Archive pour le 1 juillet, 2010

Va mal, VALMY, Va bien!

Je sais mes compatriotes souvent fâchés avec l’Histoire de France. Ont-ils conscience, par exemple, lorsqu’ils flânent à Paris, le long du canal Saint-Martin, sur le pavé des quais de Valmy et Jemmapes, que leur marche vers la place de la République prend un petit air d’allégorie ? En effet, nos vieux manuels d’histoire affirmaient que la fameuse bataille de Valmy, survenue le 20 septembre 1792, constituait l’élément fondateur de la République née le lendemain suite au vote unanime des députés de la Convention pour l’abolition de la royauté en France. Sur le piédestal de la statue de la République trônant sur la place éponyme, douze hauts-reliefs en bronze décrivent une chronologie des évènements majeurs de son histoire dont la victoire de Valmy.

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Même Goethe, le grand écrivain allemand, présent sur le champ de bataille aux côtés du duc de Weimar, rapporte dans son ouvrage Campagne de France qu’il avait déclaré ce soir-là : « De ce lieu, de ce jour, commence une ère nouvelle de l’histoire universelle, et vous pourrez dire : j’y étais ». Voilà en somme une lettre de mon moulin écrite avant la naissance d’Alphonse Daudet.
Ce moulin est visible depuis l’autoroute A4 à hauteur de l’aire de repos de Valmy. Ses ailes ainsi qu’un mémorial se détachent à l’horizon sur la ligne de crête d’une molle colline. Hommage d’un hussard noir de la République aux soldats grognards, le professeur d’histoire et le militaire qui sommeillaient dans mon père, me conduisirent dans mon enfance vers ce pèlerinage républicain (lire dans Portraits de famille, Michel Coffin, mon père). La situation géographique du lieu convient aussi à une halte à l’heure de midi lorsque je rends visite à mes attaches fraternelles alsaciennes. C’est dire que je ne voyage pas ici en terre inconnue et, une fois de plus, je mets mon clignotant pour prendre la sortie Sainte-Menehould, capitale gastronomique du pied de cochon. Il suffit alors d’emprunter sur une dizaine de kilomètres la voie de la Liberté, une route commémorant la victoire des alliés et la libération de la France lors de la seconde guerre mondiale.

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L’itinéraire suivi par la 3ème armée américaine commandée par le général Patton, depuis Utah Beach en Normandie jusqu’à Bastogne en Belgique, est matérialisé par des bornes kilométriques dont le modèle original est l’œuvre du sculpteur François Cogné. Il représente une torche, symbole de la liberté, sortant des flots, symbole du débarquement des troupes alliées.
L’histoire est un éternel recommencement et au nom de la liberté, une bataille peut en cacher une autre. Ce midi, pour pasticher Brassens, celle que je préfère, c’est la bataille de Valmy ! J’y suis, Valmy est une petite bourgade de la Marne, aux confins de l’Argonne, sur ce qu’on appelait dans mes livres d’école, le plateau de la Champagne pouilleuse non pas parce qu’elle était rongée par la vermine mais pour sa pauvreté et sa nudité dues à son sol calcaire. Les temps ont bien changé et avec la généralisation de la culture sous engrais, les moutons ont cédé la place à de riches terres agricoles. Le village comme beaucoup d’autres dans la Lorraine proche, s’enroule le long d’une rue principale au pied du mont de la Lune, sans doute un lambeau de butte témoin et de relief de cuesta comme vous l’apprîtes en classe de quatrième. Je me souviens d’un valeureux professeur d’École Normale qui, après relevé sur carte IGN des courbes de niveaux, nous demandait à l’aide de ciseaux, clous et marteau, de matérialiser à échelle réduite ce type de relief, en l’occurrence, celle de la côte de Bar. J’ai retrouvé cette maquette avec émotion, trente-cinq ans plus tard lors du déménagement du grenier familial. Je m’égare quoique si j’en crois Yves Lacoste, le talentueux fondateur de la revue Hérodote, la géographie, ça sert d’abord à faire la guerre ! Alors montons au front !

