Archive pour janvier, 2009

Le sulfureux destin de Victor Noir

Vous vous souvenez peut-être de « Télémagouille », le sketch mythique des Inconnus au cours duquel Mamadou (Pascal Legetimus) doit trouver la couleur de peau des personnalités citées par le présentateur :
« Michel Blanc ? Blanc ; Eric Blanc ? Noir ; Gérard Blanc (le chanteur du Martin Circus disparu dimanche dernier-ndlr) ? Blanc ; Michel Noir ? Blanc ; Attention, il y a un piège, Michael Jackson ? Gris. Formidable réponse de Mamadou ! »
Aujourd’hui, parodiant les irrésistibles comiques, je vous demande : Victor Noir ? Attention, il y a un piège … à cons dans l’acception physiologique ancienne du mot !
Le temps de votre réflexion, je vous conte le sulfureux destin de Victor Noir que connaissent probablement les flâneurs curieux du cimetière du Père-Lachaise.
De son vrai nom Yves Salmon, il naît le 27 juillet 1848 à Attigny, dans les Vosges ; il embrasse une carrière de journaliste au sein du journal anti-bonapartiste La Marseillaise (ne pas confondre avec l’actuel quotidien provençal longtemps de sensibilité communiste).
La Marseillaise de l’époque, succède au célèbre hebdomadaire La Lanterne, déjà dirigé par Henri Rochefort. Son premier numéro paraît le 19 décembre 1869 au prix de 15 centimes. Journal frondeur critiquant l’empereur et prônant la république, il compte parmi ses collaborateurs, l’écrivain Jules Vallès, auteur de l’Enfant et futur fondateur du Cri du Peuple, le quotidien de la Commune de Paris.
L’histoire qui nous concerne, puise son ferment dans une « affaire corse » dans laquelle s’immisce Rochefort, toujours prompt à vilipender l’empereur. Le prince Pierre Napoléon Bonaparte, cousin éloigné de l’empereur, bien que député corse d’extrême gauche, n’admet pas l’attaque personnelle contre son parent et se lance dans une violente diatribe contre La Marseillaise.
Pascal Grousset, rédacteur en chef du quotidien de Rochefort, se sentant offensé, dépêche alors deux amis chez le prince Bonaparte afin d’obtenir la rétractation de son article injurieux ou, à défaut , la réparation par les armes. C’est ainsi que le 10 janvier 1870, Victor Noir, après qu’il ait effectué un détour chez sa fiancée pour lui montrer son élégante tenue noire, se présente au domicile de Pierre Bonaparte, rue d’Auteuil, à Neuilly, en compagnie d’Ulrich de Fonvielle.
Il s’ensuit une violente altercation dont les versions diffèrent selon les parties, au cours de laquelle le prince Bonaparte tire cinq coups de revolver. L’une des balles atteint à la poitrine, Victor Noir qui s’enfuit par les escaliers et expire sur le trottoir en bas de l’immeuble.
La nouvelle se répand dans le Paris populaire révolté et proche de l’émeute. Le lendemain, dans La Marseillaise encadrée de noir, Rochefort vengeur, écrit : « J’ai eu la faiblesse de croire que Bonaparte pouvait être autre chose qu’un assassin … Voilà 18 ans que la France est entre les mains ensanglantées de ces coupe-jarrets qui, non contents de mitrailler les républicains dans les rues, les attirent dans des pièges immondes pour les égorger à domicile. »
Napoléon III, très chagriné dans le contexte politique très défavorable, rentre de Saint-Cloud et donne ordre d’arrêter Pierre Bonaparte. Celui-ci est acquitté quelques jours plus tard tandis que Rochefort, Fonvielle et Grousset sont emprisonnés le 7 février. Le 18 mai 1870, dans ses colonnes, La Marseillaise titre sur le bilan de ce dramatique épisode, « un rédacteur tué et douze en prison ! »
Les obsèques de Victor Noir se déroulent le 12 janvier 1870, par un temps abominable et dans un climat politique très tendu. Le peuple de Paris souhaiterait qu’il soit inhumé au cimetière du Père-Lachaise mais le chef de gouvernement, craignant les débordements, fait organiser les funérailles à Neuilly, loin des quartiers populaires, selon le vœu de la famille du défunt. Cela ne décourage pas des dizaines de milliers de parisiens qui délaissent leurs ateliers et déferlent vers Neuilly jusqu’à la demeure de Victor Noir lui rendant ainsi un hommage digne d’un souverain. On assiste à des scènes d’hystérie, la foule désirant porter le cercueil, détellent les chevaux tirant le corbillard.
La militante anarchiste et figure majeure de la Commune de Paris, Louise Michel (pas Yolande Moreau actrice dans le film éponyme quoique le clin d’œil soit évident !) rend un dernier hommage à Victor Noir devant la fosse ouverte et, en sa mémoire, décide de ne plus quitter la tenue noire de deuil. C’est elle qui arborera la première le drapeau noir, le popularisant au sein du mouvement anarchiste. Le Second Empire ne survit guère à Victor Noir puisque la République est proclamée quelques jours après la bataille de Sedan en septembre 1870.

Quinze ans plus tard, les restes du martyr de la foi républicaine, sont enfin transférés au Père-Lachaise dans un tombeau payé par une souscription nationale. Pas tout à fait tous les restes, car détail macabre, lors de l’exhumation, le frère de la victime, Louis Noir, profitant qu’on le laisse seul se recueillir un instant, dévisse le couvercle du cercueil et s’empare du crâne le dissimulant dans un panier de fraises des bois. Allez savoir pourquoi, cela me rappelle les savoureuses paroles de Boris Vian chantées par Serge Reggiani, « Arthur … où t’as mis le corps ? » La relique, témoignage d’un fanatique amour fraternel, est conservée sous globe à Bois le Roi avant de rejoindre son propriétaire quelques années plus tard.
La réalisation du monument est confiée à Aimé-Jules Dalou, ancien élève de Carpeaux et « statuaire » de la République, auteur entre autre du groupe monumental en bronze Le Triomphe de la République, place de la Nation à Paris ainsi qu’un hommage à Delacroix dans le jardin du Luxembourg.

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Avec beaucoup de réalisme, Dalou sculpte un gisant de Victor Noir, grandeur nature, allongé sur une dalle, en habit de cérémonie tel qu’il aurait été découvert blessé à mort. La bouche est ouverte et le chapeau a roulé à ses pieds. La chemise est déboutonnée et le pantalon moulant dégrafé laisse deviner une flagrante érection.

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Après l’Histoire et les annales du bac, place aux bacchanales ! C’est maintenant que commence le sulfureux (ou graveleux ou crapuleux, je vous laisse le choix) destin de Victor Noir dont la tombe suscite un culte très singulier au même titre que celle de son presque voisin, l’écrivain Oscar Wilde, recouverte de baisers de rouge à lèvres, et la pierre funéraire de Jim Morrison, le mythique soliste des Doors, constamment protégée des débordements de ses fans par des barrières et un service d’ordre.

