Archive pour le 24 septembre, 2009

Quel Cirque pour acheter du pain!

Ce matin-là, en allant chercher le pain, j’ai trouvé … « Panem et circenses », littéralement du pain et des jeux de cirque, vous connaissez cette expression de Juvénal, poète latin de la fin du premier siècle et du début du second de notre ère, qui décrivait ainsi comment les empereurs romains « endormaient » (aujourd’hui, on dirait « enfumaient » !) la plèbe en lui proposant une distribution gratuite de farine et des divertissements.
Ainsi, le Circus Maximus dont on peut encore voir quelques vestiges à Rome, est le plus vaste et le plus ancien de tous les cirques publics. Long de 600 mètres, large de 200, il se blottit entre les collines du Palatin et de l’Aventin sur les versants desquelles s’entassaient les spectateurs. Par la suite, furent construites des tribunes pouvant accueillir, selon les époques, de 140 000 à 385 000 personnes passionnées de courses de chars, de combats de gladiateurs et de naumachies (vous retrouverez la définition de ce mot dans mes billets Au Parc Monceau du 5 novembre 2008 et Joutes à la Pointe Courte du 1er juillet 2009). Pendant ce temps, au grand soulagement des Césars, elles oubliaient les problèmes de Rome, les défaites sur les champs de bataille et la corruption omniprésente.
Aujourd’hui, l’expression demeure d’actualité pour dénoncer la société du spectacle où la télévision et le sport jouent parfois un rôle d’asservissement et d’abrutissement. Souvenez-vous, le temps de l’été 1998, le bon peuple français, ébloui par les exploits de la bande à Zidane victorieuse de la Coupe du Monde de football, vantait la génération black blanc beur et oubliait la dure réalité socioéconomique. Vous savez ce qu’il reste à faire à Raymond Domenech, Henry et Ribéry, en juillet prochain, en Afrique du sud, notre président et ses ministres leur en seraient reconnaissants … mais « c’est pas gagné » !!!
Bref, ce matin-là, allant comme de coutume a pedibus cum jambis (un peu douloureuses ces temps-ci !) chercher mon panem, qui croyez-vous que je croise ? Un aimable voisin qui déblatère sur la météo un peu tristounette ou les problèmes de ravalement dans notre résidence ? Que nenni ! Soudain, blatèrent sur mon chemin … un puis deux puis trois chameaux au port de tête très hautain ! Visiblement, je semble les déranger dans leur dégustation des arbustes environnants. Quels sont ces africains qui viennent manger le pain, pardon l’herbe des français ?!!!

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Pour être exact, deux dromadaires composent le trio de camélidés. Vous connaissez l’astuce pour les distinguer : le cha-meau deux syllabes, deux bosses, et donc le dromadaire une seule bosse (malgré ses 4 syllabes !) !

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Mes pensées s’envolent vers Gizeh, dans la banlieue du Caire, lorsque j’empruntai un de ces « vaisseaux du désert » pour faire le tour des pyramides. Très vite cependant, la réalité urbaine me rattrape ; le bus qui s’arrête non loin de moi n’est pas un direct Kheops Mykérinos mais la navette pour la gare de La Verrière dans les Yvelines.

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Par souci de cultiver mes lecteurs gascons (j’en ai !), savent-ils qu’il exista un dromadaire landais ? En effet, au dix-neuvième siècle, Monsieur de Sauvage, c’est son nom, eut l’exotique idée d’importer des dromadaires d’Egypte pour qu’ils effectuent les travaux forestiers pénibles dans la lande gasconne avant son assainissement et la fixation des dunes.
Conséquence cocasse, les landais crurent récemment tenir leur parc jurassique en exhumant un dinosaure mais, promesse de Gascon, il ne s’agissait que d’ossements de dromadaires !
C’est alors là que je tombe nez à nez avec un lama, non pas Serge ni le Dalaï tibétain, mais un cousin sud-américain des camélidés précédents ; à moins que ce ne soit un alpaga vu son vif intérêt pour un camion à l’enseigne des textiles Vêti. Rien de plus logique finalement puisque nous sommes sur le parking d’Intermarché, la chaîne des Mousquetaires (gascons ?), épisodiquement squatté par de modestes cirques et leurs ménageries.