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Le temps de me hisser vers le site de la bataille, je vous trace un tableau des forces en présence, en somme la composition des équipes pour employer un langage sportif de mise en cette période de Coupe du Monde « footoir » ! Après la fuite de Louis XVI à Varennes le 20 juin 1791, les monarques d’Europe se sentent ébranlés dans leur existence et craignent une contagion révolutionnaire illustrée par une pétition des députés Jacobins demandant la déchéance du roi et la proclamation d’une république en France. Le 27 août 1791, par la déclaration signée à Pillnitz, la Prusse et l’Autriche menacent la France d’une intervention armée. À Paris, les députés girondins (rien à voir avec le club de football quoique ce groupe politique de la révolution française, soit nommé ainsi parce que composé de plusieurs députés de la région bordelaise !), derrière Brissot, plaident pour la guerre ; selon eux, il faut prendre de court la contre-révolution pour obliger le Roi à choisir son camp et libérer les peuples opprimés d’Europe. Le 20 avril 1792, malgré une rude opposition, notamment celle de Robespierre, l’Assemblée déclare la guerre au « roi de Bohême et de Hongrie » mais la guerre tourne très vite au fiasco, au point qu’à l’été, l’invasion du territoire paraît inévitable. Le 11 juillet, dans le fracas des armes, les députés déclarent « la Patrie en danger » et organisent la levée des volontaires. Dans la peur d’une attaque prussienne sur Paris avec la complicité du roi pour restaurer son autorité, les sans-culottes se soulèvent et le 10 août, la monarchie est renversée. C’est alors au nom d’une République qui ne dit pas encore son nom, et de sa liberté que le peuple en armes va faire face au péril extérieur. Le 18 août, une armée de 150 000 hommes, autrichiens et prussiens, entre en France. Face à eux, l’armée française est complètement désorganisée par le départ des officiers issus de la noblesse. Le duc de Brunswick, à la tête des troupes prussiennes, prend Longwy le 23 août puis Verdun le 3 septembre, ce qui lui ouvre la route de Paris. Les généraux Dumouriez et Kellermann, fraîchement nommés, arment alors des volontaires, des sans culottes à la hâte auprès de soldats professionnels pour enrayer la progression prussienne. Nous voici donc le 20 septembre 1792, à sept heures du matin ; il pleut à verse et la brume enveloppe le moulin de Valmy. Aujourd’hui, le temps est aussi à la grisaille mais je vous rassure, je possède quelques photographies prises en une autre occasion plus ensoleillée.

 

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« …Ils avançaient nu pieds et vêtus de haillons
Marchaient en rangs serrés criant vive la nation
Prêts à donner leurs vies pour que la liberté
Puisse enfin devenir une réalité
De Versailles aux Tuileries du Champ-de-Mars à Varennes
Ils avaient aboli les passe-droits et les chaînes
Quand ils virent se dresser le moulin de Valmy
Comme la proue d’un navire sur la mer démontée… »

Quoique puisse chanter Isabelle Aubret, nos valeureux sans-culottes virent surtout la carcasse fumante du moulin. En effet, lors de la bataille, le général Kellermann ordonna qu’il fût brûlé pour des raisons stratégiques. Visible à des kilomètres à la ronde, il constituait une cible parfaite pour l’artillerie prussienne.
Brave moulin, aussi solide que la République, contre vents et tempêtes, il a ressuscité trois fois et sa silhouette harmonieuse figure sur timbres et tableaux.

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Il fut d’abord reconstruit puis abandonné en 1832 à cause de sa piètre rentabilité. En 1939, une souscription fut ouverte et un nouveau moulin, transféré d’Attiches dans le Nord, fut inauguré en 1947. Las, la tempête du 26 décembre 1999 lui fut fatale. Il a retrouvé vie en 2005 grâce à une entreprise de Villeneuve d’Ascq qui l’a fabriqué dans ses ateliers dans l’esprit de l’architecture champenoise d’origine : son pivot de trois tonnes est demi-taillé dans un tronc de chêne de 300 ans provenant de la forêt d’Orléans. En parfait état de marche, ses ailes tournent au vent les jours de fête.

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J’arpente les champs de blé réveillés par le rouge sang des coquelicots. « Pour aimer les coquelicots et n’aimer qu’ça, faut être idiot ». Vous le savez (voir billet Le coquelicot du 16 juillet 2008), comme Mouloudji, j’ai un goût particulier pour cette fleur, héroïne du poème In Flanders Fields, qui fane au champ d’honneur.

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La quiétude de la fin de matinée contraste avec le vacarme qui régnait sur le plateau champenois il y a un peu plus de deux siècles. Malgré tout, la réputation du lieu lui colle à la peau et cinq militaires en tenue de combat, armés de redoutables engins, devisent au pied du moulin. En prêtant l’oreille, il apparaît que l’officier fait passer une batterie de tests d’ordre stratégique.