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En ce jour où je déambule dans l’avenue transversale numéro deux et la division 92 du cimetière, à la recherche du poète et révolutionnaire Eugène Pottier, auteur des paroles de l’universel chant L’Internationale, je constate de nombreuses allées et venues à proximité du gisant de notre héros journaliste. Une gente essentiellement féminine tourne autour du monument afin de trouver l’angle le mieux adapté et la meilleure lumière pour photographier la protubérance, objet de beaucoup de convoitises !

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L’acte … photographique serait le plus sage car la rumeur colporte que des pratiques susceptibles de choquer les bonnes mœurs auraient cours sur l’endroit stratégique. Cela expliquerait la teinte dorée brillante que présentent la marque suggestive de virilité, les lèvres et les pieds de ce Victor tant chéri, à force d’être « lustrés depuis des lustres ».
Ces effleurements et frottements empressés seraient le fait de jeunes filles et de femmes en mal d’amour ou de fécondité. On dit, mais vous savez bien qu’on raconte tant de choses ma bonne dame, que Victor Noir devait se marier le lendemain du drame et on attribuerait donc les pouvoirs secrets de sa tombe à cet amour. En tout cas, celles dont les vœux sont exaucés, ne manquent pas de fleurir la sépulture du journaliste.
Il y a plusieurs années, un adjoint Verts (de gris ?) de la mairie de Paris, chargé des jardins et cimetières, avait dû rendre des comptes pour pose de barrières autour du gisant éternellement revigoré, à quelques femmes se réclamant d’un « Collectif liberté-égalité-féminité » !
On prétend aussi que l’usure du bronze proviendrait d’un canular d’étudiants facétieux qui, avec la complicité de gardiens et d’un puissant détergent, auraient astiqué les parties dites sensibles.
Un employé de la nécropole que j’ai osé interroger, m’a confirmé pudiquement des agissements que ne désavoueraient pas les cinéastes John B.Root et Francis Ford Coppula, les maîtres du genre.
Qui croire ? Vous savez bien que la légende a le vit dur !!!
Victor Noir ? Blanc, vert de gris, doré !
J’espère que ma balade dans un cimetière n’aura pas heurté vos esprits. C’était une manière ré-jouissante et nullement blasphématoire d’affirmer qu’il existe parfois une vie après la mort !

 

 

Publié dans:Coups de coeur, Ma Douce France |on 28 janvier, 2009 |1 Commentaire »

Le cyclo-cross, une partie de campagne

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Dans une ville où je vivais…
Bien au nord du mois de Juillet,
Autour d’un grand lac, un lac gelé,
Des hommes en couleurs pédalaient.

C’étaient des coursiers bizarres.
Ils ne sortent pas de ma mémoire.
Avec leurs jambes et jusqu’au soir,
Ils pédalaient là sur le miroir…

Nul besoin d’être grand clerc pour deviner quelque plagiat de la chanson baroque de l’ami Julien ! Cette image surgit à l’évidence dans mon esprit lors du premier passage des concurrents du championnat d’Ile-de-France UFOLEP de cyclo-cross organisé à quelques hectomètres de mon domicile.
L’UFOLEP, Union Française des Œuvres Laïques d’Éducation Physique, née en 1928 au sein de la Ligue de l’Enseignement, propose une autre idée de la pratique du sport pour tous comme moyen d’épanouissement, d’éveil et d’éducation. Des menaces pèsent sur ce mouvement populaire, le gouvernement envisageant de couper les subventions à ce type d’associations… !
Le cyclo-cross pâtit aujourd’hui d’un déficit d’image à côté du VTT, vélo tout terrain, plus « rock ‘n’ roll » aux yeux des jeunes. Le premier cross cyclo-pédestre qui tenait plus de la course à pied (cross country) est organisé en 1903 à Ville-d’Avray, près de Versailles, peut-être dans le décor des bois et des étangs immortalisés sur les toiles de Corot. Son organisateur Géo Lefèvre en jette le fondement :
« Supposez un cycliste qui ait en temps de guerre par exemple, l’obligation de ne pas se contenter des grandes routes, de rouler ou de trotter à travers des terres labourées, de se faufiler dans les sous-bois, de franchir des fossés et vous saurez ce qu’est le principe du cross cyclo pédestre « .
Le terme de cyclo-cross apparaît en 1935, la discipline donnant la part plus belle aux coureurs cyclistes. Voici comment le décrit mon vénéré Antoine Blondin dont j’aime citer la langue admirable quand j’entreprends de vous évoquer la chose cycliste :
« Vingt-quatre kilomètres menés à moins de vingt à l’heure de moyenne dans des sous-bois tortueux, des champions voltigeurs aux allures de porteurs de journaux ou de cueilleurs de champignons, beaucoup de boue, de courants d’air, de cabrioles obscures et peu d’applaudissements chez un public de rencontre, dont on ne sait pas très bien s’il n’est pas plutôt en train de se réchauffer les mains, voilà qui ne requiert certes pas qu’on embouche les trompettes d’un lyrisme débridé. Pourtant, les meilleurs coureurs quittent au moins une fois la route pour venir s’y casser les dents avant de retourner à des épreuves plus moelleuses, abandonnant ce sceptre rugueux à une filiation de nobles et rudes tâcherons qui ne se renouvelle guère pour cette raison qu’elle a conquis sur le tas le privilège de faire la loi dans son quartier. »
Pour avoir vu, il y a plus de trente ans, le grand champion Raymond Poulidor si emprunté sur ces chemins de traverse (pour une fois, la seconde place qui fit sa légende, était inaccessible !), je confirme que ces parties de campagne sont affaire de spécialistes.

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Dans l’immédiat après-guerre, le cyclo-cross possédait le label rouge made in France. Le premier championnat du monde fut organisé sur notre sol, à Vincennes, en 1950, et remporté par Jean Robic. Jusqu’en 1958, lui succédèrent deux compatriotes, Roger Rondeaux vainqueur à trois reprises et le limousin André Dufraisse, le « Fausto Coppi des labours » qui revêtit le maillot arc-en-ciel cinq fois consécutivement.
En ce temps-là, le cyclisme, qu’il soit sur route, piste ou cross, connaissait un fort engouement dans l’esprit des années du Front Populaire. La bicyclette constituait le moyen de locomotion privilégié pour se rendre à son travail. Les épreuves de cyclo-cross fleurissaient sur les coteaux autour de Paris. Le Mont Valérien à Suresnes, le plateau de Gravelle dans le bois de Vincennes, la butte du fort d’Aubervilliers, les carrières de Montreuil offraient des terrains idéals pour sa pratique. Je me souviens de photos sépia dignes de Doisneau et Cartier-Bresson, dans les magazines de l’époque, où des coursiers maculés de boue, leur engin sur l’épaule, se frayaient un chemin entre des haies de spectateurs endimanchés, le béret sur la tête.