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Ça sent le fauve ! Habitué à fréquenter huit majestueux lions en bronze au rond-point voisin des 7 mares (voir billet du 17 septembre 2008 Plaisir des sens giratoires et des ronds-points), je ne m’émeus guère de rencontrer au carrefour, des fauves tourner en cage.

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C’est l’heure de la toilette, malgré la chaleur peu équatoriale, un employé du cirque les asperge copieusement avec un vulgaire tuyau d’arrosage fixé à la borne d’incendie voisine. Voilà où s’écoule une partie de mes impôts locaux !
Des automobilistes ralentissent, projettent-ils de mettre un tigre dans leur moteur ?

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J’ai de drôles d’idées, j’imagine un instant la panique qui pourrait gagner la jungle d’Elancourt si l’un de ces fauves venait à s’échapper. La réalité n’est pas si loin que cela de ma fiction, puisque pareille mésaventure est déjà survenue avec ce cirque qui semble ne pas connaître bonne presse. Ainsi, en Alsace, une lionne fut capturée dans la cour d’un lycée de Molsheim tandis qu’on abattit un lion terrifiant les voyageurs sur le quai de la gare.
Me revient en mémoire une anecdote tragi-comique qui se déroula dans l’école de mon enfance, plus exactement dans la ménagerie de fortune qui s’y installa quelques années après mes études à l’encre violette (voir Avant-propos du blog). Une panthère, inspirée par la « savane bocagère » du Pays de Bray, prit la poudre d’escampette. L’alerte fut donnée par un pauvre cycliste qui la croisant à la nuit tombante, entre chien et loup, prit ses jambes à son cou (pas facile de pédaler ainsi !) et sprinta vers la ferme la plus proche. Malheureusement, sa réputation notoire d’ivrogne n’étant plus à faire, les paysans mirent sa rencontre rocambolesque sur le compte d’une consommation abusive de « goutte ». Encore heureux que la panthère ne fût pas rose ! L’affront fut lavé, le lendemain, quand on récupéra le félin dans un potager quelques centaines de mètres plus loin.

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Une vidéo d’amateur qui traîne sur Youtube montre un employé de ce même cirque (décidément !) sortant d’une caravane, un python à la main, et l’enveloppant délicatement dans un édredon crevé sur une table de camping, probablement pour le réchauffer. C’est justement la semaine de dépôt des encombrants, pas sûr que je rôde dans le coin !
Je m’étonne de voir deux oies enfermées derrière les grilles d’un vaste camion chargé du transport des animaux domestiques. Je ne sais si elles cacardent, cagnardent ou criaillent mais elles se plaignent de ne pas jouir de la même liberté que leurs trois congénères en bronze qui ont investi un rond-point voisin. Liberté dont l’une d’entre elles, abusa, il y a quelques années, sans doute dérobée par un amoureux de la sculpture animalière !
Voilà ce que c’est de bénéficier d’espaces verts, des buffles et d’autres chameaux et lamas (à moins que ce soient des vigognes ou guanacos !), broutent paisiblement dans une prairie, sous les yeux brillants de bambins accompagnés de leurs parents.
Dans l’avenue du fond des roches, une camionnette s’ébranle, son haut-parleur éructant des annonces de futures représentations, et une musique entraînante qui ressemble étrangement à celle du générique de la célèbre émission télévisée d’antan La Piste aux étoiles. Cela me rappelle les mercredis soirs de mon enfance (l’école était chômée le jeudi à cette époque) quand apparaissait sur l’écran noir et blanc, Bernard Hilda, un petit bonhomme bondissant, dirigeant son orchestre, au-dessus de l’entrée des artistes.