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Contrairement aux images d’Épinal ancrées dans la mémoire collective, ne suis-je pas en train de fouler le champ sans bataille de Valmy ? En effet, quel étrange combat s’effectuant à front renversé que celui imaginé par les généraux français : Dumouriez et Kellermann campent à une lieue de Sainte-Menehould regardant en direction de Paris qu’ils doivent défendre tandis que les Prussiens tournent le dos à une ville qu’ils envisagent de conquérir !

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Mes incompétences en stratégie militaire étant sans doute encore plus flagrantes que celles de Raymond Domenech en matière de gestion et tactique footballistiques, je m’en remets aux historiens qui décortiquent la bataille depuis 218 ans. Et comme pour l’affaire Anelka, les journalistes n’étaient pas dans le vestiaire de l’équipe de France, les historiens actuels n’étaient pas à Valmy ! Goethe pourrait nous fournir quelques renseignements intéressants s’il n’était pas mort en 1832 !
Donc selon l’Histoire officielle telle qu’on me l’enseigna dans ma jeunesse, ce 20 septembre 1792, le brouillard épais se dissipe un peu vers sept heures du matin. L’artillerie commence alors à tirer de part et d’autre et le feu est nourri sans être vraiment meurtrier pour aucun parti. Vers dix heures, Kellermann, placé au centre de la ligne, étudie les manœuvres de l’ennemi lorsque son cheval est tué sous lui d’un coup de canon. Presque dans le même temps, des obus éclatent au milieu du dépôt de munitions et font sauter deux caissons d’artillerie, blessant beaucoup de monde alentour et entraînant le repli des conducteurs des munitions. Faute de celles-ci, l’infanterie française opère alors un mouvement de recul. Vers onze heures, voulant battre le fer tant qu’il est chaud, le duc de Brunswick fait redoubler le feu de ses batteries. C’est alors que, considérant que la meilleure défense, c’est l’attaque (avec ou sans Ribéry !), Kellermann ordonne d’avancer. Il dispose son armée en colonnes par bataillon et quand elles sont formées, il leur adresse cette courte harangue : « Camarades, voilà le moment de la victoire ; laissons avancer l’ennemi sans tirer un seul coup de fusil, et chargeons-le à la baïonnette ! »

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Les courageux soldats français débordant de culot bien que sans-culottes, répondent à l’exhortation de leur chef au cri de Vive la nation que reprend Kellermann lui-même en mettant son chapeau au bout de son sabre. En un instant, tous les chapeaux sont sur les baïonnettes et les trente mille soldats de la Révolution, entonnant La Marseillaise, baïonnettes dressées, en colonnes d’attaque, marchent sur l’envahisseur décontenancé qui, bientôt, bat en retraite ! Vingt mille boulets sont tout de même échangés en une douzaine d’heures et la canonnade fait en tout et pour tout moins de 500 victimes (de trop !), 300 dans les rangs français et 184 chez les Prussiens.

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Le temps de vous conter la version officielle de la bataille, je me retrouve devant le mémorial commémorant le succès du général François-Christophe Kellermann qui fut par la suite élevé à la dignité de maréchal d’Empire en 1804 et obtint le titre de duc de Valmy en 1818 … comme quoi défendre de la République donne ses titres de noblesse !

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La statue en bronze représente le héros brandissant son sabre dans la main droite et son tricorne à panache tricolore dans la gauche. Sur une des faces de la stèle est gravée la célèbre phrase de Goethe. La prononça-t-il prophétiquement au soir de la bataille ? En effet, elle est extraite de sa Campagne de France écrite trente ans plus tard !
Une batterie de canons garde le monument. Étrangement, ils sont made in England et le général Pichegru et ses hommes les récupérèrent sur des navires hollandais lors de la bataille du Helder (Pays-Bas) en 1795. L’armée française était en fait équipée du tout nouveau canon Gribeauval, du nom de son concepteur, robuste et mobile. Il pouvait tirer avec précision deux ou trois obus à la minute jusqu’à une distance de 1800 mètres.

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À quelques pas, se trouve un obélisque de pierre. Il renferme dans une boîte en plomb le cœur du général qui souhaitait reposer au milieu de ses braves soldats.

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Les restes de sa dépouille se trouvent au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Les batailles de Valmy et de Marengo à laquelle se distingua son fils, sont mentionnées sur le monument.

