Jacques Brel, 30 ans déjà!

« La pluie est traversière,
Elle bat de grain en grain
Quelques vieux chevaux blancs
Qui fredonnent Gauguin
Et par manque de brise,
Le temps s’immobilise
Aux Marquises. »

Cela fait aujourd’hui trente ans que le temps s’est figé pour l’immense Jacques Brel ; trente ans qu’il nous a demandé de « rire, de danser, de s’amuser comme des fous quand c’est qu’on l’mettra dans l’trou » , tout près du peintre Gauguin dans le cimetière d’Atuona, seul village de l’île d’Hiva-Oa isolée au milieu du Pacifique.
Trente ans, c’est un compte rond pour une commémoration et pour nombreuses opérations commerciales juteuses mais bien moins talentueuses et sincères que le « Grand Jacques » ! Le manuscrit, sur un cahier d’écolier, d’Amsterdam (à l’origine, le titre était Pisser dru!) s’est vendu hier 110 000 euros. Ce sera au moins l’occasion de retrouver l’univers « brélien » et le pays qui était le sien, dans l’édition du DVD de Franz, le premier film qu’il réalisa avec Barbara comme actrice à ses côtés.
J’ai eu l’occasion (voir billet du 16 décembre 2007 « Pagny (dé)chante Brel) de vous conter mes souvenirs de jeunesse à propos du poète et des concerts auxquels j’eus le bonheur d’assister. Aujourd’hui, plus encore qu’à l’habitude, je regarderai avec émotion les pochettes de ses disques vynil et j’écouterai quelques uns de ses merveilleux refrains, « oldies but (tellement) goodies » comme on dit dans la langue de Shakespeare.
Poète, chanteur, comédien, réalisateur mais aussi navigateur et aviateur ; hier, presque par hasard, en me promenant sur les Champs-Elysées, dans le cadre du centenaire de l’industrie aérospatiale française. j’ai admiré le Wassmer Super 421, l’un des deux avions que posséda Brel, construit en bois et en toile.

avionbrel2.jpg

Brel disait « je n’aurais jamais été chanteur si j’avais pu être Blériot ». « Quand je ne chante pas, je fais de l’avion, ou j’en rêve. Ce qui est beau, c’est de faire du rase-mottes dans les nuages. On trouve des routes, on suit des avenues, on se perd… »

avionbrel1.jpg

Peut-être, allait-il voir d’un peu plus près le Bon Dieu à qui il régla son compte, lui préférant l’homme, dans son dernier disque avec la sublime pochette d’un ciel nuageux bleu tel un message, l’image du paradis des Marquises qu’il avait choisi pour finir ses jours.

« Toi, si t’étais l’bon Dieu
Tu f’rais valser les vieux
Aux étoiles
Toi
Toi, si t’étais l’bon Dieu
Tu allumerais des bals
Pour les gueux

Toi
Toi, si t’étais l’bon Dieu
Tu n’s’rais pas économe
De ciel bleu
Mais
Tu n’es pas l’bon Dieu
Toi, tu es beaucoup mieux
Tu es un homme. »

Brel avait un côté inimitable et nombre de chanteurs se sont cassés les dents à vouloir l’interpréter. Exceptionnellement, je vous invite vivement à écouter la déchirante version de la valse lente du Bon Dieu par son compatriote Arno.
Si tu étais le bon dieu … Jacques Brel aurait 80 ans en avril prochain !

Publié dans : Almanach, Coups de coeur |le 9 octobre, 2008 |3 Commentaires »

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3 Commentaires Commenter.

  1. le 16 octobre, 2008 à 15:31 Pierre d'écriture écrit:

    Vraiment un type formidable, un géant de la poésie et de la chanson. Mardi, je suis allé voir un spectacle au Nickel intitulé « Laurent Viel chante Brel ». Pauvre Brel ! Il a dû se retourner dans sa tombe ! Ce n’est pas tant que laurent Viel soit un mauvais interprète, mais sa personnalité ne collait pas du tout avec celle de Brel et l’association m’a plus attristé qu’autre chose. L’un de mes grands regrets est de ne jamais avoir pu assister à un tour de chant du Grand Jacques… Et l’un de mes rêves est de chanter Amsterdam devant quelques centaines de personnes avec un bon pianiste et un bon accordéoniste pour m’accompagner…

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  2. le 6 janvier, 2009 à 14:46 veryvero écrit:

    J’ai lu et j’ai vu… et j’ai aimé tes petits poèmes écrits le ???9 octobre, jour de mon anniversaire !!! (c’est-y pas du Hasard avec un grand H que cela). J’ai beaucoup d’admiration pour Brel mais ne suis pas fan donc connais pas bien le grand Homme… quoique sa poésie m’émeut beaucoup (je n’ai donc pas la corde totalement insensible,y’a donc moyen de la gratter,frotter ou pincer?) je sens bien que toi tu vibres à fond mais je ne suis pas au diapason! T’es déçu ? Pas trop, j’espère… vois-tu je suis Belge mais pas Brèle (mdr). Sinon beau plumage que cet hommage… je te nomine pour au moins une Frite d’Or, cela ferait plaisir à Jacquot, j’en suis sûre…et quand je serai encore un peu plus sûre de moi, je te montrerai peut-être mon modeste plumage perso car j’aime aussi faire des guili-guilis à la Muse (pas sûr que ça l’amuse…). Un virtuel bisou pour terminer en espérant te croiser encore du côté de la place de Brouckère ou ailleurs!

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  3. le 6 janvier, 2009 à 16:22 encreviolette écrit:

    Merci pour ces quelques mots.
    Que veux-tu, Bruxelles ne « bruxelle » plus et l’ami Léon (sans fleurs ni bonbons) est devenu une chaîne de restaurants de moules frites!!!
    Heureusement, il reste la poésie et l’énergie du « Grand Jacques »pour longtemps encore.

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