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Cela me renvoie aussi aux chefs d’œuvre de Federico Fellini et aux magnifiques musiques de ses films composées par Nino Rota, le thème de La Strada avec la troupe Zampano, et la joyeuse fanfare de clowns de Huit et demi virevoltant et soufflant dans leurs clarinette, saxophone soprano, saxhorn et piccolo. La séquence s’achève avec un clown blanc éclairé dans la nuit noire du terrain vague devenu piste de cirque par le génie du cinéaste italien. Magique, enfantin, poétique !
L’humoriste Guy Bedos achevait son spectacle au Cirque d’hiver par un magnifique hommage aux saltimbanques : « Rejoignez-moi dans ma parade Tu ris, tu pleures, tu pleures, tu ris. Tu vis, tu meurs, tu meurs, tu vis, Comediante,Tragediante. C’est ça, c’est ça, la vie… Tu combats Giscard et Chirac et vingt après, tu te retrouves avec Sarko et Ségolène ! La vie est une comédie italienne (cela s’applique comme un gant actuellement avec Berlusconi ndlr). Auteurs, acteurs, spectateurs, pour un soir… l’espoir… » puis le clown citoyen saluait son public en tournant sur la piste aux accents de cette sublime musique. Émouvant !
Je pense encore à la musique des Temps modernes de Charlie Chaplin, celui-là même qui réalisa Le Cirque dans lequel se réfugie Charlot le vagabond pour échapper à un policier au prix de gags désopilants. Dans l’un d’eux, il se retrouve en cage au milieu des lions. Hilarant !
Dommage, ce matin, aucun clown ne surgit d’entre les caravanes, seules leurs bouilles peinturlurées s’affichent sur la carrosserie des camions customisés.

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« Pour ton nez qui s’allume
Bravo ! Bravo !
Tes cheveux que l’on plume
Bravo ! Bravo !… »

Je pense à Grock, le clown suisse avec son minuscule violon qu’il transportait dans une volumineuse valise, et sa répartie Sans blague qu’il déclamait invariablement sur tous les tons !
Viva (Achille) Zavatta, inoubliable Auguste avec son nez rouge, son chapeau et son bouquet de fleurs arrosant le public ! Son nom demeure si ancré dans nos mémoires qu’une quarantaine de cirques médiocres tournent aujourd’hui à travers la France en usurpant souvent une filiation mensongère.

