Archive pour le 17 janvier, 2008

Tranche de vie, tranche de mort

Une photographie qui m’a été envoyée …
L’ordinateur me fournit ces informations : cliché réalisé avec un appareil numérique Panasonic DMC-FX8, le 13 décembre 2007 matin à 7h 11. La focale de l’objectif est de 5,8 mm, l’ouverture du diaphragme de f/2.8, la vitesse de 100 ISO et le flash s’est déclenché.

chatsuisseblog1.jpg

L’œil est, de suite, accroché par le premier plan très lumineux, la une d’un journal, d’une horizontalité quasi-parfaite, qui agit comme une légende : « Le retour ».
Puis, il monte, au centre de l’image, vers l’unique personnage de la scène : un chat attendrissant, assis sur ses pattes arrière, son regard attiré vers un hors champ inconnu. Non apeuré, car sans doute coutumier du fait, avec la complaisance de ses maîtres, il s’attarde sur la table. Autour de lui, on distingue quelques magazines à sa droite, un verre, une brique de lait, un pack de céréales, un quignon de pain, un cendrier sur sa gauche. Quelques miettes sur la table laissent supposer que le petit déjeuner vient de s’achever.
L’arrière-plan sombre et l’utilisation du flash témoignent de la pénombre qui règne à cette heure matinale. Un léger grossissement sur la date du quotidien confirme qu’il s’agit de l’édition du jour déposée probablement dans la boîte à lettres et parcourue en mangeant.
Je surfe sur Google pour obtenir de plus amples informations. « Le Nouvelliste » est un quotidien du Valais suisse qui titre en ce jour sur les élections au Conseil Fédéral Helvétique. Il semble se réjouir de la défaite du nationaliste Blocher et de l’accession à la présidence du démocrate valaisan Couchepin.
Polysémie d’un instantané qui, finalement, signifie beaucoup. Tranche de vie paisible, découpée, un matin apparemment banal, dans un foyer suisse.
En fait, Maïté, ainsi s’appelle cette adorable chatte, a le regard perdu loin des joutes politiciennes de la planète humaine. Pour elle, il s’agit du grand départ et non d’un retour. Très malade, elle rejoindra, quatre heures plus tard, le paradis des chats. Tranche de mort …
Le maître de maison a fixé un ultime souvenir de son animal de compagnie.
La révélation du hors cadre et du non dit, fait naître l’émotion et détruit l’atmosphère sereine de la photographie.

 

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