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L’urbanisation galopante et le développement de la sacro-sainte automobile signifièrent bientôt le déclin de cette discipline éminemment écologique avant l’heure.
Certains « routiers » professionnels d’alors, aimaient se crotter le dimanche pour entretenir leur condition physique durant la saison hivernale. Signe des temps, à l’ère des Jumbo jets, ils préfèrent désormais peaufiner leur forme sur les routes ensoleillées d’Andalousie ou d’Australie !
Cet après-midi, la marche est malaisée sur le sol enneigé, verglacé ou boueux pour me diriger vers les points stratégiques du circuit. Certains spectateurs, un brin sadiques, nourrissent le secret espoir d’assister à quelques gadins mémorables. Leurs vœux seront exaucés.

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Connaissant les traîtrises du terrain pour y rouler parfois par temps sec, je suis admiratif devant la virtuosité technique des concurrents à basculer dans le bourbier des descentes, à sauter de vélo sans freiner pour escalader un talus au pas de course, et relancer leur machine de plus belle sur un sol plus accueillant.

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Cette spécialité cycliste est régie par une réglementation précise. Le parcours comporte six obstacles au maximum, hors les zones de départ et d’arrivée ; on entend par obstacle toute portion de circuit de 80 mètres maximum de nature à obliger les coureurs à descendre de leur bicyclette, la longueur totale des obstacles ne pouvant excéder 10% de la boucle à effectuer.
Le matériel est également soumis à conditions ; les guidons plats, les freins à disques, les suspensions hydrauliques sont prohibés et la section des pneus doit être inférieure à 35 millimètres.
Amis et dirigeants déposent contre les troncs d’arbres, quelques roues de rechange en cas d’incident technique.
La durée de la course doit approcher le plus près possible de 30 minutes pour les cadets, 40 pour les juniors et les femmes et 50 pour les seniors, ce qui garantit un effort soutenu et un rythme élevé. Ici, pas de calcul, pas de tactique d’équipe, c’est le plus fort qui gagne !

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Très rapidement, les coureurs sont disséminés tout le long du parcours. Tandis que quelques uns sinuent sur le tapis forestier des feuilles mortes , d’autres filent bon train, à découvert, sur la pelouse de l’autre côté du canal gelé. A en croire les encouragements de quelques familiers et les vociférations lointaines du speaker sur la ligne d’arrivée, il semble qu’un certain Jérôme caracole en tête. La nature très glissante du terrain n’entrave nullement sa chevauchée.
Même si un titre de champion régional est en jeu, c’est le dépassement de soi et le plaisir d’une vivifiante sortie en plein air dans une ambiance conviviale qui priment essentiellement. Avant que les seniors en décousent, jeunes, vétérans et féminines roulent ensemble. L’atmosphère des sous-bois est propice à la galanterie, un jeune concurrent apporte son soutien à une cyclo-crosswoman en fâcheuse posture dans une grimpée glissante !
Un chien, opportunément tenu en laisse, aboie sa désapprobation envers la gente pédalante qui lui vole sa promenade quotidienne. Quand des mollets de cyclistes traînent dans le quartier, il n’est pas temps de mettre un chien dehors !
Le soleil d’hiver décline à l’horizon. Nos « nobles et rudes tâcherons » chers à Blondin, en terminent avec leur partie de campagne et de manivelles, parfois méconnaissables dans leur costume de boue … c’est la maîtresse de maison qui va être contente ! Ce fut un excellent bol d’air, un autre de chocolat m’attend .
Pour parodier Maximilien de Béthune mieux connu sous le nom de Sully, labours et pâturages sont les deux mamelles du cyclo-cross, activité verte, sport d’hiver rural qui possède ses lettres de noblesse !


Publié dans:Coups de coeur |on 21 janvier, 2009 |1 Commentaire »

Èvaluation

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Aujourd’hui, en principe, ce ne sera pas un jour comme les autres, dans toutes les écoles primaires de France.
Nos chères têtes blondes, aussi intelligentes que les brunes ou les rousses, je les rassure, des classes de Cours Moyen 2ème année, subiront les tests d’évaluation que le directeur de l’Enseignement scolaire présente comme « le thermomètre permanent de la performance et la photographie à un moment donné de notre école tout en faisant apparaître les élèves en grande difficulté » !

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« Manger, mangeable, mangue, mangeur, mangouste, immangeable, barrez les intrus », tel est l’exercice 16 de « L’évaluation nationale des acquis des élèves en CM2 » ! Cela me fait penser à un sketch de Desproges : « métastase, Schwartzenberg, chimiothérapie, avenir, quel est l’étranger ? »… il en donnait une réponse à la hauteur de sa noire ironie, « plus cancéreux que moi, tu meurs ! ».
J’aurais tendance à éliminer mangue et mangouste quoique notre suricate, récent héros sur les écrans, soit un carnassier possédant un certain appétit pour les reptiles et que la mangue fraîche se laisse aussi déguster volontiers. J’en déduis que les indésirables sont les mots qui ne sont pas de la même famille, ne serait-il pas mieux de le préciser dans la consigne ? « Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement ! ».
Bref, pas de mauvais esprit, à travers une batterie d’exercices de ce type, les professeurs seront censés mieux connaître le niveau des enfants en français et mathématiques et leur aptitude à suivre prochainement les cours du collège. J’emploie le mot batterie volontairement en référence aux élevages industriels de volailles ; devrons-nous bientôt avoir des écoliers nourris aux instructions officielles transgéniques de l’Inspection ? Ne pourrions-nous pas les élever un peu plus en plein air en donnant aux activités sportives la place qui leur revient ? Et que fait-on de la sensibilité artistique qu’on peut déceler chez certains ?

 

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Pauvres gamins qui, avec la fraîcheur de leur dizaine d’années, sont déjà mis sur le marché du rendement et de la concurrence, et affrontent leur petit baccalauréat blanc ! J’en frémis.
Il était un temps où les valeureux enseignants n’avaient nul besoin de ces béquilles ministérielles, et appréhendaient parfaitement par eux-mêmes, le niveau de leurs élèves et le soutien qu’il était nécessaire de leur apporter.
Comble de l’inorganisation, les livrets d’évaluations sont consultables sur internet depuis quelques jours suite à leur publication par des enseignants contestataires de la réforme que veut leur imposer leur ministre de tutelle. Certaines langues trop vite déliées, qualifieront sans discernement ces « agitateurs » de terroristes prenant parents et élèves en otages … c’est fou ce que notre pays compte de terroristes en périodes de conflits sociaux !
Certaines familles, nageant comme un poisson dans les eaux troubles de la débrouillardise ont fait bachoter (sic) leurs enfants, la semaine passée ; d’autres orphelines du progrès numérique, n’avaient pas ce problème de conscience à succomber ou pas à la tentation; la maman d’une petite fille que j’adore, n’a pas voulu céder aux sirènes magouilleuses…
Ce coup de gueule est un coup de cœur pour cette petite fille noyée dans une école qui perd ses repères.
Peut-être faut-il introduire « le thermomètre permanent de la performance » à la place qui lui revenait avant le thermomètre médical électronique !

 

Publié dans:Coups de coeur |on 19 janvier, 2009 |1 Commentaire »

Variations sur le Rat

Je me dépêche avant que l’an chinois 2008 ne s’achève, d’élucubrer sur l’animal héros du calendrier, le rat.

