SUEURS FROIDES à Dinard

Une véritable psychose a envahi la prestigieuse cité balnéaire de la côte d’émeraude depuis la découverte macabre effectuée par un paisible sexagénaire dinardais, vendredi 9 mai.
Rappel des faits, Monsieur Michel H. se rendait à pied, comme à l’accoutumée, au marché des halles lorsque, longeant le grillage des services techniques municipaux, rue Branly, il entrevit une forme humaine allongée sur le dos, dans l’herbe, entre un tas de sable et un bloc ovoïde de ciment.

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Fortement choqué par l’effrayant spectacle, Monsieur H. rebroussa chemin jusqu’au bar des Amis, tout proche, à l’angle de la rue Saint-Alexandre, pour recouvrer ses esprits devant un verre de muscadet et avertir la gendarmerie locale.
D’après les tous premiers éléments de l’enquête, la victime serait un homme âgé, chauve, de petite taille mais assez corpulent, vêtu d’un costume et d’une cravate d’une élégance très britannique. Les circonstances exactes du décès demeurent inconnues ; cependant, la mort remonterait à quelques jours voire plus, compte tenu de l’état de décomposition avancée du corps. Le crâne fracturé et de profondes entailles sur le visage laissent penser à un acte d’extrême sauvagerie. La corde, retrouvée non loin du cadavre, n’aurait aucun lien avec l’affaire et aurait été déposée récemment par un cantonnier municipal.

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Les policiers locaux se sont rendus à la maison du docteur Edwardes dont une fenêtre donne sur la cour des locaux techniques de la ville. Le médecin n’aurait rien vu ni entendu.
La Brigade criminelle de Paris a été appelée en renfort et malgré le pont de Pentecôte, l’inspecteur Harry Coffin était à pied d’œuvre ce week-end. Dès son arrivée, il a diligenté une autopsie et diffusé, dans l’édition régionale de Ouest-France un portrait de la victime qui ne portait aucun papier d’identité sur elle. Il compte sur les témoignages de la population locale pour mettre rapidement la main au collet de l’assassin.
Le suspect schizophrène, l’homme qui en savait trop, dont nous avions annoncé la garde en vue dans nos colonnes d’hier, a été relâché. Très vite, il est apparu comme le faux coupable par excellence et le grand alibi qu’il a fourni aux enquêteurs, l’a totalement lavé de tous soupçons.
Avare de révélations, l’inspecteur Harry Coffin, peu prolixe avec les journalistes au comptoir de la Taverne de la Jamaïque, nous a cependant avoué être fortement intrigué par la présence de volatiles noirs morts enchaînés au corps. Les Oiseaux ont été autopsiés et la thèse de l’empoisonnement des charognards est d’ores et déjà rejetée. Il ne s’agirait pas non plus de goélands, très nombreux dans la station, mazoutés lors d’une récente marée noire. On ne saurait exclure une mise en scène sadique du crime avec des spécimen de la famille des Corvidés.

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Aux dernières informations, la découverte de plusieurs statuettes de bronze dans la vitrine d’un magasin du boulevard Féart, proche de l’office de tourisme, pourrait fournir des indices très précieux. En effet, la présence d’oiseaux juchés sur les épaules du modèle des statuettes corroborerait le profil fétichiste du criminel. On ne peut cependant écarter non plus le lien avec l’organisation d’un commerce illégal de ces œuvres d’art qui serait particulièrement florissant, chaque année, au mois d’octobre. Resurgissent ces échos d’un trafic qu’on avait déjà évoqué, il y a quelques années, avec l’arrestation spectaculaire de Rebecca et Frenzy, ce couple surnommé Les amants du Cap(ricorne) Fréhel.
En toute dernière minute, l’étau se resserrerait autour d’un individu inconnu du nord-express de Saint-Malo à Paris dont on aurait localisé un énigmatique appel téléphonique : « Mais qui (v)a tué Harry ? … t’as le bonjour d’Alfred ! ».Même si l’humour noir peut sembler déplacer dans ces circonstances dramatiques, il faut reconnaître que, cette année, il n’y a pas de printemps pour Marnie, brigadier-chef de l’unité de gendarmerie de la station. Sur la plage de l’écluse et les trente-neuf marches du Grand Hôtel, cet inquiétant suspense alimente, il n’y a pas l’ombre d’un doute, toutes les conversations des Dinardais qui souhaitent que toute la vérité soit faite sur un crime presque parfait, et retrouver la sérénité dans les plus brefs délais.A suivre !

Au cas où, cher lecteur, vous disposeriez de quelque indice susceptible de faire progresser l’enquête, vous pouvez en faire part au rédacteur de ce blog qui transmettra aux services de police chargés de résoudre cette énigme.

Vous pouvez laisser une réponse.

4 Commentaires Commenter.

  1. le 18 mai, 2008 à 20:20 claudie écrit:

    Bel hommage à Alfred H. ,mdrrrr,bvooooo

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  2. le 24 septembre, 2008 à 17:02 Maryse écrit:

    A mon avis, l’inspecteur Harry Coffin va trouver le coupable, car il a trouvé déjà mutiples indices édifiants sourire très bon début, je lis la suite…

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  3. le 5 février, 2012 à 15:31 Renée BOnneau écrit:

    J’ai beaucoup apprécié ces variations hithcockiennes pleines d’humour bravo! Dinardaise en temps de vacances, et familière du Festival depuis douze ans, je m’étais demandé le sort de la chère vieille statue! J’avais construit autour d’elle un polar-puzzle dont j’aimerais vous parler. Vous avez mon mail,ne vous gênez pas, ce sera avec plaisir que nous évoquerons le « maître ».

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    • le 6 février, 2012 à 0:35 encreviolette écrit:

      Je suis touché que vous ayez porté une chaleureuse attention à ma modeste fantaisie policière.
      Pour avoir consulté votre bibliographie après avoir lu votre dernier roman policier, j’avais découvert que vous aviez aussi imaginé une « Séquence fatale à Dinard ». Ainsi, à quelques années d’intervalle, inspirées par le maître du suspense, nos fictions ont presque rejoint la réalité.
      Bien évidemment,c’est avec grand plaisir qu’au-delà de ce blog, nous puissions prolonger l’évocation de « nos » petits meurtres avec le festival du cinéma britannique en toile de fond.

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