Vive le printemps

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Au-delà de mon clin d’œil iconographique, pour fêter le printemps neuf du vingt et unième siècle, je m’efface derrière les rimes du regretté Félix Leclerc, le père de la chanson québécoise.
Autant Gilles Vigneault est le troubadour de la « poudrerie » et des joyeuses veillées hivernales (à Saint Dilon ou ailleurs), autant l’ami Félix est le chantre du printemps qu’il célébra avec ses bottes, sa chemise à carreaux et sa guitare comme bouclier aux froids,.
« J’aime mon pays parce que les saisons se retrouvent toujours bien à leur place, marquées par la nature et en accord avec elle », confiait-il souvent.
Saluons d’abord son (L’) hymne au printemps, ballade paysanne qui acquit au fil du temps, une dimension politique avec « les crapauds qui chantent la liberté ».

Les blés sont mûrs et la terre est mouillée
Les grands labours dorment sous la gelée
L’oiseau si beau, hier, s’est envolé
La porte est close sur le jardin fané.

Comme un vieux râteau oublié
Sous la neige je vais hiverner
Photos d’enfants qui courent dans les champs
Seront mes seules joies pour passer le temps
Mes cabanes d’oiseaux sont vidées
Le vent pleure dans ma cheminée
Mais dans mon coeur je m’en vais composer
L’hymne au printemps pour celle qui m’a quitté.

Quand mon amie viendra par la rivière
Au mois de mai, après le dur hiver
Je sortirai, bras nus, dans la lumière
Et lui dirai le salut de la terre.

Vois, les fleurs ont recommencé
Dans l’étable crient les nouveaux-nés
Viens voir la vieille barrière rouillée
Endimanchée de toiles d’araignées
Les bourgeons sortent de la mort
Papillons ont des manteaux d’or
Près du ruisseau sont alignées les fées
Et les crapauds chantent la liberté
Et les crapauds chantent la liberté.

Levons maintenant nos yeux vers l’azur pour le Passage de l’outarde, cet oiseau échassier qui file vers le nord. Entre chaque couplet, Félix en imite le sifflement …

« Passage de l’outarde en mai, qui file vers le nord
Plus qu’une main de femme fait frissonner mon corps
Mes ailes fatiguées ne peuvent pas la suivre
Sans île dans l’azur, plus de raison de vivre

Qu’ai-je fait qu’ai-je dit durant tous ces hivers
L’oreille sur ma porte attendant une venue ?
La porte s’est ouverte dans un éclat de rire
Et à l’oiseau en cage une île est apparue

Depuis bien des matins je t’apprends la marée
La semence du grain et la fin des gelées
Mais toi riant tout plein tu m’apprends que la joie
Tu la portes en ton sein et que l’auteur c’est moi

Passage de l’outarde revenant de bien loin
Elle fuit la poudrerie avec tous ses poussins
Dans mon jardin d’automne debout cabrant les reins
Je lui montre ma vie au bout de mes deux poings. »

Il suggérait de « prévoir que dans la vie, il y a des périodes différentes qui sont à l’image de nos quatre saisons ».
Profitons donc du printemps ! … et en toute saison, écoutez Félix Leclerc, un immense poète qui, avec sa guitare, savait faire des trous dans la glace !

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