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Le cirque moderne inspiré des jeux antiques romains et des troubadours du Moyen Âge, est né le 9 janvier 1768 à Londres grâce à Philip Astley qui, de retour d’Amérique, décide de créer des spectacles équestres entrecoupés de numéros de bateleurs. Le cirque ménagerie et la présentation d’animaux sauvages datent du dix-neuvième siècle avec les différentes vagues de colonisation.
Dans mon enfance, chaque année, un cirque réputé Amar, Pinder, Bouglione, Rancy plantait son chapiteau au marché aux bestiaux de mon bourg natal. Dans l’après-midi, mon père m’emmenait visiter la ménagerie. En ce temps-là, il n’y avait guère de zoos et encore moins de safaris et de réserves africaines. Nos yeux s’écarquillaient devant ces animaux que nous ne connaissions qu’à travers nos livres d’images. Nous n’étions pas trop rassurés lorsque, avec leur trompe, les éléphants nous enlevaient les cacahuètes de la main. Évidemment, nous nous attardions devant les facéties des chimpanzés.
En soirée, tout ce joli monde animal entrait en représentation pour notre plus grand plaisir. Un peu froussard, je m’inquiétais de la hauteur des grilles et de la bonne fermeture de la porte lors des numéros de domptage des fauves. Depuis que j’avais vu au cinéma Le Rex à Paris, le Grand Sebastian tomber dans la super production hollywoodienne Sous le plus grand chapiteau du monde, j’appréhendais les évolutions des trapézistes.
À cette époque, sans doute pour des raisons commerciales, certains de ces cirques s’associèrent à des stations de radio ou à la télévision, et mêlèrent aux numéros classiques, des éléments étrangers à la piste, des présentateurs vedettes, des prestations d’artistes de music-hall, des exhibitions de champions sportifs, des jeux radiophoniques.
Je me souviens de l’engouement que suscita la présence au sein du cirque Pinder, de Julien Darui, un célèbre gardien de but de l’équipe de France de football des années 1930-40. Mon père qui l’avait vu évoluer, me faisait saliver en contant sa carrière et son style spectaculaire.
Chargé d’arrêter des pénalties sur la piste, celui qui fut élu en 1999 « meilleur gardien du siècle » par le quotidien sportif L’Équipe, n’eut guère de difficulté à montrer quelques uns de ses beaux restes face à la maladresse des footballeurs de l’équipe locale.
Une autre fois, la population brayonne s’entassa sur les gradins pour entendre Jacques Hélian et sa formation, le plus grand orchestre de variétés et de jazz de l’après-guerre. Il avait fait chanter et swinguer la France au son de Fleur de Paris, l’hymne de la Libération, C’est si bon et la fameuse Étoile des neiges, mon cœur amoureux ! La vague déferlante des yéyés expliquait probablement la présence de l’artiste dans ce cadre. Quelques années auparavant, chantaient dans son big band, Zappy Max et Lucien Jeunesse qui allaient devenir de célèbres animateurs de jeux radiophoniques. Les plus anciens d’entre vous se souviennent de Quitte ou double, de La Chose, du Crochet, du Personnage mystérieux, plus récemment du Jeu des mille francs ! Ces émissions se déroulaient en direct sur la piste entre les attractions de cirque.
Dans le Quitte ou double animé par Zappy Max, le candidat devait répondre à dix questions sans aucun indice ni choix de réponses. S’il fournissait une réponse erronée, il était éliminé et repartait les poches vides, s’il avait juste, il avait le choix entre quitter le jeu ou doubler ses gains. En ce temps-là, il ne suffisait pas de vouloir gagner des millions mais de pouvoir !
L’abbé Pierre obtint un début de célébrité comme vainqueur de ce jeu en 1952. Un autre ecclésiastique, Mgr Aimond, connut la gloire en empochant 256 000 francs en 1954 (une grosse somme à l’époque) et 512 000 francs en 1955. Comme quoi ça peut servir d’entretenir d’excellentes relations avec le bon Dieu !
Collégien frais émoulu, j’eus l’occasion de participer à une épreuve de sélection pour Le personnage mystérieux des jeunes, dans un coin de la caravane de Lucien Jeunesse en personne. Heureux élu, je me retrouvai en soirée sous les feux de la rampe, au milieu de la piste. Ma confusion entre Blanche de Castille et Aliénor d’Aquitaine, sa grand-mère, m’empêcha de connaître quelques instants de célébrité locale.
La présence d’un cinéma à proximité de la maison de mon enfance m’offrit le privilège de nourrir ma culture cinéphilique avec tous les nanars de Darry Cowl et Jean Richard ! Ne vous moquez pas, je vous ai tout de même évoqué Fellini ci-dessus ! Et puis, à côté de ses films alimentaires, Jean Richard fit une honorable carrière d’acteur, rappelez-vous du Père Lebrac de La guerre des boutons et des enquêtes du Commissaire Maigret à la télévision.
Bref, lorsque son cirque posa ses tréteaux en Pays de Bray, je m’interrogeai comment les lions et les tigres accueilleraient le « benêt sympathique au parler de Champignol qui fleurait bon le terroir », reconverti en dompteur. L’acteur en costume cravate jouant de son personnage d’ahuri, haranguait, debout derrière les grilles, le dompteur en action, avant de, sous la pression du public, pénétrer sur la piste. Nous assistions alors à un très honnête numéro de domptage parsemé des facéties franchouillardes du fantaisiste.
Il y avait certes beaucoup moins de grâce que chez la blonde Isabelle Pasco, la dompteuse de Roselyne et les lions, un film plein d’esthétisme comme y excelle Jean-Jacques Beineix.
Pour que les moins de cinquante ans se fassent une idée du cirque d’antan qu’ils ne peuvent pas connaître, qu’ils imaginent un instant en tournée sous chapiteau, Zidane défiant le gardien de but de l’équipe locale, le grand orchestre du Splendid avec Coluche, et Nagui ou Jean-Pierre Foucault enregistrant leurs jeux en direct.
L’essor de la télévision amorça la mort du cirque sur la piste. En 1970, Federico Fellini, encore lui, évoqua ce déclin dans Clowns, un hommage pathétique aux saltimbanques qui illuminèrent son enfance et éclairèrent sa carrière. Le film commence avec un enfant tout habillé de blanc tel un pierrot lunaire qui, entrouvrant les volets de sa chambre, découvre la montée d’un chapiteau et plonge alors dans un univers merveilleux de rêve et de poésie. Il s’achève avec l’enterrement symbolique « du dernier » clown. Sublimement beau et … poignant !