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A ce propos, la légende prétend que le Rat chargé par l’empereur de Jade, de convoquer les animaux pour la sélection des signes du zodiaque, oublia volontairement ou pas, d’en informer le chat. Faut-il voir dans cet oubli, l’aversion naturelle que nourrit la gente féline (et qui la nourrit !) envers le malicieux rongeur ?
La rumeur, à savoir si c’est une légende, accuse certains cuisiniers de nos Chinatown, de sacrifier avec trop de zèle, quelques spécimen de leur animal sacré, en les présentant sous forme de ragoût peu ragoûtant dans l’assiette de leurs clients. Diffamation infâmante qui vous coupe la faim ?
Heureusement, cette année, Rémy, jeune rat écartelé entre sa médiocre condition « égoutière » et son rêve de devenir un grand chef français, a réhabilité la profession si j’en crois le vif succès du dessin animé Ratatouille ! Curieux nom pour une grande toque, qui désigne habituellement quand elle n’est pas préparée dans les règles de l’art niçois, un mets peu appétissant ; son apocope rata désignant le repas des poilus de la guerre 14-18.
Le rat qui me préoccupe est le petit mammifère rongeur du genre Rattus et de la famille des muridés. Est donc hors sujet, le jeune élève danseur dit petit rat de l’opéra !
Le rat commun de nos contrées se partage en deux espèces, le Rattus rattus ou rat noir appelé encore rat des champs ou rat des greniers, et le Rattus norvegicus mieux connu sous le nom de rat brun, rat d’égout et surmulot.
A cette distinction scientifique, l’amoureux des vers préfère celle sur laquelle Jean de La Fontaine affabula lors d’un banquet inachevé :

« Autrefois, le rat de ville
Invita le rat des champs,
D’une façon fort civile
À des reliefs d’ortolans.

Sur un tapis de Turquie,
Le couvert se trouva mis,
Je laisse à penser la vie
Que firent ces deux amis.

 

Le régal fut fort honnête ;
Rien ne manquait au festin ;
Mais quelqu’un troubla la fête
Pendant qu’ils étaient en train… »

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Le rat des champs trouble mon sommeil par ses intempestifs grattements nocturnes au-dessus de ma chambre, dans la grange de la ferme d’Ariège. Bien que pas norvegicus, c’est de l’analogie au bruit de son grignotage qu’est tirée sa racine étymologique norvégienne ratt. Conséquence de quoi, le paysan lui concocte une pitance « mort-aux-rats » qui lui empoisonne la vie … ainsi que celle des chats et chiens trop gourmands !
Je possède une expérience passionnelle du rat des villes, le rat brun qui a une prédilection pour les habitats humides, les canalisations, le bord des lacs et des rivières. Dans ma jeunesse, à l’issue d’un déjeuner sur l’herbe digne de Renoir, j’entrepris une tendre partie de campagne auprès de ma dulcinée d’alors. Quel ne fut pas mon effroi lorsque je compris, au bout de longues secondes, que c’était un rat d’égout peu dégoûté, qui profitait de mon humeur câline! Imaginez le tableau : « Le rat d’eau du Médusé ». Un vrai naufrage !
En tout cas, j’eus ainsi la confirmation du caractère sociable, affectif et joueur attribué au rat brun, à la différence de son cousin des champs plus disposé à attaquer tout individu qui ne lui plait pas quelle que soit son espèce. D’ailleurs, le rat domestique, celui que vous achetez dans les animaleries, provient de l’élevage en captivité de rats bruns.
« C’est un jeune rat privilégié par la nature, plein de puces, aux oreilles courtes et aux yeux rouges, qui habite le sous-sol d’un pavillon de la viande dans les anciennes Halles de Paris. Nous sommes au printemps 1969 . »
Ainsi commence « Comme des rats », un savoureux roman de mœurs et d’aventures de Patrick Rambaud, contant l’histoire vraie d’une lignée de rats d’égouts à l’ombre de l’église Saint-Eustache. Sous le commandement de leur chef Gaspardino, les rats doivent quitter le navire métallique construit par l’architecte Baltard pour fuir vers Rungis.
L’odorat est le sens prédominant du rat qui reconnaît ses congénères à leur odeur, et son territoire à la senteur de son urine. Doté d’une mauvaise vue, il met donc à contribution ses qualités olfactives dans la quête de sa nourriture. Vous imaginez les chasses dangereuses qu’il entreprend dans le roman pour éviter les « Gros », les forts des halles, et débusquer les belles pièces de bœuf, quitte parfois à se retrouver transi de froid dans une carcasse au fond d’un camion frigorifique.
Le rat absorbe environ quarante grammes de nourriture quotidiennement ; revers de la médaille, il en souille, par ses déjections, dix fois plus la rendant impropre à la consommation. Cela dit, reconnaissons-lui le rôle primordial qu’il joue dans le traitement des déchets humains. A Paris, les rats dévorent huit cents tonnes d’ordures par jour, et en leur absence, les égouts et les canalisations de la capitale seraient constamment bouchés.
Contrairement aux idées reçues, même dans cet univers de détritus, le rat est un animal très propre qui, comme son ennemi le chat, se nettoie plusieurs fois par jour.
Quarante ans plus tard, la réalité dépasse la fiction littéraire puisque chaque nuit, les mêmes bestioles chassées par les travaux dans les catacombes, remontent à la surface et envahissent par dizaines, les quais et les voies de la gare Saint-Lazare. Un agent de la SNCF, mordu par l’une d’entre elles, pourrait avoir été contaminé par la leptospirose, maladie transmise par l’urine du rat. Ce fait divers ne doit pas condamner d’autorité l’animal à une peine « plancher des vaches ». En effet, le rat brun des villes est d’un caractère ordinairement pacifique et n’attaque que s’il est dérangé ou qu’on lui coupe sa retraite (un comble de la part d’un agent de la CGT ou de Sud Rail… mon mauvais esprit déraille !!!).
Tout l’imaginaire légendaire véhiculé autour de la soi-disant férocité du rat, est inspiré par le plus vindicatif Rattus rattus, le rat noir, espèce dominante qui peupla l’Europe depuis l’Antiquité jusqu’au XVIIIe siècle et fut le vecteur (mais aussi la victime) des terribles épidémies de peste noire du Moyen Âge.
L’une des légendes les plus célèbres est celle du Joueur de flûte de Hamelin transcrite par les frères Grimm. En l’an 1284, les habitants de la ville allemande de Hamelin auraient promis une prime à un dératiseur pour les débarrasser des rats qui infestaient leur cité. L’homme prit sa flûte et par sa musique, attira les rats qui le suivirent jusqu’à la rivière Weser qui arrose la ville, où ils se noyèrent. Les citadins, bien que délivrés des rongeurs, refusèrent d’acquitter la prime. Le joueur de flûte revint dans la ville quelques semaines plus tard, et tandis que les citadins étaient à la messe, il attira avec son instrument, les enfants de Hamelin jusqu’à une grotte qui se referma derrière eux.
Hugues Aufray en fit une tendre adaptation, Le joueur de pipeau, qui a séduit des générations d’écoliers (les plus grands aussi). L’issue était légèrement modifiée :

« …Tout le village
Dormait paisiblement
Lorsque soudain
On entendit dans le vent
Un doux refrain
Que les enfants
Connaissait bien..