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À l’entrée de l’allée plantée de sapins menant au mémorial, une chapelle en briques renferme les cendres de la princesse de Ginetti arrière petite-fille de Kellermann et bienfaitrice de la commune. Un croissant de lune figure sur un blason au fronton, peut-être en souvenir des combats sur la hauteur de la Lune qu’on appela pendant longtemps la bataille de la Lune.

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À l’écart de la légende de la victoire de la sans-culotterie et du monde des campagnes sur la meilleure armée d’Europe, du succès de l’armée forgée par la Révolution sur celle de l’Ancien Régime, de nombreux historiens proposent des lectures iconoclastes de la bataille réduite par exemple par la revue Hérodote à une modeste canonnade. Les propos même de Goethe plaident en ce sens : «…Ainsi s’était passée cette journée. Les Français n’avaient pas bougé. Kellermann seul était allé occuper une position moins incommode. On retira nos gens du feu, et ce fut comme si rien ne s’était passé. La plus grande consternation se répandit dans l’armée. Le matin encore, on ne parlait que d’embrocher et de manger les Français en bloc. Moi-même j’avais été attiré dans cette dangereuse aventure par la confiance absolue que m’inspiraient notre armée et le duc de Brunswick. Or, maintenant, chacun s’en allait, marchant devant lui rêveur, on évitait de se regarder, et quand les yeux se croisaient, on se répandait en jurements et en malédictions. A la nuit tombante, le hasard avait réuni un cercle au centre duquel on ne put même pas, comme d’habitude, allumer un feu. La plupart restaient silencieux, quelques-uns causaient, mais, à vrai dire, personne n’était en état de réfléchir ni de porter un jugement. ». On s’interroge sur la victoire trop facile, sur le peu d’entrain des Prussiens bien qu ‘ils possédassent la meilleure armée d’Europe et sur la manière dont ils battirent en retraite sans être poursuivis. On connut les Allemands plus teigneux avec l’infâme Schumacher à leur tête, en 1982 à Séville quand ils nous terrassèrent en demi-finale de Coupe du Monde ! Pardonnez mes références irrévérencieuses ; elles n’ont pour but que de vous faire sourire et d’ailleurs, les journalistes sportifs n’empruntent-ils pas souvent au langage guerrier dans leurs dithyrambes.
Me croiriez-vous si je vous disais qu’une chiasse carabinée serait une des causes de la fuite sans résistance de l’armée prussienne à Valmy ? Septembre 1792 fut un mois pourri et les pluies transforment les routes en torrents de boue. L’intendance ne suit pas et les troupes austro-prussiennes restent une semaine sans couchage ni ravitaillement. Les soldats, crottés, épuisés, affamés, se rabattent sur ce qu’ils peuvent trouver, quelques pommes de terre, des mirabelles en Lorraine, des grappes de raisins dans les vignobles champenois. La Fontaine, le fabuliste de Château-Thierry qui n’est distant que de 150 kilomètres, aurait souri à cet épisode des raisins verts. Bref, la dysenterie décime les rangs prussiens et d’épouvantables coliques en font des … sans-culottes d’un autre genre !
L’hypothèse d’une tractation financière est également avancée. Je sais bien qu’une enveloppe bourrée de billets enterrée dans un jardin servit au truquage d’un match de football entre l’Olympique de Marseille et Valenciennes mais de là à penser qu’il y eut corruption à Valmy … Et pourtant, on prétend que le duc de Brunswick, joueur fanatique criblé de dettes, aurait été acheté par Danton avec les diamants de la couronne royale de France curieusement volés quatre jours plus tôt. Il est troublant que dans l’inventaire de la succession de Brunswick, dressé après sa mort survenue en 1806 figuraient la Toison d’Or, un diamant bleu et quelques autres pierres provenant effectivement du trésor royal français.
On a envisagé aussi que des appartenances franc-maçonniques auraient facilité des arrangements clandestins entre le duc Charles de Brunswick, Danton maçon de la Loge des neuf sœurs et le général Dumouriez haut dignitaire du Grand Orient.
Tout cela devrait faire l’objet d’expositions et de conférences dans le musée et le futur centre d’interprétation historique du site de la bataille de Valmy qui ouvriront leurs portes en 2011 en contrebas du moulin. Les divergences portent sur l’événement lui-même et non pas sur son importance. Si Valmy ne fut pas une grande bataille d’un point de vue militaire, il est indiscutable qu’elle constitue symboliquement une authentique victoire de la France et de la Révolution, la première grande victoire des armées de la nouvelle République française.
En redescendant dans le village, je m’arrête quelques instants devant la statue de Francisco de Miranda, un militaire vénézuélien qui, arrivé en France en mars 1792, fut nommé sur les conseils de Danton, brigadier dans l’armée de la Meuse commandée par Dumouriez et « mit son épée au service de la France, sa seconde patrie » à la bataille de Valmy.