« Ce soir étrangement, le chapiteau repose.
La mort a fait main basse sur le rire des enfants.
Le clown s’en est allé et la lune répand
Sur son lit les onguents de la métamorphose.
La fanfare affligée et l’écuyère en pleurs,
Les petits poneys blancs aux toupets de velours
L’escorteront demain à grands coups de tambours
Sur la butte escarpée où sera sa demeure.
Lui, drapé dans l’azur, ira dire aux planètes
Naissantes et toutes pleines de vie à décanter,
Le secret lourd et bleu des rires désenchantés
Qui sonnent en mineur les flonflons de la fête… »
(Yves Jamait)

Amoureux du cirque, Jacques Tati lui rendit aussi un vibrant hommage en réalisant Parade, son dernier film qui ne sortit jamais en salles. Comme un clown qui effectue son dernier tour de piste, il y décrit le petit cirque familial qui vient parfois vous rendre visite en province, un peu comme celui qui envahit mon quartier aujourd’hui. Il s’attarde sur toutes les étapes du spectacle, depuis l’arrivée des spectateurs jusqu’à la vie souvent mouvementée des coulisses avec la préparation des numéros et les imprévus que le spectacle peut engendrer. Également acteur, il présente dans le rôle du Monsieur Loyal une succession d’attractions entre lesquelles il reprend quelques sketches de ses films : le tennisman des Vacances de Monsieur Hulot, le footballeur, Darui ? Tati disait que le cirque était une merveilleuse école de gentillesse et de simplicité sans laquelle jamais Chaplin, Buster Keaton , Laurel et Hardy n’auraient existé. Il faisait référence probablement plus aux clowns, jongleurs et équilibristes qu’aux animaux sauvages qui connaissent souvent d’affreuses tortures lors de leur apprentissage de bêtes de cirque avant de vivre misérablement dans leur cage de ville en ville.
Sur la route des vacances vers l’Ariège, j’ai envisagé plusieurs fois de revivre l’histoire du Cirque que retrace le musée qui lui est consacré, à Vatan, petite cité berrichonne le long de la nationale 20. Malheureusement, j’ai toujours trouvé porte close et comme le suggère le nom de cette bourgade, je suis reparti … bredouille.
Je rebrousse chemin, ma baguette campanière sous le bras. Les employés d’une société conceptrice de logiciels, oasis industrielle encerclée de camions et caravanes bariolés, ferment les fenêtres de leurs bureaux, peut-être excédés par les rugissements intempestifs des fauves. Sur chaque réverbère, une affichette vante le clou du spectacle, un hipopotame, oui un hippopotame avec un seul p , c’est vrai que cela ne court pas les savanes, sans doute pour la plus grande joie de François de Closets qui promeut actuellement sur les écrans, son livre Zéro faute, sorte de réquisitoire contre l’orthographe. « Tout fout l’camp mon bon monsieur » me dirait ma boulangère, « même le cirque »!
Heureusement, élevé au rang d’art, il a reconquis ses lettres de noblesse et renouvelé le genre avec le Cirque du Soleil d’origine québécoise qui ne propose aucun numéro avec des animaux, et le Théâtre équestre Zingaro animé par le génial Bartabas qui a investi pour son travail de dressage, les anciennes écuries du château de Versailles, retrouvant d’une certaine manière, les fondements du cirque d’Astley.

Publié dans:Coups de coeur |on 24 septembre, 2009 |2 Commentaires »

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