Elle s’appelait Sarah

Hors mes escapades festivalières, il n’est pas dans mes habitudes de jouer les critiques de cinéma. Des journalistes spécialisés le font avec beaucoup plus de talent même si certains confondent avec complaisance, opinion et promotion du film.
Une fois n’est pas coutume, j’ai envie de vous faire part de mon coup de cœur pour « Elle s’appelait Sarah » sorti récemment dans les salles. Comme le souhaitait le réalisateur Gilles Paquet-Brenner, il s’agit d’un « beau film du samedi soir, accessible et populaire, apte à susciter une réflexion ». N’y voyez là, aucun jugement péjoratif ou irrespectueux eu égard au sujet traité, bien au contraire. Cela me rappelle les temps anciens que j’ai déjà évoqués quand, dans mon petit bourg normand, nous nous rendions en famille au cinéma jouxtant la maison et nous en revenions avec plein d’images et d’émotions en tête propices à de riches discussions.

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Dire comme Tatiana de Rosnay, l’auteure du livre éponyme d’où est tiré le film, que c’est l’histoire d’un homme qui va enfin découvrir qui était sa mère, même si stricto sensu c’est absolument exact, me semble trop abrégé et ne révèle que la « solution finale » si je puis me permettre tel effet de langage dans ce contexte.
Le film mêle deux vies de femmes : Sarah, une fillette de dix ans qui a le malheur de porter une étoile jaune accrochée à sa poitrine, et Julia, une journaliste américaine, mariée à un Français, qui couvre la commémoration de la rafle du Vel’d’Hiv’, soixante après. Avec en partage, un appartement du quartier du Marais, habité par un couple de réfugiés polonais et leurs deux enfants juste avant leur arrestation en 1942, et où emménage aujourd’hui Julia qui découvre que les grands-parents de son mari s’y installèrent un mois après. Les personnages du roman et du film sont totalement fictifs mais certains événements décrits survenus pendant l’été 1942 sont tout à fait exacts. Et à travers l’enquête de Julia, le scénario unit donc soixante ans d’Histoire de France.
L’adaptation du livre à succès constitue une forme de catharsis pour le réalisateur Gilles Paquet-Brenner, d’origine juive, dont le grand-père fut dénoncé par des Français et mourut au début de sa déportation. Il n’apprit cette anecdote que, récemment, lors de la préparation du tournage et rend hommage dans le film à son aïeul disparu à travers le personnage de l’homme au violon avec une bague contenant un poison pour décider du moment où il mourra.
Au tournant des années 1950-60, Elle s’appelait Sarah n’aurait probablement pas vu le jour tant son sujet était quasi tabou dans la tête de ceux qui venaient de vivre les horreurs de la seconde guerre mondiale. En 1956, Nuit et brouillard d’Alain Resnais doit faire face à la censure française qui cherche à estomper les responsabilités de l’État français en matière de déportation et la commission de censure exige que soit supprimée une photographie d’archives sur laquelle on peut voir un gendarme français surveiller le camp de Pithiviers.
En 1963, l’émouvante chanson éponyme de Jean Ferrat, sans être interdite, est déconseillée sur les ondes de l’ORTF (Office de Radiodiffusion et Télévision Française) :

« Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent
Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu’une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été… »