Les p’tits enfants
En chemise de nuit
Cherchaient le vent
Et le pipeau dans la nuit
Ils arrivèrent
A la rivière
Et s’y noyèrent. »

Je sais une adorable enfant qui en attendait impatiemment la fin pour entendre le fracassement du tonnerre !
Jacques Demy adapta également cette légende au cinéma avec la poésie qui traverse beaucoup de ses œuvres.
Dans Nosferatu fantôme de la nuit, le film du cinéaste allemand Werner Herzog, les rats amenés par le comte Dracula, dans des cercueils sur son bateau, ont une valeur métaphorique.
Se propageant dans le pays étranger et y apportant la peste, ils symbolisent l’idéologie nazie qui se répandit dans toute l’Europe et que l’on qualifia même de « peste brune ».
Pour l’anecdote, Herzog avait prévu de tourner ces scènes de rongeurs dans la ville de Delft mais le bourgmestre et ses administrés de la cité des Pays-Bas, encore traumatisés par l’occupation nazie durant le Seconde Guerre mondiale, refusèrent l’invasion de onze mille rats dans les canaux récemment curés. Schiedam, autre ville batave, plus accueillante, accepta cette armée de rongeurs provenant d’un laboratoire de Hongrie. Trop blancs au goût du cinéaste, ils furent teintés en noir. Au bout de quelques jours, une fois la couleur délavée, ils présentaient le ton gris souhaité. Petites histoires du cinéma … mais au final, une œuvre d’un esthétisme à couper le souffle !
Tous les rattus norvegicus n’ont pas le bonheur de connaître telle aventure cinématographique, et beaucoup de ces rats de laboratoires, victimes non consentantes du progrès de la science, sont sacrifiés au nom de la recherche.
Pas ingrats, certains sauvent des vies humaines en détectant les mines antipersonnel à l’odeur du gaz que dégage l’explosif
Proche de l’homme biologiquement, c’est un mammifère comme lui, il a contribué à de nombreuses découvertes dans le domaine des sciences cognitives autour de la mémoire, du rêve, de la dépendance et du comportement social.
Paradoxe, souvent très impopulaire, le rat est considéré comme un animal très intelligent voire pourvu d’humour. Faut-il trouver ici l’origine du rat de bibliothèque, ce lecteur insatiable qui colonise les médiathèques ?
Un ancien collègue inspecteur professeur a même conçu, à travers les aventures d’un petit rat vert facétieux, la méthode Ratus qui permet d’apprendre à lire à de nombreux écoliers du cours préparatoire.
La Fontaine fait souvent appel au rat pour stigmatiser, dans ses fables, le comportement de nos congénères humains. Ecouter Fabrice Luchini réciter et commenter Le Rat qui s’est retiré du monde ou le Conseil tenu par les rats, est un pur régal de théâtre et de littérature… à livrer à la méditation de certains professeurs de Français à l’enseignement un peu aride !

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Dans un registre plus léger, il y a une vingtaine d’années, le scénariste Tramber et le dessinateur Jano nous contèrent les aventures hilarantes de Kebra. Pur produit des phénomènes d’urbanisation, à côté des rats des villes et des champs, naissait le rat des banlieues, petit loubard des années 70 … une autre méthode d’apprentissage du verlan !
Omniprésent, le rat s’invite aussi sur les murs. Quel piéton parisien, au détour de ses pérégrinations, n’a pas vu les pochoirs de rats que le graffiteur Blek a posé partout dans la capitale. Aujourd’hui, grâce à son animal fétiche, Blek est reconnu dans le monde entier et appartient à l’histoire du « street art ».
Le rat endosse parfois un costume très péjoratif ; ainsi la ratonnade, fusion de raton et raciste, qualifie une violence physique exercée en bande à l’encontre de personnes d’origine nord-africaine. Tu par les hautes autorités de l’époque, on connaît mieux aujourd’hui l’épisode du 17 octobre 1961 au cours duquel, suite à une manifestation pacifique en faveur de l’indépendance de l’Algérie, la police dirigée par Maurice Papon massacra et jeta en Seine (comme Buridan célèbre pour son âne, rappelez-vous les neiges d’antan !) des dizaines d’algériens, près du pont Saint-Michel. La même nuit, d’autres exactions aussi abominables furent commises dans le bidonville de Nanterre.
De manière plus futile, le ratagasse est dans le jargon cycliste, un coureur qui court en rat, profitant, dans une échappée, du travail des autres sans jamais apporter sa contribution.
Fascinante constatation que voir ce pauvre rat assaisonné à toutes les sauces. « Selon que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Le rat ne fait pas partie des Animaux malades de la peste, il est vrai qu’il la propage !
Vous devez croire que j’ai des rats dans la tête pour me livrer à ces variations fantaisistes. J’espère juste que vous ne vous serez pas ennuyé comme un rat mort !

 

 

 

 

Publié dans:Leçons de choses |on 14 janvier, 2009 |1 Commentaire »

Sur le chemin de saint Jacques en Ariège

« Il voyage en solitaire

Et nul ne l’oblige à se taire
Il chante la terre
Il chante la terre
Et c’est une vie sans mystère
Qui se passe de commentaire
Pendant des journées entières
Il chante la terre
Mais il est seul
Un jour
L’amour
L’a quitté, s’en est allé
Faire un tour
D’l'autr’ côté
D’une ville où y avait pas de places pour se garer… »

