’une chute du haut de son toit
Je suis sûr qu’elle aimerait que tu la prennes dans tes bras
Exactement comme elle le faisait durant tes 12 premiers mois
Je suis sûr que l’amour t’a rendu myope
Au lieu de le porter à ta mère tu le portes à une idiote

Des heures au phone avec ta meuf afin de mieux vous rapprocher
Quand ta mère t’appelle tu veux vite raccrocher
Devant tes potes tu lui tiens tête tu veux lui donner des leçons
Mais t’oublies que cette tête elle l’a tenue quand elle te donnait le sein
Crois-moi sur paroles on peut remplacer des poumons mais sûrement pas une daronne
T’as habité en elle, t’as habité sous son toit
C’est la seule personne qui prie pour quitter ce monde avant toi
Au commissariat pour elle, t’étais jamais coupable
Mais pour moi tu l’es car t’es bronzé alors qu’elle est toute pâle
À par elle personne supporte ton égoïsme permanent
T’es pas le nombril du monde mais t’es celui de ta maman

Je ne suis jamais parti
Je n’ai jamais changé
Si ce n’est ma voix et ma taille
Oh Maman
C’est moi
Je veux que tu valides ma fiancée
Réconforte-moi comme quand je tombais
Maman où t’es passé oh
Regarde-moi

Simplement te serrer dans mes bras
Te serrer très fort te dire je t’aime une dernière fois
Repose en paix
Pour nous t’as donné corps et âme
Si j’ai plus d’encre tant pis je continuerai avec mes larmes
Aujourd’hui Maman n’est plus là
Je suis tombé de haut mais je pourrai pas tomber plus bas
Poto fais pas l’enfant de la DASS
Si t’en as une fais lui plaisir dis-lui que tu l’aimes avant qu’elle parte

À tous ceux qui ont encore une mère
Même si la mort n’arrête pas l’amour
Dîtes-leur que vous les aimez
Avant qu’elles partent »

La vie de François Marsaud semblait plus paisible jusqu’à ce que …
Né en Seine-Saint-Denis d’une mère bibliothécaire et d’un père haut fonctionnaire territorial, il se destinait au professorat d’Éducation Physique lorsqu’en 1997, animateur de colonie de vacances, il se déplace des vertèbres en plongeant dans une piscine dont le niveau d’eau est trop bas. Après une longue rééducation, il retrouve à peu près l’usage de ses jambes, insuffisamment cependant pour s’engager dans la carrière souhaitée.
En référence à ce handicap, il prend le nom de scène de Grand Corps Malade et popularise bientôt le genre musical du slam.
Sa belle voix grave met en valeur ses textes ciselés, véritables petits bijoux honorant toute la richesse de la langue française.
Dégustez Pères et mères ! Au-delà de l’hommage à ses parents, il s’adresse aussi pêle-mêle à tous les pères et mères  dans un subtil inventaire. No comment ! Sublime !

Grand Corps Malade – Pères et Mères ( Kenfowsen… par Kenfowsen[/dailymotion]

« Depuis la nuit des temps, l’histoire des pères et des mères prospère
Sans sommaire et sans faire d’impairs, j’énumère pêle-mêle, Pères Mères

Il y a des pères détestables et des mères héroïques
Il a des pères exemplaires et des merdiques
Il y a les mères un peu pères et les pères mamans
Il y a les pères intérimaires et les permanents
Il y a les pères imaginaires et les pères fictions
Et puis les pères qui coopèrent à la perfection
Il y les pères sévères et les mercenaires
Les mères qui interdisent et les permissions
Y’a des pères nuls et des mères extra, or dix mères ne valent pas un père
Même si dix pères sans mère sont du-per (perdu) c’est clair
Y’a des pères et des beaux-pères comme des compères qui coopèrent
Oubliant les commères et les langues de vipère
Il y a les « re-mères » qui cherchent des repères
Refusant les pépères amorphes
Mais les pauvres se récupèrent les experts(ex-pères) du divorce
Il y a les pères outre-mer qui foutent les glandes à ma mère
Les pères primaires, les perfides, les personnels qui ont le mal de mère
Ceux qui laissent les mères vexent et les perplexes
Moi mon père et ma mère sont carrément hors pair
Et au milieu de ce récit
Je prends quelques secondes je tempère
Pour dire à mon père et à ma mère merci

Il y une mère candide et un père aimable
Il y une mère rigide et imperméable
Il y a des pères absent et des mères usées
Il y a des mères présentes et des perfusés
Il y a des mères choyées et des mères aimées
Il y a des pères fuyants et des périmés
Il y a la mère intéressée et la mère vile
L’argent du père en péril face à la mercantile
Il y a les pensions alimentaires, les « pères crédit »
Des pères du week-end et des mercredi
Y’a des pères hyper-forts et des mères qui positivent
Ou les coups de blues qui perforent les mères sans perspectives
Mais si les persécutés, le père sait quitter
Et si la mère pleure c’est l’enfant qui perd
Mais si la mère tue l’amertume la magie s’éveille
Et au final qu’elle soit jeune ou vieille la mère veille (merveille)
Moi mon père et ma mère sont carrément hors pair
Et au milieu de ce récit
Je prends quelques secondes je tempère
Pour dire à mon père et à ma mère merci

Il y a les mères qui désespèrent à cause des amourettes
Perpétuellement à la recherche d’un homme à perpète
Il y a la mère célibataire persuadée de n’être personne
Et qui attend que dans ses chimères que derrière la porte un père sonne
Il y a les mères soumises et les pères pulsions
Il y a les mères battues et les percussions
Il y a les mères en galère à cause des pervers, des perturbés
Alors il y a la mère qui s’casse si elle est perspicace
En revanche, si le père et la mère s’acoquine et vont se faire mettre si je peux me permettre
La tension est à dix milles ampères
Car quand le père est en mère et que la mère obtempère
C’est la hausse du mercure car le père percute et la mère permute
Le père tend sa perche et la mère se rit de cette performance,
De ce perforant impertinent
Telles sont les péripéties du père dur face à l’effet mère (l’éphémère)
Moi mon père et ma mère sont carrément hors pair
Et à la fin de ce récit
Je prends quelques secondes je tempère
Pour dire à mon père et à ma mère « Merci » ! »

Bonne fête aux daronnes et darons ! À propos, laissez à vos rejetons l’illusion de croire qu’ils inventent leur propre langage.
Tant qu’ils ont le dos tourné, je vous souffle ces deux phrases :
« Six externes qu’ont mis les bouts dès la fin avril, et quatre pensionnaires, leurs darons sont venus les reprendre » … « Il me parlait souvent de sa daronne, mais jamais il me la montrait ».
Elles sont tirées de Mort à crédit de Louis-Ferdinand Céline !

Publié dans : Almanach |le 3 juin, 2012 |Pas de Commentaires »

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