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Il est inscrit aussi sur la pierre que la « France et le Venezuela voient en Francisco de Miranda un symbole de leur union intellectuelle et de leur indestructible amitié ». Cela ne parut pas aussi limpide entre les présidents Chàvez et Sarkozy au moment de l’affaire Ingrid Betancourt.
De l’autre côté de la chaussée, se trouve un buste du général Simon Bolivar qui reprit l’œuvre de libération de l’Amérique du sud entreprise par Miranda, et affranchit le Venezuela de la domination espagnole.

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Les deux hommes ne semblaient pas être les meilleurs amis du monde car après que Miranda eût signé un armistice en 1812 avec l’ennemi, Bolivar, considérant cela comme un acte de trahison, le fit arrêter et le livra aux Espagnols qui l’emprisonnèrent à Cadix jusqu’à sa mort.
Du beau monde participa à la bataille de Valmy. Outre Goethe dans le camp ennemi, on relevait la présence dans les rangs français de Pierre Choderlos de Laclos, officier militaire chargé de l’organisation du camp de Châlons, inventeur de l’obus et écrivain du chef-d’oeuvre romanesque Les liaisons dangereuses ainsi que celle du lieutenant-général Louis-Philippe d’Orléans, duc de Chartres, qui deviendra Louis-Philippe 1er, roi des Français (et non pas roi de France) en 1830 sous la Monarchie de Juillet. C’est peu après son avènement que le quai Louis XVIII longeant le canal Saint-Martin à Paris, fut rebaptisé … quai de Valmy !
On notera la discrétion des hommages au général Charles-François Dumouriez. Il eût pu prétendre à la même aura que Kellermann d’autant que son armée brilla au mois de novembre suivant en vainquant les Autrichiens à Jemappes en Belgique. Mais ses ambitions personnelles le conduisirent à lever son armée contre la Convention puis ayant échoué dans son coup de poker, à passer à l’ennemi. Il mena alors une vie de proscrit en Angleterre jusqu’à sa mort.
Saut dans le temps, Bolivar contemple de l’autre côté du monument aux morts, un des chars américains M47 de la 3ème armée du général Patton qui libéra Valmy le 30 août 1944.

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Treize heures : il y a 218 ans, les sans-culottes effectuaient leur avancée victorieuse ; il est temps de passer à table au Kellermann, le seul restaurant du village. Pour trinquer à l’an 1 de la République (ainsi Danton proposa dès le lendemain de la bataille, de dater désormais tous les actes publics), je commande un canon … de Valmy, en l’occurrence une canette de bière locale !

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En fin d’après-midi, après un bon bout de route sur la voie de la Liberté via Verdun puis Gravelotte (où il ne pleuvait pas comme en 1870 !) j’atteins Strasbourg, ville natale de Kellermann ! Sur la place Broglie, dans une attitude moins exaltée qu’à Valmy, il nous salue avec son tricorne.

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Je cite encore Goethe dans sa Campagne de France : « Ils s’étaient approchés en silence de nous, quand d’un coup leur musique entonna la marche des Marseillais. Ce Te Deum révolutionnaire a toujours quelque chose de triste, comme d’un pressentiment, quelle que soit l’ardeur avec laquelle on le chante ; mais cette fois-ci, ils le prirent dans un tempo très mesuré, en suivant le pas lent des chevaux. C’était saisissant et terrible. »
Ce chant des Marseillais n’est autre que La Marseillaise, écrite dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 par Rouget de Lisle, en garnison alors à Strasbourg, pour l’armée du Rhin suite à la déclaration de guerre de la France à l’Autriche. Elle devient notre hymne national le 14 juillet 1795. Un monument le célèbre de l’autre côté de la place Broglie.

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Victor Hugo évoqua Waterloo morne plaine le 18 juin 1818 ; aujourd’hui, c’était Valmy colline inspirée le 20 septembre 1792 ou la naissance de la République pour les Nuls ! Et pour pasticher la publicité sur la prise de la pastille Valda, on aurait pu clamer trois ans après l’assaut de la Bastille, « Va mal, VALMY, Va bien« !

Publié dans:Coups de coeur, Ma Douce France |on 1 juillet, 2010 |5 Commentaires »

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