L’Epiphanie (la Galette des Rois)

J’aime la galette
Savez-vous comment ?
Quand elle est bien faite
Avec du beurre dedans…

Savez-vous pourquoi les enfants peuvent chanter cette comptine à l’occasion de l’Epiphanie ou Fête des Rois ?
Cette fête célébrée le 6 janvier de chaque année chrétienne correspond à la date de baptême du Christ et à la présentation de l’enfant Jésus aux rois mages.
Ceux-ci venus d’Orient jusqu’à Bethléem, guidés par l’étoile du Berger plus brillante que les autres, rendirent hommage au Roi des Juifs en apportant des cadeaux symboliques.
Melchior offrit de l’or, présent des rois, Gaspard déposa l’encens, célébrant les dieux, et Balthazar, la myrrhe, servant à l’embaumement, symbole de renaissance.
Longtemps, le 6 janvier fut plus important que Noël, et encore de nos jours, l’Epiphanie est prétexte à une grande fête et des défilés dans les rues en Espagne. Les Rois Mages menacent le Père Noël de chômage technique, en apportant les cadeaux aux enfants ibériques.
La tradition, typiquement française, de la galette partagée au dessert, à cette occasion, semble remonter au moins au 11ème siècle. Des chanoines de Besançon auraient eu l’idée, pour choisir leur Supérieur, d’effectuer un tirage au sort en cachant une piécette d’argent dans un pain. Par la suite, la galette remplaça le pain et la pièce d’or apparut chez les riches.
En vérité, la tradition de la fève est païenne et remonte au temps des romains. Pour honorer Saturne, dieu de l’abondance, à Rome, ils organisaient les Saturnales et, pour élire le roi du festin, une véritable fève blanche ou noire était déposée à l’occasion du scrutin. L’heureux élu pouvait alors faire ce qu’il voulait ce jour-là.
Sous l’Ancien Régime, la galette s’appelle le «gâteau des rois» car il fallait en offrir un à son seigneur à la même époque que son impôt.
Autrefois, la fève n’était pas dissimulée dans la galette mais dans un sac. On y mettait autant de haricots que de personnes présentes, tous blancs sauf un noir. Un enfant plongeait la main dans le sac et sortait un à un les haricots en nommant les convives. Aux cris de « vive le roi », on fêtait celui qui héritait du légume noir. Le gâteau n’était mangé qu’à l’issue de ce cérémonial.
La galette avait également ses parts « sacrées ». La première part était réservée au premier visiteur imprévu ; il était de coutume, en effet, que les malheureux frappent de porte en porte, réclamer la « petite part » ou « part du pauvre ». Il y avait aussi la « part des absents » pour, par exemple, le fils à l’armée ou le pêcheur non rentré.
Les premières fèves en porcelaine apparaissent en 1875, après le Second Empire. A l’origine, elles sont fabriquées suivant des modèles très précis, symbolisant la vertu (l’enfant Jésus), le pouvoir (la reine, la couronne, le château), l’amour (le roi ou la dame de cœur), la chance (le trèfle, le fer à cheval).

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On distingue deux types de galette des rois. Dans le sud de la France, il s’agit plutôt d’une brioche appelée “royaume” en Provence, en forme de couronne, réalisée à partir d’une pâte levée, parfumée à la fleur d’oranger ou à l’anis, et parsemée de pépites de sucre et de fruits confits.
Dans la moitié septentrionale, la galette est élaborée à partir d’une pâte feuilletée dans laquelle on incorpore de la crème d’amande ou frangipane du nom de son créateur Frangipan, saucier toscan du XVIème siècle.
Selon les régions, on note quelques variantes, ainsi en Normandie, on fourre parfois avec des pommes.
La symbolique religieuse s’est perdue, peu à peu, au profit d’une coutume familiale où, entre parents ou amis, on découpe la galette et on « tire le roi » qui choisit sa reine autour de la table ou inversement.
Désormais, à l’époque du « business », nombre de boulangeries et pâtisseries proposent des galettes de la mi-décembre à la fin janvier. A la joie des collectionneurs ou « fabophiles », les fèves prennent des formes, des motifs et des matières diverses. En 1998, Melchior, Gaspard et Balthazar apparurent souvent sous les traits de Zidane, Barthez et Laurent Blanc. Nous avons échappé, cette année, aux Rois … de l’Ovalie et aux fèves « chabalisées » qui laissent la vedette aux personnages du film Astérix aux Jeux Olympiques », promotion oblige. Signe des temps, les rois mages sont devenus hommes sandwiches !

Publié dans : Almanach |le 6 janvier, 2008 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 6 janvier, 2008 à 17:58 Florence écrit:

    Si la galette fait la joie des gourmets et des gourmands, ne pas oublier qu’elle fait aussi le bonheur des enfants : « soulever » un bout de pâte à la recherche du « trésor »…. Bonne Epiphanie à tous et bisous !!! (Mirabelle)

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  2. le 15 janvier, 2008 à 10:04 Marie écrit:

    Se glisser pour une fois dans le rôle du roi ou de reine et régner une journée entière…c’est certainement le rêve de tout enfant..!!
    Peu importe que l’on devienne ou non le roi, tout le monde se réjouit chaque année pour la délicieuse galette des rois..
    Au début du mois de janvier, Gaspard, Melchior et Balthazar commencent leur long voyage jusqu’à Chandolin, petit village valaisan accroché au versant ensoleillé du Val d’Anniviers, l’une des plus hautes communes d’Europe. A leur arrivée en traîneau, ils sont accueillis par la population ainsi que par les fifres et tambours du village. Après la messe des rois et après avoir déposé leurs présents, les rois mages offrent des pains de seigle bénis aux villageois..!!
    Si, dans plusieurs pays, l’Epiphanie couronne le roi ou la reine de la fête, la coutume est beaucoup plus simple et traditionnelle dans ce petit coin de montagne…

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