Est-ce l’inspiration souvent mystique de son auteur Gérard Manset mais je pense à ce refrain à l’instant de vous entretenir des chemins de Saint-Jacques de Compostelle, en Couserans, petit pays d’Ariège.
A l’occasion d’une sortie dominicale ou d’une randonnée estivale, pérégriner plus d’un millénaire après l’évêque Godescalc, à pied, à cheval, en vtt (mais pitié, pas en 4×4 !), sur quelques bouts de chemin qui mènent au célèbre sanctuaire de Galice, dégage, étonnamment, un parfum particulier. Si l’habit ne fait pas le moine, le sentier fait le pèlerin !
Laissez donc au parking vos chevaux vapeur, écartez-vous quelques heures de la départementale 618 (celle que j’emprunte quand je fais les cols buissonniers, voir billet du 3 avril 2008), vous voyagerez alors autrement à flanc de soulane, versant ensoleillé de la vallée du Lez.
Vers l’an 950, de retour dans sa cité, Godescalc, évêque du Puy-en-Velay, pressentant le futur élan vers Saint-Jacques, consacre sa ville comme tête de pont du voyage spirituel vers Compostelle en faisant édifier l’oratoire dédié à Saint-Michel au sommet d’un des pitons qui dominent alentour. Bientôt, les pèlerins afflueront en Velay puis suivront la via Podiensis, chemin originel de Saint-Jacques empruntant les drailles d’Aubrac avant de descendre vers Conques et Moissac.
Si tous les chemins mènent à Rome, il faut reconnaître qu’ils conduisent aussi (presque) tous à Compostelle. Parmi la toile d’araignée tissée par la foule des « marcheurs de Dieu » au fil des siècles, outre la via Podiensis, trois itinéraires majeurs sont privilégiés, la via Lemovicensis débutant à Vézelay et passant par Limoges, la via Turonensis par Tours et démarrant à Paris, selon certaines sources, au pied de la tour Saint-Jacques, enfin la via Tolosona, commençant en Arles et traversant Toulouse.
Il en est une autre dérivée de cette dernière : nombre de pèlerins croyant raccourcir le périple interminable, choisissaient de quitter la voie domitienne avant Toulouse (Nous partirons sur la route de Narbonne/Toute la nuit, le moteur vrombira/Et nous verrons les tours de Carcassonne/Se profiler à l’horizon de Barbeira … mais je m’égare avec Trenet, j’ai dit pas d’automobile !), pour suivre au plus près la ligne de piémont pyrénéen voire franchir au plus vite la chaîne montagneuse. Cette voie dite du piémont est celle sur laquelle je vous invite à musarder le long de quelques tronçons.
« Montjoieeeeee » serait le cri de joie proféré par les pèlerins épuisés en apercevant au loin l’objet de leur pèlerinage. Plus sûrement, c’est un de ces Mons Gaudii, petits monticules de pierres que l’on dressait au bord des chemins pour guider les voyageurs.
C’est aujourd’hui, le point de départ de ma première balade. Quoique quasiment faubourg de Saint-Girons, capitale du Couserans, Montjoie est une commune à part entière, d’ailleurs très étendue, comptant pas moins de quatre églises sur son territoire à l’habitat dispersé.

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La Bastide de Montjoie, son nom d’origine au XIIIe siècle, créée en partage de droits entre l’évêque du Couserans et Alphonse, comte de Toulouse et frère de Saint-Louis, était constituée d’un carré de fortifications d’environ cinquante mètres de côté, délimité à chaque angle d’une tour ronde d’une vingtaine de mètres de hauteur. Une des deux portes en ogive permet encore, au nord-est, l’accès au cœur du village. Curieusement, vestige de l’ancienne bastide, on retrouve, enclavée, une placette sur laquelle se dresse la remarquable église fortifiée Notre-Dame de l’Assomption avec son typique clocher mur encadré par deux tours octogonales. Des personnages fantastiques en pierre, décorent des gargouilles et le porche en arc brisé.

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Du cimetière accolé à l’arrière, on jouit d’une belle vue vers les monts du Plantaurel que franchissaient les pèlerins en provenance de Mirepoix et du Mas d’Azil célèbre pour sa grotte chargée de préhistoire. On découvre aussi le tuc dénudé de Montcalivert avec sa croix blanche qui brille en son sommet ensoleillé.

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C’est peut-être de là-haut, à 677 mètres d’altitude, que, finalement, les « jacquets » criaient leur allégresse tant le panorama, par temps limpide, est grandiose, avec d’un côté, , une coupe somptueuse de la chaîne des Pyrénées, du Montcalm à l’est jusqu’au Pic du Midi de Bigorre à l’ouest (pas moins de 160 kilomètres !), et de l’autre, le plateau de Lasserre, le massif forestier de Camarade et le pays toulousain. C’est non loin de là, sur la même ligne de crête que j’avais retrouvé les pasteurs et brebis d’une transhumance d’un autre type (voir billet du 24 juin 2008).
Les Pyrénées semblent très proches, et pourtant, le sanctuaire de Saint-Jacques de Compostelle est encore éloigné de plusieurs centaines de kilomètres.
A propos, pour ne pas vous promener idiot, vous vous demandez peut-être qu’est-ce qui poussa dans le sillage de cette voie lactée, des centaines de milliers de personnes de toutes conditions, éperdues de dévotion, venues des quatre coins de l’Europe médiévale ?
Histoire et légende s’entremêlent pour évoquer Jacques dit le Majeur, un des douze apôtres. A la mort du Christ, il est désigné pour prêcher la bonne parole en Espagne mais sa mission est un échec et, à son retour à Jérusalem, il est arrêté puis décapité vers l’an 41-44 sur ordre d’Hérode Agrippa. On prétend qu’alors, deux de ses disciples emportent son corps sur une barque vers la péninsule ibérique. L’embarcation s’échoue en un lieu nommé Iris Flavia (aujourd’hui, Padron) sur la côte de Galice. Les restes de l’apôtre sont ensevelis dans un ancien cimetière romain « compostum » et tombent dans l’oubli pendant huit siècles.
Vers 813, l’ermite Pelayo est guidé par une lumière surnaturelle jusqu’en un lieu dit « Champ de l’Etoile » où l’évêque d’Iris Flavia fait exhumer un tombeau de marbre abritant ce qui est considéré dès lors comme les reliques de Jacques. Alphonse II, roi des Asturies, fait ériger au-dessus de la sépulture, la petite église de Compostelle qui attire bientôt des pèlerins de toute l’Espagne.
La légende s’enrichit en l’an 844 avec l’épisode de Clavijo au cours duquel saint Jacques, l’épée à la main, sur un cheval blanc, apparaît à Ramire 1er, prince chrétien, en difficulté face aux Sarrasins. Les troupes espagnoles, galvanisées, l’emportent et ainsi, naît le mythe de saint Jacques Matamore, le « tueur de Maures ».
Une demi lieue (soit environ deux kilomètres !) à accomplir pour rejoindre la halte jacquaire de Saint-Lizier, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, dont se détache, à distance, le Palais des Évêques juché au sommet de la colline dominant la vallée du Salat. Achevé en 1680 par l’évêque du Couserans, Bernard de Marniesse, siège épiscopal jusqu’à la Révolution, il devient ensuite hôpital psychiatrique avant d’accueillir aujourd’hui, un musée des arts et traditions populaires actuellement fermé pour réfection.

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L’entrée dans la cité s’effectue par une route étroite, coincée entre de hauts murs de pierre, qui accentue l’effet de surprise quand nous débouchons sur le parvis de l’ancienne cathédrale.
Privilège dû à sa topographie et son histoire, Saint-Lizier posséda deux églises concathédrales, Notre-Dame de la Sède, dans la ville haute, contiguë au palais épiscopal, et celle dite ancienne, dans la ville basse, tout à fait remarquable avec sa tour octogonale sur le modèle des clochers de brique du Languedoc.

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Le joyau de l’édifice est son cloître. Déambuler dans le silence des quatre galeries complètes formées d’arcades en plein cintre, colonnades de marbre et chapiteaux sculptés, est émouvant … à la suite des 77 évêques qui y prièrent.