En fouillant dans mes souvenirs d’enfance, bien qu’ayant accompagné mes parents dans leur devoir de mémoire, notamment aux camps du Struthof dans les Vosges, et de Dachau, je ne me rappelle pas qu’ils m’aient relaté l’épisode de la grande rafle. Je connaissais bien sûr, j’adorais même, j’ose écrire, le Vel’ d’Hiv’, apocope de vélodrome d’hiver, … en tant qu’arène sportive. La télévision en noir et blanc venait de pénétrer dans le salon familial ; j’ai encore en tête les images joyeuses des Six jours de Paris cyclistes et les exploits de mon idole Jacques Anquetil vainqueur des deux dernières éditions de l’épreuve avant la destruction de l’enceinte de Grenelle. Que cela semble dérisoire, incongru, malsain mais aussi tellement évocateur du climat de l’après-guerre. Il fallait s’étourdir pour oublier les années noires. Robert Chapatte commentait avec enthousiasme les « chasses de nuit des écureuils », ainsi surnommait-on les coureurs de six jours. Roger Pierre et Jean-Marc Thibault entonnaient « Á Joinville-le-Pont Pontpont ! Nous irons guincher chez-chez ! », dans les gradins des populaires, la foule reprenait en chœur « Chez Gégèèèène » ! En son sein, combien savaient ? que savaient-ils ? et s’ils savaient, pourquoi préféraient-ils ignorer ce qui s’était déroulé hier, quinze ans auparavant en ce même lieu ? Honte, culpabilité, lâcheté, indifférence, ignorance, racisme, il y avait sans doute de tout cela ! Certains s’étaient sans doute même perdus à l’époque dans la dénonciation et la délation.

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La seule photographie de la rafle du Vel’d'Hiv’

Une plaque (trop) discrète sur un mur du boulevard de Grenelle raconte les faits : « Les 16 et 17 juillet 1942, 13 152 Juifs furent arrêtés dans Paris et sa banlieue, déportés et assassinés à Auschwitz. Dans le Vélodrome d’Hiver qui s’élevait ici, 4 115 enfants, 2 916 femmes, 1 129 hommes furent parqués dans des conditions inhumaines par la police du gouvernement de Vichy par ordre des occupants nazis. Que ceux qui ont tenté de leur venir en aide soient remerciés. Passant, souviens-toi ! » J’ai déjà évoqué cette horrible tache noire qui souille l’Histoire de France lors de ma promenade sur le pont de Bir-Hakeim (voir billet du 1er avril 2010). La rappeler n’est pas inutile en ce lendemain de Toussaint où 49 sépultures ont été profanées dans le cimetière israélite de Bar-le-Duc. Notre société n’est pas guérie ; parce qu’elle oublie inconsciemment ou pas, elle rechute. Comme je le fis en cette occasion, Julia se promènera pour les besoins de son article, aux abords de la rue Nélaton pour sinon comprendre, du moins humer quelque chose de l’irrespirable passé.
Et en ouverture du film, nous nous retrouvons au petit matin de cette effroyable opération de nettoyage ethnique baptisée ignominieusement vent printanier. Elle a été retardée de deux jours, fête nationale oblige, pour ne pas heurter la conscience des Français. Deux enfants, frère et sœur, chahutent joyeusement sous les draps du lit lorsque des coups retentissent à la porte de l’appartement, « Police, madame, ouvrez ! » En quelques secondes, des destins basculent dans le drame, des vies se brisent, s’arrêtent sans doute ou simplement peut-être car il ne s’agit finalement que de la police française. Sauve qui peut, sauve ce qui peut être sauvé, et Sarah a l’idée « géniale » de dissimuler son petit frère Michel dans la cachette des jeux heureux, le placard de la chambre dont elle conserve précieusement la clé.
Puis la caméra à l’épaule, impressionniste et réaliste, subjective à travers les yeux de Sarah, nous emporte au cœur de ce voyage au bout de l’enfer, les autobus vert et jaune, l’entrée et le séjour dans le vélodrome. Avec elle et ses parents, je me sens bousculé, étouffé, effrayé par les cris, les pleurs, les regards hagards ou terrorisés, bientôt affamé sans nourriture et un seul point d’eau. Une femme se suicide avec son enfant en se jetant des gradins supérieurs. Des excréments souillent le sol, il me semble renifler les odeurs insupportables. La reconstitution de la rafle est magistrale. Les scènes ont été tournées au vélodrome du bois de Vincennes comme le furent celles, plus statiques, de Monsieur Klein de Joseph Losey en 1976 et une séquence d’Edith et Marcel de Claude Lelouch, décidément les tribunes kitsch de la vieille Cipale avec ses poutrelles en ferraille offrent un décor privilégié à cette tragédie (voir billet La Cipale du 1er octobre 2008). Le cinéaste a même recours à un effet spécial pour couvrir d’une verrière, cette enceinte à ciel ouvert.
Et la poignante petite Sarah qui mûrit incroyablement au rythme de cette sauvagerie, et tarabuste ses parents comme déjà résignés à leur funeste destin : il faut aller chercher le petit frère dans son placard. Calé dans mon fauteuil, je tente d’imaginer, vainement bien sûr, quel aurait pu être mon comportement, celui de mes parents aussi. Effrayant !
Et j’ai la nausée en pensant que l’opération est conduite par notre police nationale et son secrétaire général René Bousquet, complaisamment à la botte de l’occupant nazi. Nous voyons des images d’actualités, ce n’est que le 16 juillet 1995, que Jacques Chirac, le président de la République d’alors, reconnut au nom de la nation, la responsabilité de la France dans la rafle et dans la Shoah : « Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français… Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 4 500 policiers et gendarmes français, sous l’autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis… La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. »
Julia, intriguée par les conditions dans lesquelles les grands-parents ont acquis leur appartement de la rue de Saintonge, se rend au Mémorial de la Shoah où elle découvre que dans la famille qui y vivait, si les parents furent déportés et tués à Auschwitz, il n’y a par contre aucune mention de leurs enfants Sarah et Michel.

