« Magic » SPRINGSTEEN à Bercy

Ce lundi 17 décembre, Bruce Springsteen a rendez-vous avec Paris pour présenter en concert son nouvel album « Magic ». Au vu des plaques minéralogiques des automobiles garées dans les parkings de Bercy (plus de la moitié des départements recensés), il serait plus juste de dire qu’il a convoqué ses fans de tout l’hexagone.
Deux heures avant le début du concert, une longue file de spectateurs emmitouflés brave la nuit polaire.Dans les cafés avoisinants, les chopes de bière s’entrechoquent tandis que les enceintes crachent de vieux succès de la vedette du soir. L’ambiance rappelle l’atmosphère festive du précédent album hommage à Pete Seeger . Tous attendent fébrilement les retrouvailles du « Boss », 58 ans, avec son groupe mythique, le E Street Band, 4 ans après son concert d’anthologie au Stade de France. J’y étais : ce soir-là, des trombes d’eau noyaient la pelouse. Pour conjurer le sort, Bruce improvisa en reprenant en ouverture, ‘Who’ll stop the rain’ du Creedence Clearwater Revival et que croyez-vous qu’il arrivât ?… le dieu vivant du rock fit cesser la pluie.

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20h 15, la salle comble réclame son idole en reprenant le fameux « oooh oooh » de Badlands. Moins ponctuelle qu’autrefois, elle se glisse sur la scène, dans l’obscurité, 25 minutes plus tard tandis qu’un limonaire scintille de mille feux en livrant quelques flonflons surannés revisités rock. Une semaine avant, c’est Noêl à Bercy … Bruce apparaît en pleine lumière et dans son délicieux français phonétique, interpelle son public : « Vous croyez au père Noël » ? Au oui unanime, il répond par quelques accords, guitare à la verticale au-dessus de la tête, et embraye pied au plancher avec ‘Radio Nowhere’, titre inaugural de son nouvel album, référence aux bons vieux rocks qu’il écoutait à la radio dans sa jeunesse.

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Clip officiel

Le concert est commencé depuis 30 secondes que déjà la foule est debout … il faut se faire une raison, deuil des 89 euros déboursés … pour une place assise. Ce soir, le « boss » déchaîné a décidé de ne laisser aucun répit à ses fans et enchaîne les morceaux sans pause. Troisième titre et 15 000 bras levés scandent les It’s alright de ‘Lonesome Day’. Une tonitruante entame à l’harmonica laisse entrevoir ‘The River’ déclenchant l’enthousiasme … mais le maître des lieux, d’un long « chutttt » susurré, obtient le silence et de sa voix si prenante dans les morceaux intimistes, nous livre l’émouvant ‘Gypsy biker ‘ enchaînant avec ‘Magic’ titre éponyme du dernier opus.
En 2h 15 et 24 chansons, Springsteen va conserver son titre mis en jeu d’extraordinaire bête de scène avec la complicité étincelante de ses musiciens de « la rue E » … hummm, les riffs de saxo de Clarence Clemons ! Il a une pensée pour Danny Federici qui soigne un mélanome ainsi que son épouse-choriste Patty Scialfa demeurée au New Jersey pour garder les enfants. Il évoque en quelques mots les années de désolation de l’administration Bush ce qui ne manque pas de cocasserie à l’heure où nos gouvernants prônent un esprit atlantiste mais c’est essentiellement à travers ses chansons qu’il parle de tous les laissés pour compte de l’Amérique.
Moment d’anthologie et d’intense émotion lorsqu’il accompagne à l’harmonica, le public de Bercy plongé dans la pénombre, chantant intégralement ‘The River’. Cela le sidère toujours d’entendre son auditoire français reprendre ses couplets en anglais. En remerciement, lui le pape du rock bénit l’assemblée avec son harmonica puis bientôt lui offre les grands succès de toujours, ‘Badlands’, ‘Born to run’, ‘Dancing in the dark’. La salle ivre de bonheur chante, danse, lève les bras dans cette communion dont il a le secret.
Apothéose, la soirée s’achève avec le festif ‘American Land’ au son de l’accordéon et des violons country. Le « Boss » épuisé et heureux harangue une dernière fois ses fans : « Vous croyez au Père Noël ? » … ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! Alors, les musiciens se saisissent des bonnets de Père Noêl qui voltigent sur scène, Bruce se coiffe d’un stetson de cow-boy rouge à hermine blanche et pour un final « Magic », tous entonnent ‘Santa Claus is coming to town’.

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Les 20 000 spectateurs de Bercy ont eu leur cadeau avant l’heure. Le soldat Springsteen, la main collée à la tempe, salue militairement son public aux anges, droit dans les yeux et lui lance en guise d’au revoir, « At the summertime ».
J’ai déjà les billets pour le 27 juin 2008 au Parc des Princes, une enceinte à la dimension de ce géant du rock.

 

Publié dans : Coups de coeur |le 19 décembre, 2007 |4 Commentaires »

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4 Commentaires Commenter.

  1. le 28 décembre, 2007 à 10:53 Olivier écrit:

    Que dire de plus apres ce magnifique résumé de cette soirée, rien a ajouté.
    Comme tu le dis c’est bien le pape du rock, car comme moi et tous ses fidèles qui de puis l’age de 12 ANS l’ ont écouté, révé, chanté, imité devant leur glace, regardé les DVD, et bien pour la première fois j’y étais et tous ont communié avec lui et malgré la foule on se sentait seul avec lui et tous ensemble a la fois, y a pas à dire c’etait vraiment magique,ca semblait parfois irréel,mais j’y etais ,on y était,AMEN

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  2. le 28 décembre, 2007 à 11:31 encreviolette écrit:

    Merci d’avoir apprécié mon modeste compte-rendu.
    Qui n’a pas vu Springsteen, une fois, sur scène, ne peut comprendre pourquoi on le surnomme « The Boss » depuis 30 ans. C’était la cinquième fois que j’avais ce bonheur.
    L’écouter chanter avec tant d’énergie et de ferveur, des histoires de sans-grades et laissés pour compte,s’accrochant au rêve d’un monde meilleur, réchauffe le coeur.

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  3. le 14 janvier, 2008 à 12:08 the breton's boss écrit:

    Encre violette(no comment…)
    Le boss du reportage live, c’est bien toi!!
    Tu as su faire vivre la ferveur et l’envie.
    Moi qui ne suis qu’un fan en chambre, j’espère voir le »boss » quand je serai grand (private joke).
    En attendant d’autres réponses sur d’autres thèmes de ton blog (quel nom barbare), never miss the rainbow!(c’est de moi)

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  4. le 14 janvier, 2008 à 13:25 encreviolette écrit:

    Notre arc-en-ciel, ce pourrait-être la pelouse du Giants Stadium de East Rutherford (New Jersey), toi juché sur mes épaules et Bruce se contorsionnant sur « Dancing in the dark » pour aguicher nos chères et tendres : « Come on now baby, gimme just one look ».

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