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Je me perds ensuite dans le dédale des ruelles pentues dont certaines maisons s’ornent en façade de quelques attributs jacquaires. Sur l’une d’elles, sont sculptés une coquille et un bourdon datés de 1653. Le bourdon est le long bâton qui permet au pèlerin de s’appuyer dans les endroits escarpés et d’éloigner chiens et loups. La besace en peau, représentée souvent, abrite argent et nourriture. Elle vous sera utile pour emmener quelques produits régionaux tels charcuterie et fromages, savoureux en cette contrée ; vous passerez même tout près de quelques producteurs.

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L’insigne de saint Jacques, par excellence, est la coquille cousue sur le grand chapeau à large bord. La légende raconte qu’elle devint l’emblème du pèlerinage parce qu’au Moyen âge, la désormais célèbre plage de Padron, là où s’échoua la barque avec les restes de Saint Jacques, était l’un des rares endroits à posséder ce coquillage. On rapporte même qu’un chevalier précipité par sa monture dans les flots tumultueux des côtes de Galice, vit saint Jacques en songe et implora son aide. Quand il atteignit le rivage, il constata qu’il pullulait de coquilles (poellées et flambées à l’armagnac, c’est un régal) !
S’il vous tente de suivre mes pas, vous aurez peut-être bientôt la chance de visiter Notre-Dame de la Sède interdite actuellement au public pour cause de réhabilitation de splendides fresques romanes dont deux sont consacrées au transport de saint Jacques dans la barque miraculeuse et à la légende du Pendu-Dépendu.
Cher « pèlerin du dimanche », vous pouvez achever votre première pérégrination en descendant la très raide rue de la Caussade pour parvenir au pont surplombant le Salat… une jolie vue sur la cité épiscopale avec le torrent fougueux en premier plan, vous est offerte.
La construction de ce pont fut prétexte à une de ces légendes qu’on apprécie en Pyrénées. Le maître d’œuvre conclut un pacte avec le diable qu’il lui livrerait une âme de chrétien si l’ouvrage d’art était édifié en une nuit avant le chant du coq. Cette nuit-là, les cadences furent donc, au sens propre du mot, infernales (il n’y avait pas de syndicats ouvriers !) mais avant la pose de la dernière pierre, l’ouvrier dirigea sa lanterne vers le poulailler déclenchant un cocorico retentissant et … la fuite de Lucifer.
N’ayez aucune crainte quant à la solidité du pont même en l’absence de la pierre ultime … pire encore, au XIXe siécle, il perdit une arche, un dos d’âne et une tour avec un passage voûté ! Il a été restauré en 2003 pour fluidifier la circulation de plus en plus intense, les jours de marché et en période estivale, à l’approche de la cité de Saint-Girons qui fut rivale de Saint-Lizier, historiquement depuis 1120, à travers une véritable guerre de cent ans opposant les comtes de Comminges aux évêques du Couserans. Aujourd’hui, la cohabitation est pacifique, Saint-Lizier se contentant d’être une curiosité culturelle à l’ombre de Saint-Girons, pôle économique et administratif du Couserans.
Il est une autre charmante promenade très champêtre que vous entamerez en délaissant, à hauteur du parc à daims de Luzenac-de-Moulis, la route départementale qui sinue en bordure du torrent du Lez, pour grimper, à moins d’un kilomètre, au hameau de Pouech. Auprès d’une croix et de l’église romane surmontée de son traditionnel clocher mur, vous retrouvez le chemin de Saint-Jacques qui est commun, à cet endroit, avec le circuit du « renard qui se mord la queue » … d’autres légendes doivent encore circuler par ici.

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Quelques maisons à vendre, devraient trouver vite acquéreurs tant le site est reposant à l’écart du flux automobile du fond de vallée. Le regard curieux repère un lavoir, des fours à pain en encorbellement, les balcons en galerie, les toits d’ardoises percés des lucarnes « capucinous », tous ces éléments architecturaux typiques des villages de la montagne couserannaise.

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A la sortie du hameau, quatre oies gloussent sur notre passage. Qui sait si leur cacardement n’évoque pas la chanson des « parisiens » :

« … Ah que nous fûmes joyeux
Quand nous fûmes à Santo Domingo
En entendant le coq chanter
Et aussi la blanche géline
Nous sommes allés vers la Justice
Où resta trente-six jours l’enfant
Que son père trouva en vie
De Saint-Jacques en revenant. »

Ce couplet se rapporte à la légende médiévale du Pendu-Dépendu à Santo Domingo de la Calzada sur le « camino francès ». Dans une auberge de ce « pueblo », une servante fit des avances à un jeune homme pérégrinant vers Compostelle avec ses parents. Econduite, elle se vengea en dissimulant une coupe en argent dans la besace du fils et le dénonça. On arrêta le présumé coupable du larcin et on le pendit. De retour de Compostelle, les parents eurent la surprise inouïe de constater que leur enfant vivait encore et demandèrent sa grâce au juge. Le magistrat déclara alors qu’il ne croirait possible ce prodige que si la volaille rôtie qu’il s’apprêtait à déguster, se mettait à chanter … et grâce à saint Jacques, le miracle se produisit !
De nos jours, chaque visiteur de la cathédrale de Santo Domingo est toujours accueilli par un tonitruant cocorico tandis que la statue de saint Jacques se dresse au-dessus d’un curieux poulailler gothique.

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Au bord du talus, apparaît bientôt une « maginette », un de ces modestes oratoires dédiés à la vierge ou au saint vénéré dans la paroisse, témoignages de la foi du temps passé.
Nous croisons quelques vététistes qui se régalent sur ce parcours accidenté. Protégés par saint Jacques, ils n’ont pas à craindre de mauvaises rencontres telles la sorcière aux dents vertes et l’homme au marteau, personnages emblématiques de la défaillance en jargon cycliste !
Le temps n’est plus où les pèlerins s’exposaient à toutes sortes d’épreuves, climatiques avec le froid, la boue, la poussière, la chaleur étouffante, les nuits à la belle étoile, les chiens errants, les bandits de grand chemin et les faux « coquillards » déguisés prêts à les détrousser.
Personne ne s’est encore retrouvé face à l’ours qui rôde pourtant fréquemment dans le secteur.
Voilà, au bas de la descente, le village d’Engomer dont quelques curiosités méritent qu’on se détourne un instant du chemin jacquaire. Nid d’aigle (ou de gypaète barbu) dominant la vallée, la chapelle Saint-Michel du XVe siécle, illuminée la nuit, présente un curieux sol en calade et des peintures murales mises à jour à l’occasion du tournage du film Le retour de Martin Guerre.
Sur la place, au pied de la croix rénovée récemment, la vue est rafraîchissante sur le Lez et deux moulins dont l’un est transformé en fromagerie. La Poste occupe un ancien lavoir couvert.