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Dans le livre, l’alternance des chapitres traitant de Sarah et Julia dans leur époque, est marquée par une astuce typographique, ceux de l’été 1942 étant écrits en italiques. Dans le film, le passage du temps des faits à celui de l’enquête journalistique s’effectue imperceptiblement, sans procédé cinématographique spectaculaire, sans que cela nuise un instant à la fluidité et la compréhension du récit.
Et l’affreux cauchemar se poursuit à Austerlitz, « la gare qui avance sur le fleuve », avec le départ des trains vers une destination inconnue. Les investigations de Julia la mènent jusque dans le Loiret. C’est là que Sarah et ses parents sont transférés dans le camp de transit de Beaune-la-Rolande, antichambre d’une mort quasi certaine, reconstitué pour les besoins du film à Perdreauville dans les Yvelines. Les vrais camps de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers furent construits sur ordre des dirigeants de notre pays et placés, durant cette dramatique période, sous l’autorité du préfet de département chargé de veiller à l’application des lois promulguées par le gouvernement de Pierre Laval. Ils étaient exclusivement gardés par des gendarmes et des douaniers originaires des côtes atlantiques, parfois renforcés par des retraités de la gendarmerie et des douanes ainsi que quelques personnes sans travail, embauchées par voie d’affiches. J’imagine ceux qui habitent aujourd’hui dans ces villages chargés d’un passé aussi tragique. Certains furent contemporains des faits. Á leur porte, on chargeait des humains dans des wagons à bétail direction « l’abattoir » polonais d’Auschwitz. Peut-on parvenir un jour à vivre sereinement après cela ?