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Napoléon installa, en 1808, une forge à la catalane pour fabriquer des boulets pendant la guerre d’Espagne. Quelques années plus tard, l’affaire des forges d’Engomer déclencha la fameuse « guerre des Demoiselles » qui embrasa toutes les vallées aux alentours … mais ceci est une autre histoire que je vous conterai peut-être un jour.
Avant de rejoindre notre chemin, je vous propose de reprendre quelques forces dans le très sympathique café associatif Ô crée louche qui allie au bar-restaurant, un espace culturel promouvant arts plastiques, musique, danse et théâtre.
En route vers Alas, autre village pittoresque, par un sentier qui s’élève à travers bois avant de replonger jusqu’à un vieux pont de pierre étroit, porte d’entrée de la vallée de Balaguères, le pays de Martin Guerre, que j’ai évoqué dans un précédent article (Balagué, joli village d’Ariège 3 septembre 2008).

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Il faudra que je consacre un billet spécial à une étonnante mini chaussée des géants qui hantent la rive de la rivière poissonneuse. Ces statues de pierres d’inspiration très variée, parfois malmenées par les crues, sont l’œuvre d’un artiste passionné.

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Bientôt, au détour d’une croix de Saint Jacques, apparaissent les toits d’Arrout, blottis à flanc de soulane, luisant au soleil. Le paysage est superbe avec en toile de fond, les Pyrénées ariégeoises revêtues de leur manteau de neige. L’air est vivifiant ; une pancarte pleine d’humour recommande la prudence aux automobilistes car « ici, les enfants sont élevés en plein air » !

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Le cantonnier me révèle qu’une autre croix de Saint Jacques, restaurée et récemment bénie, attend dans l’église romane, sa prochaine installation à l’autre bout du village. Il fait bon flâner dans les ruelles étroites typiques de l’habitat montagnard. Auprès de la coquette mairie aux volets bleus, le lavoir, au fond duquel crèchent quelques personnages bibliques, me souhaite de joyeuses fêtes.

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A la sortie, le chemin de terre qui succède à la chaussée goudronnée, nous conduit rapidement à Audressein et son chef d’œuvre, la chapelle Notre-Dame de Tramesaygues, entre deux eaux, au confluent des torrents du Lez et de la Bouigane. Chaque 8 septembre, s’y déroule un pèlerinage depuis l’an 1139, donc bien avant sa reconstruction pour agrandissement au XIIIe siécle.

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Le curieux porche à trois entrées, est décoré de fresques murales du XVe siècle représentant notamment saint Jacques et saint Jean-Baptiste. Les arcades garnies de cloches du gracieux campanile se découpent sur le ciel bleu azur.

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Une dame fort affable me permet de pénétrer dans le sanctuaire pour admirer notamment dans l’absidiole de droite, une émouvante Piéta en bois avec une Vierge assise et le corps du Christ reposant sur ses genoux. Deux peintures peu décelables, en projet de restauration, ornent les murs de la nef.

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Une autre fois, je brosserai un portrait de l’ancien sabotier du village qui fabriquait les légendaires sabots de Bethmale … pas certain aujourd’hui, que ces souliers au bout recourbé soient les mieux adaptés à la randonnée vers Compostelle.
En cet après-midi d’hiver, le soleil disparaît vite derrière le Bouirex ; il est temps d’achever la virée en grimpant sur la butte du Calvaire qui surplombe le bourg de Castillon-en-Couserans. Là-haut, la chapelle Saint-Pierre constitue le seul vestige de l’ancien château fort des comtes de Comminges, ceux-là mêmes qui cherchaient des noises aux évêques de Saint-Lizier.
Sous les frondaisons de cèdres centenaires où sinue un curieux chemin de croix, vous possédez un imprenable point de vue sur le village et la chapelle romane du XIIe siécle avec son clocher mur comme tout bon campanile du coin qui se respecte.

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Latéralement, sous un auvent, se situe le portail d’entrée en marbre avec à droite, un cartouche représentant saint Pierre assis sur un trône, tenant en une main, une clef, et de l‘autre, un livre avec la citation latine « Pierre, prince, au Royaume des cieux ».
Je ne peux vérifier pour cause de fermeture mais il existerait à l’intérieur, une fresque gothique relatant le miracle du Pendu-Dépendu.

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Mon petit chemin ne sent peut-être pas la noisette comme celui chanté par Mireille, il n’a pas ni queue ni tête puisque né à Carcassonne, il file vers Compostelle, mais il flâne comme un lézard au soleil de la soulane donnant rendez-vous à plein de trésors artistiques méconnus.
Au printemps donc, pour mon plaisir et peut-être pour le vôtre, je pérégrinerai vers le col du Portet d’Aspet et la vallée de la Bellongue, dernier tronçon en Ariège du chemin du piémont pyrénéeen. Il ne sera pas encore temps de crier Montjoie … la route est si longue pour Santiago de Compostela !

 

 

 

 

 

Publié dans:Coups de coeur, Ma Douce France |on 7 janvier, 2009 |2 Commentaires »

C’est l’hiver!

En ce début d’année 2009, les Rois Mages apportent des flocons de neige dans leur corbeille d’offrandes. Aujourd’hui, à midi, le mercure descend de six degrés en-dessous du zéro fatidique! Les enfants sont heureux…

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Publié dans:Almanach |on 6 janvier, 2009 |Pas de commentaires »

L’autre Galerie des Glaces de Versailles

En ce premier week-end de l’année 2009, la célèbre Galerie des Glaces a pris, étrangement, ses quartiers d’hiver, se transportant dans les jardins du Palais de Versailles.
Près du parterre du Midi qui n’a jamais mérité autant son nom de miroir, les statues dénudées tentent de se réchauffer sur les bords de la pièce d’eau transformée en patinoire.

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En contrebas, les lézards et tortues de plomb hurlent leur désarroi sur la banquise au pied de la fontaine de Latone.

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Plus loin, Apollon, debout sur son char de feu sous le soleil rougeoyant, fouette vainement les chevaux pris dans la glace.

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Sur le grand canal gelé, les canards s’adonnent maladroitement aux joies des glissades.

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Publié dans:Coups de coeur |on 4 janvier, 2009 |1 Commentaire »

Bonne année 2009

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Cela fait un an que j’ai plongé dans la blogosphère, au départ, pour moi, par curiosité et par jeu … et peu à peu pour vous qui semblez apprécier mes écrits à la plume trempée dans l’encre violette puis formatés numériquement avec la police arial 10 points !
Le cap des 30 000 visites a été franchi, il y a deux jours. C’est à la fois ridicule en comparaison des centaines de milliers de clics quotidiens pour une vidéo de YouTube ou Dailymotion, et étonnant eu égard à la modestie de mes sources d’inspiration.
La lecture de mes billets a peut-être changé le cours de vos émotions mais vous avez aussi modifié les miennes. Désormais, lors de mes lectures et promenades, au fil des expositions, concerts et festivals de cinéma, vous m’accompagnez dans un coin de mon esprit … et si ce que je vois, j’entends et je ressens, je vous le faisais partager?
Avec l’an neuf, deux mille neuf même, je reprends mon bâton de pèlerin (transition habile pour annoncer un très prochain article) pour mon plaisir et, je souhaite encore, le vôtre.
Meilleurs vœux pour que cette nouvelle année qu’on nous promet morose, vous offre tout de même quelques petits bonheurs.

Publié dans:Almanach |on 1 janvier, 2009 |5 Commentaires »

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