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Encore une fois, le grand angle de la caméra virtuose nous place au cœur de l’horrible panique, d’abord les hommes séparés des épouses et enfants pour être envoyés à Drancy, puis c’est le tour des femmes arrachées à leur progéniture sans aucun ménagement de la part de leurs gardiens français ; gros plans de mains désespérément accrochées à d’autres doigts ou quelques lambeaux de tissus, gros plans de regards emplis d’effroi, gros plans sur d’ultimes baisers. Je me surprends à baisser les yeux une seconde. Et la petite Sarah, la clé du placard en main, qui comprend qu’il y a urgence à s’évader du camp pour fuir l’inéluctable destin et délivrer son petit frère. Elle va s’échapper avec une camarade grâce à la bienveillante neutralité d’un gendarme dont elle a croisé plusieurs fois le regard dès le séjour au Vel’d’Hiv’, un regard sévère avec une pointe d’humanité, la preuve ! Il est difficile de juger l’attitude des gardiens dont le devoir de militaire est d’obéir et d’exécuter les ordres, sauf à condamner les brutalités envers les femmes et les enfants. J’essaie maintenant d’imaginer les tourments qui hanteront à vie l’esprit et la conscience d’un homme comme ce gendarme de Beaune-la-Rolande. Il a collaboré au départ de milliers de personnes vers la mort, il a offert à deux enfants une chance d’y échapper.
Le spectateur se fraye un chemin avec les deux fillettes au milieu des blés mûrs. Vient alors un des plus beaux plans du film, un cadre large, fixe, très graphique, presque esthétique, et les deux enfants s’éloignant dans le champ, ivres d’une fragile liberté. Étrange association de pensées, cela me rappelle la scène d’ouverture de La guerre des boutons : deux gosses qui dévalent la plaine pour sauver des tuberculeux en vendant des timbres. Le fait de guerre qui se déroule sous mes yeux est pourtant incomparablement plus dramatique, Sarah et Rachel tentent de sauver leur propre peau ainsi que celle de Michel dans le cagibi de l’appartement de la rue de Saintonge. Enfin un bol d’air dans l’atmosphère étouffante !
Mais là-bas, au camp, les nazis décideront bientôt la déportation en masse des enfants. Ce n’est plus la fiction mais la terrible réalité. Le 17 août 1942, environ 1 500 enfants, en très grande majorité français, dont les parents ont déjà été déportés, font partie du convoi n°20 qui les acheminera à Drancy dans des conditions épouvantables. Le plus jeune a quinze mois. Ils seront envoyés ensuite à Auschwitz en compagnie d’adultes afin que d’éventuels témoins croient qu’il s’agit de familles voyageant ensemble ! Les enfants seront en totalité gazés le jour même de leur arrivée en Pologne.
Julia a bouclé son article de presse sur la rafle. Son esprit est hanté par ce que sont devenus Sarah et son frère et comment les grands-parents de sa belle-famille ont pu prendre possession de leur appartement dès les premiers jours d’août 1942. Et puis, la vie continue malgré tout pour Julia aux prises avec un drame personnel. Son couple est en crise, notamment à cause du bébé qu’elle attend et dont son mari Bertrand ne veut absolument pas entendre parler. Une fillette dont on ignore si elle est encore de ce monde, un bébé qui ne naîtra peut-être jamais, deux enfants en sursis qui donnent un nouveau sens à la vie de Julia.
À ce moment du film, tandis que deux destins sont susceptibles de se croiser, il faut que je loue les deux actrices qui les portent. Kristin Scott Thomas, dans le rôle de Julia, est rayonnante de justesse, d’intelligence, de sensibilité, bref d’humanité. Je ne comprends pas que son mari Bertrand puisse s’en détacher, mais la fiction est ainsi ! À l’origine du projet, le réalisateur avait pensé à Jodie Foster, une autre comédienne bilingue que j’adore. Quant à Mélusine Mayance, elle incarne avec infiniment de talent l’évolution de Sarah enfant, de la petite fille souriante et espiègle à celle terrorisée et déterminée qui s’évade pour sauver son frère. À son sujet, le réalisateur la décrit très justement comme une « actrice dans un corps de petite fille ». Avant le tournage, lorsque Tatiana de Rosnay, l’auteure du roman, rencontra la future Sarah, et lui confia : « Tu sais, ce livre a changé ma vie et j’ai quarante-huit ans, il va changer la tienne », Mélusine lui répondit : « Oui, je sais, je suis prête ».
Puisque j’évoque le choix des interprètes, ce film possède aussi cette qualité du cinéma de ma jeunesse avec la présence d’admirables seconds rôles. Et pour commencer, Niels Arestrup, en paysan rustre du Loiret, endosse un costume de héros bien malgré lui. Parce qu’une nuit, les deux fillettes évadées du camp, affamées et épuisées, frappent à sa porte, sa vie bascule pour lui aussi. Il appartient sans doute à la grande majorité silencieuse des Français qui pense avant tout à ne pas avoir d’ennuis et à sauver sa peau. Mais un je ne sais quoi, un sentiment de culpabilité, un petit supplément d’humanité, le rangent soudain dans la vraie vie, au rang de Juste parmi les Nations, titre décerné au nom de l’état d’Israël par le mémorial de Yad Vashem, pour honorer ceux qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs.

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Michel Duchaussoy dans le rôle du beau-père de Julia, est également remarquable. Leurs relations ont longtemps été froides mais sa confession dans la scène à l’intérieur de l’automobile est bouleversante. Beaucoup se sont rués dans les appartements vidés de leurs occupants pour en prendre possession sans se poser la question de ce qu’étaient devenus les anciens propriétaires. Dans le film, le père Tezac peut enfin se libérer du lourd secret qui le hante depuis le retour de Sarah à l’appartement de la rue de Saintonge, et soulager ainsi enfin quelque peu sa conscience.
Elle s’appelait Sarah raconte une histoire banalement tragique dans le contexte de la rafle du Vel’d’Hiv’. Dans ma promenade au pont de Bir-Hakeim, j’avais fustigé une classe de lycéens plus préoccupés par les textos de leurs portables que par les victimes de la grande rafle figées dans le bronze.

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Ici, sur la pellicule, dans la relation décrite avec sensibilité sans sensiblerie, de deux destins de femmes mêlés à soixante ans de distance, entre thriller et mélo, il y a surtout un hors champ vertigineux. Rien ne semblait pouvoir troubler la vie de Julia, journaliste américaine installée à Paris : un mari architecte, une fille adorable, un prochain déménagement dans le quartier historique du Marais. Mais la fiction sert au réveil des consciences et à la survie de la mémoire. Pourquoi était-il si grave d’être juif ? Pourquoi eux ? Pourquoi comme cela ? Comment vivre quand on en revient ? Comment le vivre quand on en fut témoin ? Jusqu’où l’Homme peut-il aller dans l’horreur? Depuis que j’ai vu le film, les questions s’accumulent et le malaise grandit.
Lors d’une interview, Kristin Scott Thomas se posait la question de savoir quel aurait été son comportement si elle avait été confrontée à ce que vivent les personnages du film. Bien sûr, elle aurait aimé faire partie des héros … sans aucune certitude pourtant.
« Peut-on sortir indemne de ce genre d’aventure ? » entend-on dans le film. Évidemment non, et l’on peut presque ajouter, heureusement ! C’est là que réside le devoir de mémoire ; sans pouvoir effacer le passé, au moins le comprendre et s’en servir pour inventer un avenir meilleur. Je suis sorti de la projection, profondément ému par la scène finale lorsque l’image de Sarah se fond sur la nouvelle petite fille de Julia … une petite Sarah aussi bien sûr, qui saura comme sa maman, se montrer digne de l’héritage légué par ses aînés. Courez voir Elle s’appelait Sarah, vous pleurerez intelligemment, et ça fait du bien !

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 15 novembre, 2010 à 18:07 Anaïs écrit:

    Alors voilà, moi, à vos yeux certainement, je suis qu’une gamine . Parce que je n’ai que 12 ans (bientôt 13) et que je ne connais rien à
    la vie . Seulement, votre texte m’a beaucoup touchée ..
    Pourquoi ? Parce que j’adore écouter les récits des personnes âgées .
    Quand ils me racontent leur enfance, j’ai l’impression d’entendre le bruit des plumes sur le papier, et la voix sévère mais juste du professeur .
    J’adore écrire . Pour que mes souvenirs ne s’effacent pas avec le temps, que mes enfants et petits-enfants, dans des années et si j’en ai, puissent les lire et ressentir la même chose que ce que je ressens moi, maintenant, à mon âge .
    A bientôt !
    Anaïs .

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  2. le 15 novembre, 2010 à 18:41 encreviolette écrit:

    Le vieux monsieur qui compte près de cinq fois plus de printemps que vous, est très touché. Votre commentaire lui donne envie de croire au monde actuel si violent,trop injuste, et en perte de repères qu’il m’arrive de fustiger dans mes billets à l’encre violette.
    Écoutez (pas toujours)les personnes âgées et conservez (le plus longtemps possible) votre fraîcheur d’esprit.
    Avec mes remerciements.

    Répondre

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